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Ange de Joyeuse
De Wikitau.
Ange de Joyeuse, (1563 – 1608)
Frère mineur capucin du XVI° s., engagé dans la politique et dans l’armée.
Henri de Joyeuse est né à Couiza dans l’Aude, en 1563. De noble lignée : son père Guillaume vicomte de Joyeuse était lieutenant général d’Henri III en Languedoc ; sa mère Marie de Batarnay, comtesse de Boussage. La famille comptait 7 garçons dont plusieurs reçurent des charges importantes. Lui-même était le 3è. Il fit ses études avec deux de ses frères, François et Scipion, d’abord à Toulouse, puis au collège de Navarre à Paris. Leur aîné, Anne, devint amiral de France, et François archevêque de Toulouse. A Paris, Henri devint l’un des “ mignons ” à la cour d’Henri III. Quand il eut 18 ans le roi le maria à Catherine de Nogaret de la Valette en 1582. D’un commun accord les époux firent le vœu qu’à la mort de l’un, le survivant se fasse religieux. De leur union naquit une fille Henriette, qui devait être l’aïeule de la Grande Mademoiselle.( Elle fut mariée, en 1597, par son oncle, le Cardinal François de Joyeuse, avec Henri de Bourbon, duc de Montpensier). En 1585, agé de 22 ans, Henri devint Gouverneur d’Anjou. Peu après, sa femme mourut et Henri de Joyeuse, âgé seulement de 24 ans, voulut accomplir son voeu en entrant chez les Capucins, le 4 septembre 1587. Il reçut alors le nom de frère Ange, et fut envoyé à Venise faire ses études de théologie jusqu’à sa prêtrise, en 1591. De retour en France, Ange fut nommé gardien du couvent d’Arles. On était en pleine guerre de religion. La Ligue catholique guerroyait contre l’armée d’Henri de Navarre. Anne de Joyeuse, l’aîné des frères, fut tué à la bataille de Coutras. L’autre frère, Scipion, gouverneur du Languedoc, assiégeait, avec l’armée de la Ligue, une place forte Protestante, Villemur-sur-Tarn ; battu, il se noya dans le Tarn, le 19 octobre 1592. Déconcertés par ces échecs, les Ligueurs catholiques cherchèrent un nouveau chef. François de Joyeuse, le cardinal, insista pour que son frère Ange prenne la tête de l’armée de la Ligue. Comme il était prêtre et ne pouvait porter les armes, le Cardinal en référa au Pape Clément VIII qui résolut la question en faisant entrer le frère Ange dans l’Ordre des Chevaliers de Malte. Devenu ainsi Duc de Joyeuse, chef de la Ligue et gouverneur du Languedoc, il chercha à conclure une trêve avec le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc pour le camp protestant. Bientôt il put négocier la paix avec les troupes d’Henri de Navarre, le prétendant au trône de France.
En 1595, après la conversion du roi Henri IV, celui-ci nomma le Duc de Joyeuse maréchal de France, puis Gouverneur de Narbonne et de Carcassonne.- Mais peu après, le frère Ange qui s’était engagé à reprendre la vie religieuse, une fois la paix revenue, rentra chez ses frères capucins du couvent Saint-Honoré à Paris, en 1599.-Il fut nommé bientôt Gardien de ce couvent.- Proche de Benoît de Canfield, mystique capucin qui avait une forte influence par ses écrits spirituels, le frère Ange fut un prédicateur apprécié et recherché. Il s’intéressa au renouveau spirituel de plusieurs monastères de contemplatives et prit une part active dans la réforme des Bénédictines de Montmartre. Il fut élu deux fois ministre provincial des Capucins, en 1601 et en 1608, veillant au développement de son Ordre et fondant plusieurs couvents en France (Beauvais, Le Mans, Alençon...). Il exerçait la charité auprès des malades et soigna les pestiférés. En 1608, il participa au chapitre général des Capucins, à Rome, où il fut élu Définiteur général. Mais en septembre de la même année, il mourut au cours d’un voyage en Piémont, à Rivoli, le 26 septembre 1608. Son corps fut ramené à Paris et fut inhumé dans la chapelle des Capucins de la rue Saint-Honoré. Il lègue son hôtel, sa chapelle et la statuette de Notre-Dame de Paix aux Capucins.
[modifier] Bibliographie
- Louis de Gonzague, Le P. Ange de Joyeuse, Frère mineur capucin et maréchal de France (1563-1608), (Paris, 1928)
- Godefroy de Paris, Les Frères Mineurs capucins en France. Histoire de la Province de Paris (Paris, 1937) I, passim.
- Catholicisme VI, 1108-1110.
- DSpir I, 566-567;
- DHGE XXVIII, 392 ss.
[modifier] Voir aussi
< http://www.capucinstoulouse.com/freres.htm > (d’où est résumée cette notice.)[[catégorie:Personnage du XVIe siècle]]

