2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Antoine Fradin

De Wikitau.

Antoine Fradin (Antonius Fradinus) est un religieux cordelier natif de Villefranche en Beaujolais (Morgon), et il entra donc couvent des Frères mineurs de Villefranche, homme savant et de grande éloquence. Menot en parle dans son Carême sous le nom de Fratrem Antonium. Antoine Fradin, Cordelier, prédicateur en vogue, fut banni du Royaume par Louis XI pour avoir disputé en chaire de l' état de la Couronne. [1]

Sommaire

[modifier] Biographie

On l'aurait surnommé "le bon cordelier". Il aurait été plus instruit que ses compagnons.

[modifier] Chassé du Royaume de France

Il partit à PAris prêcher dans le couvent de l'Observance. Antoine Fradin prêchait si bien à Paris que plusieurs femmes et de personnes de mauvaise vie, prostituées, libertins,, se convertirent grâce à ses sermons, quittèrent leur vie scandaleuse et entrèrent en de couvents. Il prêchait contre les vices et les désordres des parisiens, contre les débordements du siècle, contre les princes de la cour, les ministres, et le gouvernement, et même contre le roi Louis XI et sa suite, , disant qu'il était mal cru et qu'il prêtait l'oreille aux flatteurs et aux traîtres qui allaient nuire au Royaume, qu'il fallait les chasser. Et le peuple venait en très grande affluence à tous ses sermons. Le roi se fâcha et dit à ce frère qu'il passait les bornes de sa vocation. Il envoya son barbier Olivier Daim lui défendre de prêcher de chaire, il fut défendu à quiconque d'aller assister aux Cordeliers aux conférences de Fradin : Mais le peuple était si passionné pour les sermons de frère Antoine qu' on tournait en dérision ces publications : on les traitait de folies disant que le roi n' en savait rien. Le peuple se souleva en sa faveur et comme on craignait que la vengeance du favori ne se borne pas à l' interdiction d'assister à ses sermons, les gens s' attroupèrent devant la porte des Cordeliers, plusieurs femmes se rassemblèrent de nuit comme de jour autour du couvent, avec des pierres et des couteaux dans leurs poches et des bâtons pour combattre ceux qui lui voudraient lui nuire et empêcher sa prédication, lui disant de ne pas avoir peur car ils mourraient avant qu' esclandre lui advint !

Une ordonnance de police, le 26 mai 1478, vinrent les dissiper. Les magistrats firent publier à son de trompe dans les carrefours de la capitale une défense générale sous peine de confiscation de corps et de biens, de tenir des assemblées nocturnes et un ordre aux maris de garder leurs femmes, et de les empêcher de s' assembler au couvent des Cordeliers ... [2]

Jean Le Boulanger, premier président et Denis Hesselin maître d' hôtel du roi se allèrent au couvent annoncer à frère Fradin qu' il était pour toujours banni du royaume et lui ordonnèrent de quitter sur le champ Paris... On était le 2 juin. On le reconduisit loin hors les portes de la ville. Quand il sortit, le peuple se pressa autour de lui montrant un extrême chagrin et beaucoup de mécontentement, quantité de gens criaient, et soupiraient car il disait de merveilleuses choses... plusieurs hommes et femmes le suivirent hors de la ville de Paris, jusque bien loin, puis après s' en retournèrent... On fit alors à ce sujet, les vers suivants, qui se répétaient dans les rues ou furent placardés sur écriteaux  :

Un Flamant et un noble Boulanger
Un Hesselin et un barbier
Ont mis hors le bon cordelier

[modifier] Aumônier militaire à Rhodes

Durant cette période du procès, un Légat du Pape était venu rencontrer le roi Louis XI pour lui parler des dégâts que faisaient les Turcs dans la Chrétienté et la nécessité de leve une armée pour leur porter seccours[3]. Antoine prit la résolution d'aller finir ses jours dans un couvent de son ordre à Jérusalem mais durant son voyage, se trouvant près de l' île de Rhodes il apprit que Misach Paléologue, général de l' année turque s avançait avec sa flotte pour en faire le siège. Antoine Fradin partit alors en 1480 avec quelques religieux de son ordre qui l'avaient accompagné vers Rhodes menacée par les Turcs, afin de donner des secours spirituels aux assiégés, et partager leur sort. L' historien de Pierre d' Aubusson, grand maître de Rhodes, rapporte que : " Plus de trois cents coups de canon tirés par les Turcs fracassèrent la grosse muraille du côté de l' occident et elle fit en tombant un bruit effroyable. Ce bruit et les cris de joie que jetèrent les barbares mirent l' épouvante dans la ville mais les esprits furent bientôt rassurés par les exhortations du religieux Antoine Fradin, homme très éloquent qui courait, par tout le crucifix à la main pour encourager et conserver les assiégés". Il prêchait , exhortait le peuple, lui donnant du courage , jusque obtention de la victoire tel Jean Capistran à Belgrade. Quoique les cordeliers soient un ordre ordinairement pacifique, Antoine Fradin prit part aux combats, outre sa prédication. [4] Un autre frère mineur de Rhodes, rapporte ceci : Le Frère Antoine Fradin combattit vaillamment pendant le siège de 1480 et entraîné par une bouillante ardeur, il fut l'un des premiers à poursuivre les ennemis du nom chrétien pendant leur retraite: on l' a vu s' élancer dans la mer jusqu' à la ceinture et tuer de sa propre main plusieurs des Turcs qui s étaient jetés à la nage pour regagner leurs vaisseaux [5]...le frère Fradin fit des prodiges de bravoure à Rhodes et son nom mérita ainsi de passer à la postérité.


Rhodes fut prise par le Turcs quarante ans, plus tard, en 1523, malgré l'alliance des Chevaliers Saint Jean de Jérusalem avec les Franciscains de Rhodes, qui servirent comme soldats et prédicateurs, et furent en cela absous par Rome, comme le mentionne Wadding, et cela montre que le fait que les frères mineurs combattent durant une guerre donc même en cas de légitime défense -Le siège de Rhodes mettait les franciscains et les rhodiens en état de légitime défense- était considéré par le chrétiens, comme une source de péché, et non un droit, ni une gloire, péché certes absolvable mais qui nécessitait l'intervention du Pape en personne. Wadding ne parla pas de Frère Fradin. - Pourquoi n'en parle-t-il pas?- c'est peut-être que les actes de bravoure du Frère Fradin ( "il en tua plusieurs ausquels il coupa la tête" rapporte Vertot ) pouvaient précisément être contestés, ou controversés, relatés de cette manière. L'esprit franciscain, dans toute sa pureté, est un esprit évangélique de non-violence, de douceur, de paix, en l'occurence celle de Jésus en toute circonstance car les frères mineurs à l'époque de St Louis n'étaient pas des croisés, mais des prédicateurs (tel Laurent de Brindisi ou Marc d'Aviano ): Les stigmates de St François le désignent comme le personnage aux mains pures de tout sang versé, celui qui chante le loup en brebis ! Ils ne prennaient en principe jamais part active au combat avec les soldats qu'ils pouvaient néanmoins prêcher, mais la postérité ne peut qu'admirer le courage de Frère Fradin pour repousser l'ennemi au large lors de cette attaque de Turcs.

Jean Milio en 1457 grand Maître des Hospitaliers de St Jean avait donné vingt ans plus tôt, aux Observantins l' l'Eglise de Saint Marc de Rhodes et de St Bernardin avec toutes ses dépendances dans l' Ile de Rhodes et bâtir le couvent qui renfermait les tombes des Grand maîtres Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean, et les deux ordres (pacifique et militaire) étaient liés par des liens amicaux très étroits. Lorsque le siège fut levé en 1480 Pierre d'Aubusson grand maître de Rhodes voulant reconnaître les services que Fradin et ses religieux lui avaient rendus et leur fit bâtir également un couvent où ils terminérent paisiblement leurs jours; et [6]. Selon certains Antoine Fradin aurait poursuivi sa route vers Jérusalem pour y mourir.


II aurait écrit selon un auteur quelques ouvrages de théologie sous Louis XI en 1478 mais Luc Wadding n' en a fait nulle mention et ce fait est très douteux.

Par une décision du 24 mars 1878 une impasse de Villefranche-sur-Saone porte son nom.

[modifier] Bibliographie

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