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Caritas Pirckheimer
De Wikitau.
Caritas Pirckheimer est une sœur clarisse du début du XVIe siècle remarquée pour sa résistance à la Réforme protestante, que les Consuls de la ville voulaient imposer à son monastère.
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[modifier] Sa vie (1467-1532)
Caritas Pirckheimer naquit à Nüremberg, le 21 mars 1467, dans une famille patricienne. Elle fut baptisée sous le nom de Barbara et fut l’aînée des huit filles de la famille Pirckheimer. Sept d’entre elles sont entrées au couvent. Quatre furent abbesses du monastère Sainte-Claire de Nüremberg.
Son père, docteur en droit, était conseiller du prince-évêque d’Eichstatt. Son frère Willibad, dont elle était la préférée devint l’un des humanistes les plus célèbres d’Allemagne, ami d’Erasme, de Conrad Keltis et intime du peintre Albretch Dürer. Il était aussi consul de la ville de Nüremberg.
Caritas fut confiée aux clarisses de la ville dès l’âge de 12 ans, pour son éducation. A quinze ans, elle décida elle-même d’entrer chez les clarisses dont le monastère venait d'adopter la réforme de ste Colette de Corbie.- Elle choisit le nom de "Caritas"; l’humaniste Konrad Keltis, ami de sa famille la loua d’avoir choisi ce nom dont "elle devait assumer la signification". Guidée dans ses études par les plus célèbres latinistes et humanistes de la ville, elle pratiquait le latin et un peu le grec et fut initiée à la littérature ancienne par son frère Willibad. Musicienne, elle jouait habilement de la cithare. Plus tard, elle obtint de Rome, la permission d'installer un orgue dans le monastère, grâce aux largesses de son frère.- Maîtresse des novices à vingt ans, puis abbesse du monastère en 1503, elle gouverna le monastère, paisiblement et avec sagesse durant vingt ans. Elle était en relation avec les plus hauts personnages de Nüremberg qui louaient sa sagesse et ses vertus. Dürer réalisa pour elle et lui dédia des planches gravées illustrant la vie de la Vierge Marie.
[modifier] La Réforme luthérienne
Mais en 1524, les Consuls de la ville de Nüremberg adhérèrent à la Réforme de Luther, et peu à peu contraignirent toute la ville à passer à la Réforme, tandis que les communautés religieuses devaient se disperser. Les Franciscains observants furent chassés. D'autres religieux passèrent à la Réforme et se marièrent. Caritas résista, soutenue par son frère, et réussit à maintenir le monastère des clarisses dans la vraie foi.
Les Consuls supprimèrent les moyens matériels de vie du monastère, interdirent le recrutement de novices et d’élèves, supprimèrent l’accès du monastère aux prêtres restés fidèles à Rome, et imposèrent aux Clarisses d’écouter chaque jour une prédication faite par un pasteur réformé. Caritas écrivit au procurateur du monastère, jusque là bienfaiteur du monastère où 2 de ses filles étaient religieuses, pour protester et tint le journal des exactions que devaient subir les religieuses.
Finalement les Consuls lui envoyèrent Philippe Mélanchton, le jeune et brillant théologien disciple de Luther, pour la convaincre d’adhérer à la Réforme. Ayant dialogué une journée complète avec lui, Caritas parvint à le convaincre de son bon droit et à se faire estimer de Philippe Melanchton qui intervint en sa faveur auprès des Consuls, pour que cessent les tourments et qu’on laisse en paix les clarisses. Elle mettait en avant la liberté du chrétien, prônée par les Réformés, pour réclamer la liberté d'être fidèle à ses voeux religieux. Les Consuls acceptèrent de cesser de tourmenter les sœurs, à condition qu'elles renoncent à recevoir des novices.
En 1528, on célébra le jubilé de l'Abbesse : 25 ans de gouvernement du monastère. L'abbesse y joua de la cithare et fit danser les sœurs. Elle s’éteignit à l'âge de 65 ans, vénérée de tous, le 19 août 1532.
Elle demeure aujourd’hui un modèle de liberté et de respect des autres. Catholiques et Protestants allemands s’accordent pour louer son esprit de tolérance, sa compréhension et son sens œcuménique. La ville de Nüremberg conserve pieusement son souvenir et la considère comme l’une de ses principales célébrités. On y fait visiter son tombeau aux touristes.
[modifier] Son Œuvre
De Caritas, on possède encore le journal de ses controverses et sa correspondance, sous le titre : Discours des faits mémorables, et un Recueil de prières dont certaines sont probablement de sa main.
Son journal a été traduit en français par Jules-Philippe Heuzey (= Mme Georges Goyau), sous le titre Un monastère persécuté, au temps de Luther, les Mémoires de Charité Pirckheimer, Paris 1905.
[modifier] Bibliographie
- Dictionnaire de Spiritualité,(DS) "Pirckheimer", par G. Deischtetter.
- L. Mathieu, "La liberté de faire des vœux, Sr Caritas Pirckheimer", dans Évangile Aujourd'hui n° 146, Mai 1990, p.44-48.
- François Terzer, "La résistance de l'abbesse Caritas Pirckheimer (Nuremberg, 1525)", in Revue des Sciences Religieuses (Strasbourg) 80 n°1 (2006), p. 21-41.

