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Carolus-Duran
De Wikitau.
| Carolus-Duran Carolus Duran, peintre et portraitiste | |
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| Charles Emile Auguste | Durand Lille, 1837-Paris, 1917 (17 février) France
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Carolus Duran est un peintre du XIXe siècle : ce peintre mondain et académique («pompier») parfois qualifié de « peintre mondain », et qui fut le portraitiste des femmes et enfants de la haute société de la Troisième République aimait dans sa jeunesse saint François d'Assise et commença sa carrière au couvent : Charles Durand, qui n'aura jamais le génie d'un Manet, ou d'un Monet, ou d'un Renoir, commence sa longue carrière académique de portraitiste au Salon de 1863 par un sublime tableau intitulé La Prière du Soir, qu'il peignit au Couvent saint François, porté par la prière des moines, envoya en France, et qui reçut un très bon accueil de la part des critiques d'art.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Carolus Duran devait s'appeller Carlos. On décrivit ainsi sa physionomie méridionale : de taille moyenne, nerveuse et forte, les cheveux grisonnants divisés en deux au milieu du front et bouclés, les lèvres fortes les moustaches hérissées, les yeux noirs et brillants. [1]Il pétrissait la glaise aussi bien que maniait le pinceau, merveilleusement doué, travaillait avec acharnement, dans un atelier empli d 'oeuvres commencées qu'il termine à leur heure, quand il les aura suffisamment étudiées. Il peignait debout, allant, venant, s'éloignant, se rapprochant, cherchant à suprendre la nature et à l'interpréter avec la plus grande vérité.[2]
Ami de Charles Gounod dont il fit le portrait, et qui lui donnera entre deux séances de pose, le manuscrit de la partition son Oratorio Saint-François d'Assise, en 1891, Charles Emile Auguste Durand ( Lille, 1837 - 1917 ) dit Carolus-Duran fit un séjour de quelques années en Italie dans sa jeunesse, après avoir obtenu la pension Wicart, visitant Rome, Naples, Venise, Florence : il partit dans un couvent franciscain pendant huit mois, le Couvent Saint-François de Subiaco .
Là dans le couvent de Saint Benoît, se trouve l'un des plus anciens et plus réalistes portrait de Saint François d'Assise. Ses biographes confondent d'ailleurs le couvent bénédictin et le couvent franciscain...Il admira sans doute les oeuvres d' Antoniazzo Romano et en retira sans doute selon la devise bénédictine l'amour du travail, Labora, labeur : "Et là, au milieu des moines, menant une existence quasi ascétique, il se prit à travailler sans relâche. Se levant dès l'aube, il partait dans la montagne, s'enivrant, dès le réveil, d'air et de soleil avant de se mettre au au travail. Puis, le jour, c'était Rome, les Musées, les visites mondaines, les promenades au Corso, les courses folles ...[3] Enthousiasmés par son travail, les moines l'appellent "le saint". Il fit alors quelques esquisses de ses amis moines franciscains au Couvent de Saint François, fit même la caricature d'un moine saignant du nez, puis un moine la tête levée, qu'on trouve aujourd'hui au Musée du Louvre. C'est à Subiaco que Carolus Duran peignit le tableau La Prière du soir, pour laquelle il fit poser ses amis moines dans la campagne, et qui reçu au Salon de 1863 une mention honorable. Carolus-Duran débute alors sa carrière au Salon de Paris en 1863, avec ce tableau envoyé d'Italie. Il peindra ensuite l'Assassiné.
Le journal Le Temps de 1861 (novembre) fournit quelque détails sur son séjour en Italie au couvent : «M. Carolus-Duran, sans avoir prononcé de vœux, a vécu huit mois à Subiaco, au couvent de Saint-François dans une cellule de moine. Il était très connu dans la petite ville et à plusieurs lieues à la ronde. On l'appelait Fra Carto ou le pittore di San Francesco. Avec son feutre sombre, son teint hâlé, ses cheveux longs et noirs, ses vêtements défraîchis, il avait assez l'air d'un brigand. Un soir, en rentrant a couvent, à la tombée de la nuit, il aborde un paysan et lui demande l'heure. Celui-ci perché sur sa mule, lui répondit d'une voix tremblante « Je n'ai pas de montre », et se sauva au pas le plus rapide de sa monture. Quelques instants après un carabinier se présentait au couvent pour chercher le voleur de grand chemin qui s'y cachait.»
[4]
Le journaliste anglais John Charles Van Dycke raconte ainsi cette amitié naissante avec le monde franciscain, dont il se souviendra semble-t-il, sa vie durant : « Durant un de ces étés, avec ensuite le printemps et l'automne, il vécut dans le couvent de Saint-François, près de Subiaco. Les frères du couvent avait frequemment vu le jeune peintre à l'œuvre dans leur quartier, et de la curiosité à l'amitié, le temps fut bref, mais représenta une étape de sa vie. Son chevalet fut bientôt mis en place dans le grand réfectoire, et un lit pour lui dans l'une des cellules. Ici, il a travaillé, lu et rêvé, jouissant de l'hospitalité frugale du couvent et la société de moines sympathiques et bienveillants. Après huit mois passés dans les murs couvent, ce fut le départ, et comme il suivait le chemin en descendant la colline à Subiaco, il dit: « Je me suis retourné et j'ai vu les moines réunis à l'or crépusculaire sur la terrasse de l'église, les frères et le supérieur, agitant sa main pour moi et me donnant la bénédiction, et les larmes coulaient sur mes joues lorsque je lui envoyais en retour toute ma reconnaissance.... »[5]
Il fit peu de sujets religieux durant sa carrière de peintre. Il dessina quelques beaux Christ en Croix : Les capucins firent un jour un commentaire sévère de son oeuvre dans leur revue mensuelle : Carolus Duran expose une très médiocre esquisse : Le Christ mort sur la croix c'est de la peinture pour la rue Saint-Sulpice. Couleur criarde. Recherche exclusive de l'effet. Comment oser signer une œuvre d'aussi cruelle faiblesse quand on est président de la Société Nationale des Beaux- Arts, et qu'on a succédé à Puvis de Chavannes, le Maître des Maîtres ? [6].. Il peignit un Saint François d'Assise, sa meilleure oeuvre dit un dictionnaire de l'époque : Le Saint-François d'Assise recevant les stigmates fut exposé au salon de 1868 ; or un tableau de ce nom est encore conservé dans le couvent de Subiaco par les frères : il le peignit sans doute sur place. Sa toile "L’Obsession" conservée au Musée d'Orsay, représente un moine franciscain en prière, la tête baissée, et les yeux fixés au sol, agenouillé au pied du Christ crucifié, face à une tentation obsédante. [7]. Il peignit aussi une Mise au tombeau du Christ en 1882 et le Christ en croix (oeuvre restée inachevée) dans la chapelle Notre-Dame de l'Assomption de Saint-Aygulf dans le Var, ville qu'il affectionne (il signe parfois Carolus Duran de Saint Aygulf) [8].
Carolus partit ensutie en Italie : il s'installa dans le couvent franciscain de Tolède de San Juan de Los Reyes en 1866, dans une pièce mise à sa disposition, durant un an, pour y apprendre la manière espagnole, et peignit ensuite un Saint François d'Assise (salon de 1868).
Il fut influencé par Velasquez (il peignait dit-on à la manière espagnole) et par Courbet, peut-être par Manet dont il fit le portrait. Il peint et réalise des tableaux, des dessins, des gravures, des estampes, des eaux-fortes. Il ne s'oppose donc pas aux peintres impressionnistes. A son époque, Manet désire devenir, dit-il, le "saint François de la nature morte", et Corot sera surnommé le "saint François d'Assise" de la peinture. Fondateur avec Meissonnier et Puvis-de-Chavannes de la Société Nationale des Beaux-Arts, il devint président de cette asociation en 1898. Il appartient, comme tous les artistes de son temps, à un cercle d ' amis artistes comme lui. Il peignit des artistes et des hommes célèbres, Gounod, Astruc, Manet, Fantin-Latour, Emile de Girardin, Claude Monet, Toulouse-Lautrec, Barbey d'Aurevill,y famille Feydeau ( sa fille épousa Geroges Feydeau), cotoie à Paris les célébrités de son temps, des musiciens comme Fauré et Gounod; il envoie ses oeuvres aux Salon de Paris, qui sont des rendez-vous annuels, la seule occasion de se retrouver entre amis, avec les mariages et les enterrements, puis fonde et préside un dîner, pour mieux se connaître mutuellement, appellé la Macédoine, et réunissant une douzaine d'artistes, comme Sully-Prudhomme, Paul Déroulède, et même un ministre, où l'on porte un taost à tous ceux qui ont fait une belle oeuvre, en bref transforme la vie des artistes célèbres de son temps en réunions amicales, - presque en agapes. [9]... Il retourna en Italie lorsqu'il devint à la fin de ses jours directeur de la Villa Médicis.
On renverra à la notice Wikipedia pour la biographie plus complète de cet artiste-peintre et le catalogue de ses oeuvres ....http://fr.wikipedia.org/wiki/Carolus-Duran
Charles Gounod, février-mars 1891, qui lui donnera alors le manuscrit de l' Oratorio Saint-François d'Assise |
[modifier] Une Critique d'Art
[10] Le salon de 1863 :
« Mais j'aime surtout la Prière du soir en Italie de M. Carolus Duran. Encore un tableau de genre bien qu'il soit peint sur toile gigantesque; mais un tableau à l'impression vraiment religieuse. M. Carolus Duran est un Français qui habite Rome. Il appartient à cette jeune école réaliste avec bonne foi, qui cherche le vrai et non le grossier. Son tableau, il ne l'a point composé d'après les traditions académiques; ni modelé sur aucun type convenu; peut-être sait-il beaucoup et a-t-il fait table rase; peut-être ne sait-il rien que le maniement de la brosse. Un soir, en se promenant dans la campagne de Rome, dans ce désert superbe dont les grandes lignes semblent des horizons choisis pour de hautes destinées, il a rencontré son tableau tout fait. C'est l'heure du crépuscule : des moines passent, leur gourde au côté, leur bâton de voyage à la main; l'Angelus sonne. Aussitôt ils tombent à genoux devant le premier signe chrétien qui leur apparaît, une croix vermoulue, mal assujettie par une poignée de pierres. Cette croix, qui l'a élevée là pour la première fois? De quel souvenir estelle le témoin ? De quelle histoire inconnue le point de repère ?...—Mais d'où viennent les milliers d'ex-voto semés dans la campagne de Rome et dans les Apennins? Eh qu'importe? Autel rustique d'un anachorète, ou monument expiatoire élevé par un assassin sur la tombe de sa victime, elle est toujours l'acte de foi d'un chrétien, le signe où se rallient des chrétiens qui passent, pour réciter en commun la prière du soir. »[11]
Le Salon de 1868 :
« On peut faire la même observation devant le saint François d'Assise de M. Carolus Durand, à cela près que, cette fois, la gamme est moins juste, et prise un peu trop bas. Le saint, en eflet, ne ressemble guère au type consacré par le pinceau du Giotto dans l'église d'Assise. La couleur locale n'est pas mieux rappelée. Ces terrains noirs, cette verdure agaçante n'ont jamais été vus sur les sommets et au soleil du mont Alverne, et enfin, lorsque le miracle de l'impression des stigmates s'accomplit, l'impression douloureuse fut assurément adoucie par les ravissements de la vision céleste, à laquelle le peintre s'est dérobé en lui substituant un arbre.
Ce n'est pas que M. Carolus Durand ne se soit efforcé et n'ait réussi à donner à son unique personnage une certaine intensité d'effet et d'expression ; mais, au lieu de s'appuyer sur les documents historiques et iconographiques relatifs a son sujet, il semble qu'il se soit uniquement confié à son imagination et à la vigueur de son pinceau. Celui-ci l'eût bien servi si celle-là ne l'eût égaré en le portant d'abord à écarter de sa composition l'élément surnaturel, et à la réduire ainsi à une simple étude plastique où l'expression maladive et torturée d'un solitaire quelconque remplace la beauté ascétique et caractéristique du saint.
Toutefois, hâtons-nous de le dire à la décharge de M. Carolus Durand, aucune main jusqu'ici n'a su peindre le vrai tableau de cette mystérieuse impression des stigmates; personne n'a réussi, pas même Giotto, dont le génie initiateur, en retraçant sur les murs de l'église d'Assise la vie et les miracles de saint François, semble avoir pris à tâche de perpétuer l'apparition du saint au-dessus de sa tombe ; le génie primesautier et dantesque du Giottoa pâli devant le séraphin, et les coloristes de toutes les écoles n'y ont su voir jusqu'ici qu'un buisson ardent. Aucun peintre n'est encore parvenu à démêler, à saisir dans le rayonnement de gloire et au travers des ailes frémissantes, l'enlacement, l'étreinte de l'âme séraphique et de l'amour divin.
Mais ce n'est pas là une raison pour que l'Art chrétien se désiste, et nous ne prétendons pas blâmer le peintre d'avoir essayé après tant d'autres, l'ascension du mont Alverne. Seulement nous lui faisons remarquer que ses devanciers se sont élevés plus haut que lui, qu'ils ont cerné l'idéal de plus près, et qu'ils ont osé fixer un instant le météore qui les attirait et qui les a éblouis.» (Claudius Lavergne, Revue de l'art chrétien)
[modifier] Ses dessins de moines franciscains
Il nous est parvenu quelques dessins esquissés au couvent saint François de Subiaco. [1] - [2] [3] -[4]- [5]
[modifier] Notes et références
- ↑ http://www.piasa.fr/UK/sale_photographs/v16011_piasa/l3038927_paul_marsan_dit_dornac_carolus_duran.html
- ↑ Carolus-Duran : portrait, note biographique : dessin et texte de Louis Lemercier de Neuville
- ↑ Carlos Vento, Les peintres de la femme, 1888
- ↑ Pour le texte intégral de l'article Autour de la Villa Médicis(Le Temps, Paris 1861) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k240291f.texte
- ↑ Dans l'ouvrage de John Charles Van Dyke. Modern french masters; a series of biographical and critical reviews by American artists
- ↑ Etudes Franciscaines, 1899 http://fr.wahooart.com/A55A04/w.nsf/Opra/BRUE-8DP4KT
- ↑ http://notesdemusees.blogspot.com/2008/11/roubaix.html
- ↑ http://www.latribunedelart.com/spip.php? page=docbig&id_document=5669
- ↑ La vie à Paris : 1880-1885 de Claretie, Jules , page 30.
- ↑ Inutile de les chercher partout sur le Web: La stigmatisation de Saint François-d'Assise et la Prière du soir (ou " Moines disant la prière du soir au pied d'un Calvaire dans la campagne") sont de localisation incoonue. C'est pourquoi nous donnons uniquement leur description.
- ↑ Lire aussi sur Gallica : L'art et les artistes modernes en France et en Angleterre / par Ernest Chesneau, pag 253-255, la très belle critique du la Prière du Soir dont nous citerons quelques extraits : « Carolus Duran. Cet artiste, qui avait déjà donné des gages d'un talent hardi et sincère, a envoyé d'Italie, au Salon de cette année, un des plus beaux tableaux religieux de l'exposition..... vous aurez l'émotion du croyant qui regarde en face l'homme de douleur, son frère, et dans ses dans ses yeux éteints cherche la vérité... Ces hommes agenouillés, dans le tableau de M. Duran, sont des croyants isolés au sein de la nature la brise qui passe et les caresse les laisse indifférents, tout émus qu'ils sont de l'haleine céleste qui jette ses parfums dans leur âme; ils prient, non comme des dévots, mais comme des hommes convaincus, la face tournée vers le ciel où ils cherchent les signes de la foi....»
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- http://www.latribunedelart.com/vivre-son-a-uvre-un-texte-de-carolus-duran-sur-l-art-du-portrait-article002039.html
- http://www.villamedici.it/en/director/12/duran/?of=12 Biographie (Villa Médicis)
- http://www.latribunedelart.com/carolus-duran-article00231.html
- http://www.latribunedelart.com/carolus-duran-a-une-superbe-sensation-daeur-tm-art-un-poeme-de-labeur-a-article002036.html
[modifier] Collections
- http://www.artcyclopedia.com/artists/carolus-duran.html : Différents musées du monde
- Collections
- Musée d'Orsay
- Aux Augustins de Paris
- http://www.latribunedelart.com/deux-a-uvres-de-carolus-duran-pour-roubaix-et-pour-lille-article001242.html
- latribunedelart.com : Portraits d'enfants
- Peintre de la femme
- Musée de l'Echevinage - Saintes
[modifier] Bibliographie
- Exposition. Tourcoing, Musée des beaux-arts. 2003 : Face & cie (facéties) : Carolus-Duran et compagnie , 9 mars-9 juin 2003, catalogue par Evelyne-Dorothée Allemand, Émilie Ovaere, Yannick Courbès
- Carolus-Duran, 1837-1917 . Catalogue d' Exposition, Lille, Palais des beaux-arts, 9 mars-9 juin 2003, Toulouse, Musée des Augustins, 27 juin-29 septembre 2003, Paris - Réunion des musées nationaux
- Des amitiés modernes; de Rodin à Matisse; Carolus-Duran et la Société nationale des beaux-arts; , exposition, Roubaix, La Piscine-musée des beaux-arts et d'industrie André Diligent, 9 mars - 9 juin 2003; dir. par Bruno Gaudichon; textes de Dominique Lobstein, Emmanuelle Héran et Anne Rivière



