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Chine
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[modifier] Avant l'an mil
Une stèle nestorienne [2] [3] [4] trouvée au XVIIe siècle à Xi'an, l'ancienne capitale Chang'an, près d'une église construite par Mattéo Ricci, écrite en syriaque et en chinois et érigée en 781 au VIIIe siècle, la « stèle de Si-ngan-fou », prouve la présence de missionnaires chrétiens et de communautés chrétiennes nestoriennes en Chine et la transmission des Saintes Ecritures en Chine, de «la religion radieuse», ceci dès le début du VIe siècle. Un des plus anciens documents en est un hymne à la Sainte Trinité nestorien signé Adam, l'auteur du texte de la stèle de Si-ngan-fou. [5].La Pagode Daqin[6] , signifiant Tour romaine (Da Qin) de Chang'an est un vestige de la plus ancienne église de Chine, construite au VIIe siècle, et contient une scène de nativité.[7] Les nestoriens [8]étaient cependant considérés comme hérétiques: Une lettre de Jean de Montecorvino montre qu'ils le persécutaient pour des raisons inconnues: Jamais disciple des Apôtres n'a pénétré dans ce pays; aussi les Nestoriens m'ont-ils fait souffrir de cruelles persécutions, soit par eux-mêmes, soit par des personnes qu'ils avaient gagnées a prix d'argent, soutenant que je n'étais pas envoyé par notre seigneur le pape, mais que j'étais un espion et un sorcier. Puis ils apostèrent de faux témoins, qui déclarèrent que j'avais tué dans l'Inde un ambassadeur étranger qui portait à l'empereur de riches trésors dont je m'étais emparé. Ces machinations durèrent environ cinq ans, pendant lesquels je fus plusieurs fois traduit en justice et menacé de périr d'une mort ignominieuse.
[modifier] Les premiers missionnaires du XIIIe siècle au XIVe siècle
- Mongolie et Tartarie chinoise : Les premiers missionnaires franciscains, à l'initiative du pape Innocent IV, avec Jean de Plan Carpin, Benoît de Pologne et Etienne de Bohême, partent de Lyon le 16 avril 1245 pour la Mongolie ; seul Jean de Plancarpin franchit le Caucase, rencontre le Khan Batû, neveu de Gengis Khan et gagne Karakorum, la capitale du Kuyuk Khan, il est de retour à Avignon en 1247. Guillaume de Rubrouck ( Rubruquis), qui se trouvait en Terre-Sainte où il avait rencontré Louis IX de France (saint) fut envoyé par le roi, il partit ensuite à la cour de Mangu Khan, le successeur de Kuyuk et fit la relation de son voyage en 1255.
Puis sont envoyés plusieurs frères par le Pape, auprès de l'Empereur des Mongols, en 1278. Le fondateur de la mission franciscaine est le pape Nicolas III. Nicolas IV qui lui succède envoie Jean de Montecorvino en mission. Clément V envoie à son aide sept frères mineurs nommés évêques afin de consacrer Jean de Montecorvino archevêque. Trois seulement parvinrent à Khambaliq et devinrent les suffragants de Jean de Montecorvino.
- Le premier archevêque de Pékin est Jean de Montecorvino arrivé en 1288 en Chine sous l'Empereur Temour. Il traduit dans la langue tatare le Psautier et le Nouveau Testament et fait construire des églises. Selon la tradition franciscaine, le grand khan et empereur de Chine, Kaïchan khan, ou Wou-tsong (règne 1307-1311), et sa mère furent baptisés par Jean de Montecorvino. Des membres de la famille impériale, descendants ou princes mogols parents de Genghis Kahn, seront aussi baptisés à Lyon lors du 2e Concile (1274). Il fonde trois évêchés en Chine dans des villes peu éloignées de Pékin, comme Zaytoun. Les évêques en seront tous deux frères mineurs, Jean de Florence et André de Pérouse.
D'autres frères arrivèrent ensuite, Frère Gérard, Frère Pérégrin... En 1320, Odoric de Pordenone est de passage en Chine à Yangzou et mentionne dans son Voyage en Asie l'existence de la communauté de chrétiens en cette ville [9] Quatre frères, envoyés en Chine sont martyrisés en Inde le 3 avril 1331 : Thomas de Tolentino, Jacques de Padoue, Pierre de Sienne et Demetrius de Toflis, à Tana de Salsette. Jean de Marignolli part ensuite pour la Chine et laissera une chronique décrivant l'état de la mission franciscaine.
- A la mort de Jean de Montecorvino le pape Jean XXII nomma pour lui succéder, en 1333, un franciscain nommé Nicolas, qui partit avec vingt-six frères et six frères lais. Urbain V nomme en 1370 à l'archevêché de Pékin, Guillaume de Prato venu en Chine avec douze frères.
- Les religieux sont bien accueillis. Le nombre des frères du couvent d'André de Pérouse à côté de Zaytoun (vingt-deux ) est quasiment identique à celui autorisé par un décret impérial du souverain de la dynastie T'ang, T'ai-Tsung (626-649), qui autorisait un monastère de vingt-et-un religieux : « Le moine Alopen de Perse, est venu de loin avec des Écritures et des doctrines. Nous trouvons cette religion excellente et séparée du monde, et nous reconnaissons qu'elle est vivifiante pour l'humanité. Elle vient au secours des êtres vivants, est bienfaisante pour la race humaine. En conséquence, elle est digne d'être répandue dans tout le céleste Empire. Nous décrétons qu'un monastère sera construit par l'administration compétente dans le quartier de Yi-ming et que vingt-et-un prêtres y seront assignés. » in :De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine de Joseph Yacoub
- Les missions de Zaïtoun, de Fou-Kien et de Tche-Kiang furent ensuite dévastées, tandis que l'archevêque de Pékin et l'évêque d'Ili étaient massacrés. En 1362, le cinquième évêque de Zaïtoun, Jacques de Florence, successeur de Pierre de Florence, fut martyrisé. Cette chrétienté naissante fut détruite en 1468 par une révolte chinoise des Yven contre l'empereur, qui toucha les chrétiens. Sous les Ming, la Chine se referme et se replie sur le bouddhisme.
- La Chine compta pourtant encore des chrétiens, comme le montrerait la Vierge à l'enfant du rouleau du Musée de Chicago, signée Tang Yin, un peintre chinois né vers 1470, bien avant les grandes missions jésuites en Chine, peinture qui témoigne de l'influence chrétienne franciscaine en Chine. http://larsdatter.com/wordpress/?p=55.
[modifier] La mission en Chine au XVIe siècle
Le premier franciscain venu en Chine est le Père Pedro de Alfaro qui organise un voyage en secret depuis les Philippines, malgré les ordres du Gouverneur de ne pas franchir les frontières. Il s'embarque pour Macao en 1579 et essaye de pénétrer en Chine accompagné de quelques frères, dont Agustín de Tordesillas et Juan Baptista Lucarelli. Il célèbre la première messe à Canton le 24 juin 1579, y fait quelques séjours prolongés en 1580 et 1581 date où une chapelle est édifiée dans la ville: de cette seconde mission en Chine fut le martyr Martin Ignacio de Loyola. [10]La Chine dépend de la Province franciscaine de Saint-Grégoire des Frères mineurs Alcantarins de la Province de Castille d'Espagne dits "frères déchaussés", partis aux Philippines [11]. En 1584, quelques Franciscains, conduits par le P. Pedro d'Oropesa, échoués sur les côtes de Hai-nan, sont jetés en prison.
- Arrivée de frères espagnols au XVIIe siècle :Antonio Caballero, Frère Bonaventure Ibanez au Ji'nan et le Père Jose de Casanova. [12] Début de la Querelle des Rites. Antoine Caballero de Santa Maria baptise plus de 5000 chrétiens et ordonne le premier évêque chinois, Grégoire Lopez (Lowentsao). L'évêque de Pékin est l'italien Bernardin della Chiesa.
[modifier] Les missions franciscaines du XVIIIe siècle
- Au XVIIIe siècle La cour Romaine dépêche en Chine parmi d'autres missionnaires, six frères mineurs : Jean de Sassari, Joseph Mattei de Bientina, Louis Landi Signa, Jean de Mandello, Atto Biagini, Crescienzano Cavalli, plus François de Saint Miguel, frère d'Espagne. Arrivés clandestinement en Chine, ils sont arrêtés, conduits à Pékin et emprisonnés comme des criminels, mais Jean de Sassari et ses frères sont grâciés par l'Empereur le 10 novembre 1785, avec le choix de rester en Chine ou de rentrer en Europe : Jean de Sassari rentre alors en Europe. [13] Basile de Gémone écrit le premier dictionnaire de latin-chinois franciscain.La population chrétienne en 1723 avoisine les 300 000 personnes, dont 100 000 aux abords des missions franciscaines.
[modifier] La mission en Chine au XIXe siècle
Crise des Boxers. Martyre des 7 Franciscaines missionnaires de Marie religieuses accompagnant Mgr st Grégoire Grassi, Mgr François Fogolla, son, coadjuteur : Marie-Hermine Grivot (sainte) et six de ses compagnes font partie des 120 martyrs de Chine canonisés par le Pape Jean-Paul II avec le P. Théodoric Balat et le frère André Bauër. 8067 conversions avant 1914.
[modifier] Le XXe siècle
- Frère Gabriele Maria Allegra (bienheureux) décide de traduire la Bible en Chinois à partir des textes originaux.
- Persécution par les Gardes Rouges: Mort d'un prisonnier franciscain chinois après onze années dans un camp.
- Communauté de Frères mineurs à Hong-Kong aujourd'hui. L'ordre séculier compte 4000 membres.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie et liens
[modifier] Lire
- Messager de Saint Antoine Pierre Morachini, Les Franciscains en Chine du XIXe au XXe siècle
- Les grands voyageurs franciscains du XIIIe siècle d'après Jean Favier, Les Grandes Découvertes, d'Alexandre à Magellan, Fayard, Paris, 1991
[modifier] Pour approfondir
- Jean Cordier : "Histoire générale de la Chine"... : Les Mongols : Missionnaires et voyageurs étrangers, page 369
- Pour étudier de manière approfondie l'histoire des missionnaires franciscains en Chine, à l'époque du Moyen âge, puis aux siècles suivants jusqu'au XXe siècle, il faut consulter Sinica Franciscana par exemple vol. 1, siècles XIII et XIV, Itinera et relationem fratrum minorum saeculi XIII et XIV (Ad Claras Aquas: 1929, 637p.) sources des Archives franciscaines, publiées sous la direction du P. Anastasius Van den Wyngaert
- Ribadeneyra, Marcelo.- Historia de las islas del Archipiélago y Reinos de la Gran China, Tartaria, Cuchinchina, Malaca, Sian, Camboxa, y Japón.-1599;
- Pacifique Marie Chardin.- Les missions franciscaines en Chine : notes géographiques et historiques.-Auguste Picard, 1915 .- 254 pages et Les Franciscains en Chine
- Franciscaines Missionnaires de Marie.-De Marseille au Se-Tchuen. Journal de voyage d'une missionnaire. 1921. - Vanves, Imprimerie Franciscaine Missionnaire, 1921. - 78 p.
- Ghellinck J. de.- Les Franciscains en Chine aux XIIIe-XIVe siècles (Ambassadeurs et Missionnaires) 2 volumes.- Xaveriana. - 1927 (plaquettes)
- R. P. Fr. Severiano Alcobendas.- Las Misiones Franciscanas en China, Cartas, Informes y Relaciones del Padre Buenaventura Ibáñez (1650-1690) .- Madrid, 1933.
- Henri Bernard (S.J.).- Aux portes de la Chine : les missionnaires du seizième siècle, 1514-1588, Tianjin gong shang xue yuan.- Hautes études, 1933
- Paul Pelliot.- Les Franciscains en Chine au XVIe et au XVIIe siècle (sur JSTOR) T'oung Pao, 1938
- Maas, Otto.- Franciscans in the Middle Kingdom : A Survey of Franciscan Missions in China from the Middle Ages to the Present Time.- 1938
- Lhotte, Céline.-Dame Pauvreté chez les maîtres du monde : l'épopée franciscaine en Chine au 13e siècle, Céline Lhotte et Elisabeth Dupeyrat - Paris : Editions Franciscaines, 1938
- Willeke BH.- Twentieth Century Franciscan Mission in China project : The contribution of the Franciscan Order to the education of the local clergy in China.- Depuis le début du XIXe siècle, les franciscains étaient actifs dans cinq des dix-huit provinces traditionnelles de la Chine et préparaient des chinois à recevoir la prêtrise pour le clergé chinois. Verdad y vida.- 1997, vol. 55, no217-20, pp. 531-603 (voir aussi sa thèse Imperial Government and Catholic Missions in China during the years 1784-85..)
- Lauren Arnold.- Princely gifts and papal treasures : the Franciscan mission to China, 1999
- Christine Gadrat.- de statu conditione, ac regimine magni canis : l'original latin du Livre de l'Estat du Gran Cann et la question de l'auteurDonne le texte latin d'un manuscrit faisant partie des écrits traduits par Jean Le Long, le Livre de l'Estat et dela Gouvernance du Gran Can de Cathay de Guillaume Adam, sur les missions franciscaines en Tartarie et en Chine.-Bibliothèque de l'Ecole de Chartes (Décembre 2007, Tome 165)
- Camps (Arnulf) McCloskey (Pat).- The Friars Minor in China, 1294-1955. Es pecially the Years 1925-1955St Bonaventure Province (compte-rendu sur Persée).
- [2] The Franciscans in the Middle Ages de Michael Robson, Michael Robson (O.F.M.Conv.) Chapitre 9, "La Mission en Chine".-2006
[modifier] Notes et références
- ↑ Le tableau de la Vierge à l'Enfant du Rouleau (cf. image), restaurée récemment au Field Museum de Chigago et signée Tang Yin, un peintre né vers 1470, donc antérieure aux missions jésuites en Chine, témoignerait de l'influence chrétienne des franciscains, après Moyen Age : la foi se serait conservée dans certaines familles catholiques chinoises durant trois siècles. Elle possède quelques traits byzantins sinisés.
- ↑ Wikpédia : Stèle nestorienne
- ↑ http://orthodoxesantiochenice.wordpress.com/2008/07/08/inscription-de-la-stele-nestorienne-qui-se-trouve-dans-le-musee-de-xian-foret-des-steles-en-chine/ Inscription de la Stèle nestorienne
- ↑ pour approfondir [1] De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine de Joseph Yacoub
- ↑ http://expositions.bnf.fr/parole/grand/081.htm
- ↑ The Da Qin illuminated religion
- ↑ Pour approfondir : http://www.erf-auteuil.org/conferences/l-aventure-nestorienne.html L'aventure "Nestorienne" de la boucle de l'Euphrate jusqu'en Chine Père Henri-Irénée DALMAIS, dominicain
- ↑ Le nestorianisme est une doctrine se réclamant du christianisme et affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistaient en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l'origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople (428-431).
- ↑ Une stèle funéraire chrétienne au musée de Yangzhou datant du XIVe siècle est pourvue de dessins et d'une épitaphe latine : Il s'agit de la dalle funéraire de Katerina Vilioni morte en 1342 : http://en.wikipedia.org/wiki/Katarina_Vilioni.
- ↑ Son voyage est relaté dans les Chronicas de la apostolica provincia de S. Gregorio de Religiosos Descalzos (Voir Philippines, ou sur Google-Books) et aussi dans L'Histoire du Grand Règne de Chine de Mendoza
- ↑ Ricci Discalced Friars Minor (OFMAlc)
- ↑ The spirit and the flesh in Shandong, 1650-1785 Par David E. Mungello
- ↑ La Politique Missionnaire de la France en Chine 1842 1856 Wei Louis page 50-52

