2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Chine

De Wikitau.

Vierge à l'Enfant du Rouleau, signée Tang Yin, début du XVe siècle, Field Museum de Chicago [1]

Sommaire

[modifier] Avant l'an mil

Une stèle nestorienne [2] [3] [4] trouvée au XVIIe siècle à Xi'an, l'ancienne capitale Chang'an, près d'une église construite par Mattéo Ricci, écrite en syriaque et en chinois et érigée en 781 au VIIIe siècle, la « stèle de Si-ngan-fou », prouve la présence de missionnaires chrétiens et de communautés chrétiennes nestoriennes en Chine et la transmission des Saintes Ecritures en Chine, de «la religion radieuse», ceci dès le début du VIe siècle. Un des plus anciens documents en est un hymne à la Sainte Trinité nestorien signé Adam, l'auteur du texte de la stèle de Si-ngan-fou. [5].La Pagode Daqin[6] , signifiant Tour romaine (Da Qin) de Chang'an est un vestige de la plus ancienne église de Chine, construite au VIIe siècle, et contient une scène de nativité.[7] Les nestoriens [8]étaient cependant considérés comme hérétiques: Une lettre de Jean de Montecorvino montre qu'ils le persécutaient pour des raisons inconnues: Jamais disciple des Apôtres n'a pénétré dans ce pays; aussi les Nestoriens m'ont-ils fait souffrir de cruelles persécutions, soit par eux-mêmes, soit par des personnes qu'ils avaient gagnées a prix d'argent, soutenant que je n'étais pas envoyé par notre seigneur le pape, mais que j'étais un espion et un sorcier. Puis ils apostèrent de faux témoins, qui déclarèrent que j'avais tué dans l'Inde un ambassadeur étranger qui portait à l'empereur de riches trésors dont je m'étais emparé. Ces machinations durèrent environ cinq ans, pendant lesquels je fus plusieurs fois traduit en justice et menacé de périr d'une mort ignominieuse.

[modifier] Les premiers missionnaires du XIIIe siècle au XIVe siècle

  • Mongolie et Tartarie chinoise : Les premiers missionnaires franciscains, à l'initiative du pape Innocent IV, avec Jean de Plan Carpin, Benoît de Pologne et Etienne de Bohême, partent de Lyon le 16 avril 1245 pour la Mongolie ; seul Jean de Plancarpin franchit le Caucase, rencontre le Khan Batû, neveu de Gengis Khan et gagne Karakorum, la capitale du Kuyuk Khan, il est de retour à Avignon en 1247. Guillaume de Rubrouck ( Rubruquis), qui se trouvait en Terre-Sainte où il avait rencontré Louis IX de France (saint) fut envoyé par le roi, il partit ensuite à la cour de Mangu Khan, le successeur de Kuyuk et fit la relation de son voyage en 1255.

Puis sont envoyés plusieurs frères par le Pape, auprès de l'Empereur des Mongols, en 1278. Le fondateur de la mission franciscaine est le pape Nicolas III. Nicolas IV qui lui succède envoie Jean de Montecorvino en mission. Clément V envoie à son aide sept frères mineurs nommés évêques afin de consacrer Jean de Montecorvino archevêque. Trois seulement parvinrent à Khambaliq et devinrent les suffragants de Jean de Montecorvino.

  • Le premier archevêque de Pékin est Jean de Montecorvino arrivé en 1288 en Chine sous l'Empereur Temour. Il traduit dans la langue tatare le Psautier et le Nouveau Testament et fait construire des églises. Selon la tradition franciscaine, le grand khan et empereur de Chine, Kaïchan khan, ou Wou-tsong (règne 1307-1311), et sa mère furent baptisés par Jean de Montecorvino. Des membres de la famille impériale, descendants ou princes mogols parents de Genghis Kahn, seront aussi baptisés à Lyon lors du 2e Concile (1274). Il fonde trois évêchés en Chine dans des villes peu éloignées de Pékin, comme Zaytoun. Les évêques en seront tous deux frères mineurs, Jean de Florence et André de Pérouse.

D'autres frères arrivèrent ensuite, Frère Gérard, Frère Pérégrin... En 1320, Odoric de Pordenone est de passage en Chine à Yangzou et mentionne dans son Voyage en Asie l'existence de la communauté de chrétiens en cette ville [9] Quatre frères, envoyés en Chine sont martyrisés en Inde le 3 avril 1331 : Thomas de Tolentino, Jacques de Padoue, Pierre de Sienne et Demetrius de Toflis, à Tana de Salsette. Jean de Marignolli part ensuite pour la Chine et laissera une chronique décrivant l'état de la mission franciscaine.

  • Les religieux sont bien accueillis. Le nombre des frères du couvent d'André de Pérouse à côté de Zaytoun (vingt-deux ) est quasiment identique à celui autorisé par un décret impérial du souverain de la dynastie T'ang, T'ai-Tsung (626-649), qui autorisait un monastère de vingt-et-un religieux : « Le moine Alopen de Perse, est venu de loin avec des Écritures et des doctrines. Nous trouvons cette religion excellente et séparée du monde, et nous reconnaissons qu'elle est vivifiante pour l'humanité. Elle vient au secours des êtres vivants, est bienfaisante pour la race humaine. En conséquence, elle est digne d'être répandue dans tout le céleste Empire. Nous décrétons qu'un monastère sera construit par l'administration compétente dans le quartier de Yi-ming et que vingt-et-un prêtres y seront assignés. » in :De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine de Joseph Yacoub
  • Les missions de Zaïtoun, de Fou-Kien et de Tche-Kiang furent ensuite dévastées, tandis que l'archevêque de Pékin et l'évêque d'Ili étaient massacrés. En 1362, le cinquième évêque de Zaïtoun, Jacques de Florence, successeur de Pierre de Florence, fut martyrisé. Cette chrétienté naissante fut détruite en 1468 par une révolte chinoise des Yven contre l'empereur, qui toucha les chrétiens. Sous les Ming, la Chine se referme et se replie sur le bouddhisme.
  • La Chine compta pourtant encore des chrétiens, comme le montrerait la Vierge à l'enfant du rouleau du Musée de Chicago, signée Tang Yin, un peintre chinois né vers 1470, bien avant les grandes missions jésuites en Chine, peinture qui témoigne de l'influence chrétienne franciscaine en Chine. http://larsdatter.com/wordpress/?p=55.

[modifier] La mission en Chine au XVIe siècle

Le premier franciscain venu en Chine est le Père Pedro de Alfaro qui organise un voyage en secret depuis les Philippines, malgré les ordres du Gouverneur de ne pas franchir les frontières. Il s'embarque pour Macao en 1579 et essaye de pénétrer en Chine accompagné de quelques frères, dont Agustín de Tordesillas et Juan Baptista Lucarelli. Il célèbre la première messe à Canton le 24 juin 1579, y fait quelques séjours prolongés en 1580 et 1581 date où une chapelle est édifiée dans la ville: de cette seconde mission en Chine fut le martyr Martin Ignacio de Loyola. [10]La Chine dépend de la Province franciscaine de Saint-Grégoire des Frères mineurs Alcantarins de la Province de Castille d'Espagne dits "frères déchaussés", partis aux Philippines [11]. En 1584, quelques Franciscains, conduits par le P. Pedro d'Oropesa, échoués sur les côtes de Hai-nan, sont jetés en prison.

Carte de Chine de Vincenzo Coronelli

[modifier] Les missions franciscaines du XVIIIe siècle

  • Au XVIIIe siècle La cour Romaine dépêche en Chine parmi d'autres missionnaires, six frères mineurs : Jean de Sassari, Joseph Mattei de Bientina, Louis Landi Signa, Jean de Mandello, Atto Biagini, Crescienzano Cavalli, plus François de Saint Miguel, frère d'Espagne. Arrivés clandestinement en Chine, ils sont arrêtés, conduits à Pékin et emprisonnés comme des criminels, mais Jean de Sassari et ses frères sont grâciés par l'Empereur le 10 novembre 1785, avec le choix de rester en Chine ou de rentrer en Europe : Jean de Sassari rentre alors en Europe. [13] Basile de Gémone écrit le premier dictionnaire de latin-chinois franciscain.La population chrétienne en 1723 avoisine les 300 000 personnes, dont 100 000 aux abords des missions franciscaines.

[modifier] La mission en Chine au XIXe siècle

Crise des Boxers. Martyre des 7 Franciscaines missionnaires de Marie religieuses accompagnant Mgr st Grégoire Grassi, Mgr François Fogolla, son, coadjuteur  : Marie-Hermine Grivot (sainte) et six de ses compagnes font partie des 120 martyrs de Chine canonisés par le Pape Jean-Paul II avec le P. Théodoric Balat et le frère André Bauër. 8067 conversions avant 1914.

[modifier] Le XXe siècle

  • Persécution par les Gardes Rouges: Mort d'un prisonnier franciscain chinois après onze années dans un camp.
  • Communauté de Frères mineurs à Hong-Kong aujourd'hui. L'ordre séculier compte 4000 membres.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie et liens

[modifier] Lire

[modifier] Pour approfondir

Yin Zhen,peinture sur soie, Musée national du Palais de Pékin

[modifier] Notes et références

  1. Le tableau de la Vierge à l'Enfant du Rouleau (cf. image), restaurée récemment au Field Museum de Chigago et signée Tang Yin, un peintre né vers 1470, donc antérieure aux missions jésuites en Chine, témoignerait de l'influence chrétienne des franciscains, après Moyen Age : la foi se serait conservée dans certaines familles catholiques chinoises durant trois siècles. Elle possède quelques traits byzantins sinisés.
  2. Wikpédia : Stèle nestorienne
  3. http://orthodoxesantiochenice.wordpress.com/2008/07/08/inscription-de-la-stele-nestorienne-qui-se-trouve-dans-le-musee-de-xian-foret-des-steles-en-chine/ Inscription de la Stèle nestorienne
  4. pour approfondir [1] De Babylone à Pékin, l'expansion de l'Église nestorienne en Chine de Joseph Yacoub
  5. http://expositions.bnf.fr/parole/grand/081.htm
  6. The Da Qin illuminated religion
  7. Pour approfondir : http://www.erf-auteuil.org/conferences/l-aventure-nestorienne.html L'aventure "Nestorienne" de la boucle de l'Euphrate jusqu'en Chine Père Henri-Irénée DALMAIS, dominicain
  8. Le nestorianisme est une doctrine se réclamant du christianisme et affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistaient en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l'origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople (428-431).
  9. Une stèle funéraire chrétienne au musée de Yangzhou datant du XIVe siècle est pourvue de dessins et d'une épitaphe latine : Il s'agit de la dalle funéraire de Katerina Vilioni morte en 1342 : http://en.wikipedia.org/wiki/Katarina_Vilioni.
  10. Son voyage est relaté dans les Chronicas de la apostolica provincia de S. Gregorio de Religiosos Descalzos (Voir Philippines, ou sur Google-Books) et aussi dans L'Histoire du Grand Règne de Chine de Mendoza
  11. Ricci Discalced Friars Minor (OFMAlc)
  12. The spirit and the flesh in Shandong, 1650-1785 Par David E. Mungello
  13. La Politique Missionnaire de la France en Chine 1842 1856 Wei Louis page 50-52
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