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Christophe Colomb

De Wikitau.


Christophe Colomb
Cristóbal Colón, Christopher Colombus

explorateur, laïc franciscain

Cristóbal Colón né en 1436, à Gênes Italie
x 20 mai 1506, à Valladolid Espagne
ordonné en x x


Sommaire

[modifier] CHRISTOPHE COLOMB, TERTIAIRE FRANCISCAIN

Voici mis en ligne, le texte d'un article ancien des Annales franciscaines sur C. Colomb/ écrit par Le frère Felix de Cantalice. [1]


Parmi les lecteurs des Annales Franciscaines, il n'en est certainement pas un qui n'ait entendu parler de cet homme prodigieux qui découvrit le Nouveau-Monde, de ses voyages et de ses malheurs. Très peu connaissent ses sentiments et sa piété, et plusieurs seront étonnés d'apprendre que Christophe Colomb était affilié à la famille franciscaine en qualité de Tertiaire. Voici, à ce sujet, quelques détails intéressants, puisés pour la plupart dans l'excellent livre que M. Roselly de Lorgues a consacré, dans ses dernières années, à montrer surtout dans Christophe Colomb le chrétien et l'apôtre ( On verra le rôle vraiment providentiel de l'Ordre de Saint-François dans la découverte du nouveau continent. )

Christophe Colomb [2] méditait déjà son immense découverte, lorsqu'il fut conduit dans un couvent devenu célèbre, celui de Santa-Maria de la Rabida, occupé par les Franciscains et situé à une demie lieue de Palos, près de l'océan Atlantique (aujourd'hui capitainerie-générale de Séville). Autre circonstance providentielle et bien remarquable : le K. P. Juan Perez de Marchena, gardien du couvent et ancien confesseur de la reine Isabelle, cultivait avec ardeur l'astronomie, et, du haut de la terrasse du monastère, d'où l'on pouvait plonger dans l'immensité de l'océan, il s'était déjà plusieurs fois posé les doutes qui travaillaient l'esprit de Christophe Colomb. C'était en 1485, et ce fut dans ce paisible couvent de Franciscains que fut développée et discutée par le génie de Colomb et l'enthousiasme raisonné du savant religieux, la conception la plus large peut-être de l'humanité. Le système cosmique de Colomb fut partagé et puissamment encouragé par le P. Juan Perez, dont les espérances trouvaient un puissant levier dans sa sollicitude pour le salut des peuples qui ignoraient le Christ, et dans le désir de voir le saint nom de Jésus béni chez toutes les nations. De son côté, Colomb, pendant son séjour dans le couvent, s'occupait de son perfectionnement intérieur, et travaillait à devenir moins indigne d'accomplir l'œuvre immense dont il se sentait chargé. Ses entretiens avec les Religieux et avec son jeune fils Diégo remplissaient le reste de ses journées.

Dicussions de Christophe Colomb avec les franciscains de la Rabida

Lorsque, quelques années après, le voyage de Colomb à Cordoue ne lui apportait tout d'abord que déceptions, lorsque les irrésolutions de la cour semblaient devoir lui enlever son courage, qui est-ce qui relevait ses espérances et triomphait de toutes les indécisions en agissant auprès de la reine? C'était toujours le Gardien du couvent de la Rabida. Si la reine Isabelle accueillit enfin le projet du voyage de Colomb, à qui fallut-il l'attribuer, sinon aux démarches incessantes et aux ferventes prières du Père Juan Perez? Pendant l'armement, c'est encore lui qui combattait l'incrédulité des pilotes, et les rassurait sur le succès de l'entreprise, en leur annonçant que Colomb allait, dans les espaces de la mer ténébreuse, accomplir des choses admirables pour le service de Dieu.

Christophe Colomb et son fils au Couvent de la Rabida

[3]

Quoi qu'il en soit, Christophe Colomb, au milieu des préparatifs de l'armement, continuait à passer ses'jours dans l'oraison, et les exercices de piété. Ce fut, sans doute, alors, qu'il s'engagea, comme membre du Tiers-Ordre, dans la milice et sous la Règle de saint François . Il ne sortait du couvent que par nécessité, s'occupant du soin de son âme et avançant toujours dans la perfection chrétienne. Enfin, accompagné des trois frères Pinzon, marins riches et expérimentés de Palos, réunis à Colomb par le zélé Père Perez, et du personnel nécessaire, l'homme de la Providence et tout son équipage vinrent se réconcilier avec Dieu et recevoir la sainte Eucharistie à la messe du P. Gardien de Santa-Maria de la Rabida. Puis Colomb, en attendant le vent de l'est, retourna à sa cellule pour s'y entretenir avec Dieu et faire une dernière retraite avant le départ. Il suivait déjà scrupuleusement la règle de saint François ; et tous les instants que ne réclamaient pas les offices du chœur étaient consacrés à la méditation de l'Évangile de saint Jean, son livre favori. — Enfin, le 3 août 1492, à trois heures du matin, pendant que la communauté goûtait un paisible sommeil, Christophe Colomb, que le vent d'est avait réveillé, entendit la messe du P. Juan Perez et reçut encore le pain des forts. Après l'action de grâces, il sortit avec le Gardien : celui-ci, ému jusqu'aux larmes, le pressa sur son cœur ; et, après l'avoir vu monter sur sa caravelle, alla encore lui donner un dernier regard et une dernière bénédiction du haut de la terrasse du couvent.

Nous passons rapidement sur les événements, nous contentant de mentionner ceux qui, dans la destinée de Colomb, se rattachent à l'influence franciscaine.

Oceano Classica ,Illustrations de Historia Baltica, de las Islas halladas en las Indias de Christophe Colomb

Lorsque Colomb eut arboré le signe de notre Rédemption à San-Salvador, puis à Cuba, Hispaniola, etc., le fils adoptif de la famille franciscaine récitait avec bonheur son office, suivant la règle de l'Ordre Séraphique, sous les voûtes de ces forêts vierges, temple primitif de la nature ; là, entouré des prodiges du créateur, il mêlait sa voix aux graves psalmodies des vents qui parcouraient ces solitudes.

Portulan de Pietro Vesconte, avec l'image de François d'Assise en marge [4], vers 1319  : mer Méditerranée et mer Egée, Syrie, Bibliothèque municipale de Lyon, Ms 175

Après son premier retour en Europe et son abordage en Portugal, quelle ne fut pas la joie de Colomb en débarquant providentiellement dans ce même portde Palos, le 15 mars 1493 ! Quelle ne fut pas celle du P. Juan Perez, en célébrant, dans l'église du couvent de la Rabida, la messe d'actions de grâces pour le retour, après l'avoir célébrée pour l'embarquement! Avec quel bonheur Colomb ne vint-il pas reprendre au milieu de ses Frères de l'Ordre Séraphique, possession de la chère cellule que lui réservait le Père Gardien!

On le voit, la destinée de Colomb semble inséparablement unie à son titre de membre du Tiers-Ordre de Saint-François, si bien que, à la fin de cette année 1493, lors de la seconde expédition, nous voyons même s'embarquer avec lui sur le vaisseau amiral le P. Juan Perez De La Marchena, nommé spontanément par la reine Astronome de l'Expédition, et dont le voyage se trouve raconté avec détails dans les Annales des Frères Mineurs. Ce fut donc un Franciscain qui, le premier, célébra les saints mystères dans le Nouveau Monde ; et ce fut encore un Franciscain (le P. Bernard Boyl, Provincial d'Espagne), qui fut nommé premier vicaire apostolique dans ces contrées, par Bref du 7 juillet 1493.

A son second retour en Castille, nous voyons Christophe Colomb, dégoûté du monde et des faiblesses de la cour, sans souci de l'opinion et ne comptant plus que sur Dieu, laisser pousser sa barbe et porter extérieurement sa corde sur la robe de saint François. Peut-être même eut-il la pensée de suivre à la Rabida son ami le P. Perez, qui retournait s'y ensevelir. Quoi qu'il en soit, M. Alexandre de Humboldt reconnaît que « c'était par dévotion, qu'il se montrait dans les rues de Séville « en habit de moine de saint François. » Après son troisième voyage, Colomb devint tour à tour l'hôte des Franciscains de Grenade et de ceux de Zubia.

Saint François préservant un vaisseau du naufrage


Arriva la quatrième expédition. Nous n'apprendrons rien à la plupart de nos lecteurs en rappelant que des Religieux Franciscains accompagnèrent Christophe Colomb dans ce nouveau voyage. L'un d'eux, le P. Alexandre, exténué par les souffrances que lui occasionnaient les tourmentes continuelles de l'atmosphère, succomba bientôt aux suites de l'épuisement. Ainsi, le premier aumônier qui ait péri sur l'Océan des fatigues de l'apostolat, fut un Franciscain ; les glorieuses prémices d'une telle mort semblaient légitimement dues à l'Ordre Séraphique.

Le 26 novembre 1504, mourut la reine Isabelle, revêtue de l'habit du Tiers-Ordre de Saint-François. Nul ne peut dire quelle fut l'amertume de la douleur de Colomb. Aussi, ses souffrances physiques en furent cruellement redoublées, et ses forces allèrent toujours en s'affaiblissant.

Dès qu'il vit approcher ses derniers moments, l'amiral de l'océan, couché sur son lit de souffrance dans une chambre d'auberge de Valladolid, voulut revêtir l'habit du Tiers-Ordre de Saint-François, qu'il avait si souvent porté durant sa vie. Plusieurs Religieux Franciscains assistaient, avec ses deux fils, à cette dernière lutte de sa forte nature contre la destruction. Enfin, le 20 mai 1506, jour de l'Ascension, Christophe Colomb, muni de tous les secours de l'Église, rendit son âme à Dieu.

Comme il en avait exprimé la volonté, les fers dont l'ingratitude avait chargé les pieds et les mains du messager de la Croix, furent enfermés dans son cercueil. Ensuite, les Franciscains accompagnèrent sa dépouille mortelle à la cathédrale de Valladolid, où l'on célébra très-modestement les obsèques de l'amiral des Indes ; après quoi ces mêmes Religieux transportèrent son corps dans les caveaux mortuaires de leur couvent de l'Observance, et ainsi, Colomb, qui avait trouvé chez les Franciscains son premier asile, reçut d'eux la dernière hospitalité.

A peu de jours de là, personne à Valladolid, en dehors de la famille franciscaine, ne songeait à la glorieuse sépulture de celui que Dieu avait suscité pour déchirer le voile qui dérobait à l'humanité le reste du globe.

Les membres des équipages des vaisseaux de Christophe Colomb étaient également tertiaires franciscains

Vingt ans plus tard, en 1526, Don Diego Colomb, son fils,après avoir épousé une nièce du roi d'Espagne, mourait, lui aussi, soutenu et consolé par quatre Religieux Franciscains.

En 1513, un ordre royal fit transporter les restes de Christophe Colomb, à Séville chez les Chartreux, puis, de là, en 1536, dans l'île Saint-Domingue, d'où ils furent transférés à Cuba, en 1795, escortés par les Franciscains, qui, fidèles à leurs anciennes affections, récitaient l'office des morts.

Fr Felix de Cantalice, Tiers-Ordre.

[modifier] Bibliographie

Les deux volumes de La Découverte de l'Amérique constituent l'édition la plus complète des écrits de Christophe Colomb (1451-1506). "Le Vendredi 3 août 1492, après avoir commandé au nom de Jésus-Christ de déployer les voiles, Christophe Colomb entra dans sa cabine construite sur le château d'arrière, et, prenant la plume, commença son journal de bord...."

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Fr. Félix De Cantalice (de Prades) :Pour écrire cet article il consulta M. Roselly de Lorgues, dans son Histoire de Christophe Colomb et Histoire de la Géographie du nouveau continent
  2. Pour consulter sa biographie : Wikipedia (français) et Wikipedia (espagnol)
  3. Un tableau de Léopold Flameng, représente Christophe Colomb s'entretenant avec son fils dans le couvent de la Rabida. Le jeune Diégo, pendant l'absence de son père, fut gardé chez les bons Franciscains, vêtu, nourri et instruit par eux.
  4. http://expositions.bnf.fr/ciel/catalan/portulan/page2.htm
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