Pour lutter contre des attaques de robots, la création de nouveau comptes est momentanément suspendue. Veuillez nous en excuser.
Vous pouvez formuler votre demande de création de compte sur la page de discussion de frère Vincent
Clarisses en Suisse romande
De Wikitau.
CLARISSES EN SUISSE ROMANDE Les monastères de clarisses en Suisse romande
I – Avant la Réforme
Avant la Réforme, la Suisse romande comptait trois monastères de clarisses, les deux premiers, fondés par sainte Colette de Corbie dans le pays de Vaud, alors sous domination savoyarde, à Vevey et Orbe ; le troisième à Genève, au quartier du Bourg de Four.
Vevey : 1425 : Sur l’initiative de Colette, Amédée VIII obtient une bulle du pape Martin V en date du 22 octobre 1422, pour l’érection du monastère de Vevey. L’archevêque de Tarentaise y est désigné comme commissaire apostolique. Colette installe elle-même les premières Clarisses, venues de Bourgogne et d’Auvergne. « Le duc Amédée VIII de Savoie, régnant sur le pays de Vaud, désirait lui aussi un couvent de colettines dans son duché. N'ayant pas réussi à l'établir dans sa capitale de Chambéry, il tourna les regards vers Vevey. Colette y trouva l'appui de nombreux seigneurs de la région, notamment celui de Guillemette de Gruyères. Amédée adressa une supplique au pape Martin V. Le souverain pontife l'autorisa à faire construire à Vevey, avec l'agrément de l'évêque diocésain, un couvent avec église, clocher, cloche, cimetière, jardin et autres dépendances nécessaires. Par un bref du 22 octobre 1422, il chargea l'évêque de Tarentaise, commissaire apostolique, de notifier cette autorisation au duc de Savoie ». Michelette ROSSIER-MENTHONNEX dans la revue « Vobiscum » n° 2, 1992, p 38.
1536 : départ des Clarisses pour Evian.
Orbe
1426 : Jeanne de Montbéliard, femme de Louis de Chalon, avait apporté en dot la ville d’Orbe. Elle obtint du pape Martin V une bulle pour l’érection d’un monastère de Clarisses, en date du 17 novembre 1426. Colette en prend possession le 15 janvier 1427. En 1430 elle y rédige les Constitutions de la réforme
20 mars 1555 : départ du dernier groupe de clarisses. Les religieuses embarquent à Ouchy, près de Lausanne, pour Evian où elles sont logées dans la maison presbytérale.
Loyse de Savoie, clarisse d’Orbe, Fille d’Amédée IX de Savoie et de Yolande de France, est née vers 1462 Elle épouse en 1479 Hugues de Chalon, au château de Nozeroy, Jura français. En 1492, après la mort de son époux survenue en 1490, elle entre au monastère d’Orbe, avec deux de ses dames de compagnie, dont Catherine de Saulx, qui fut sa biographe. Elle est morte en 1503, âgée de 41 ans et béatifiée en 1839.
Genève
En 1473, à la demande des bourgeois de Genève et sous la diligence du visiteur des Clarisses de Vevey, Yolande de France fonda un monastère à Genève, en vertu d’une bulle du pape Sixte IV en date du 4 mars 1473, le monastère Sainte Croix au Bourg de Four. La première communauté fut composée de 13 membres : 4 venaient de Seurre, dont Claude Méance, ancienne compagne de Colette et 1re abbesse, 3 d’Orbe, 2 de Poligny, 2 de Chambéry et 2 de Vevey.
1535 : départ des Clarisses pour Annecy.
Jeanne de Jussie, clarisse de Genève. Jeanne est née en 1503. C’était la fille cadette de Louis de Jussie, qui possédait le manoir de Lullier. Entrée au monastère de Sainte Croix vers 1520, elle a fait sa profession à l’âge de 18 ans, pour la fête de Saint Michel, en 1521 et a été abbesse (en 1548) du monastère d’Annecy. Elle est morte le 7 novembre 1561 (Obituaire). Jeune moniale, elle fut donc le témoin direct des évènements qui aboutirent au départ des Clarisses pour Annecy. Elle est l’auteur d’une « Petite Chronique contenant en partie de ce qui a été fait dans la cité de Genève pour cause des hérétiques et secte luthérienne depuis l’an 1525 », selon la formule du manuscrit original conservé à la Bibliothèque universitaire de Genève et publié sous le titre de : « Le Levain du Calvinisme ou commencement de l’hérésie de Genève »
Diaspora
Annecy : 1535 : départ des Clarisses de Genève pour Annecy. Le couvent d’Annecy fonctionnera de 1535 à 1793. Evian : 1536 : arrivée des Clarisses de Vevey ; 1555 : arrivée d’un groupe d’Orbe Romont (Fribourg), 1589 : les Clarisses d’Evian se réfugient à Romont, canton de Fribourg. 1591 : dispersion entre divers monastères de Bourgogne et de Savoie 1595 : retour à Evian
[modifier] II - Epoque contemporaine
Le monastère d’Evian, en pays savoyard au sud du lac Léman, constitua un maillon entre le départ des clarisses de Vevey en 1555 et l’érection d’un monastère en 1989 sur les pentes du mont Pèlerin qui domine la ville de Vevey. A l’origine de cette création, un petit groupe de clarisses d’Evian, installé d’abord dans le canton de Genève.
La Plaine, canton de Genève
Durant l’époque contemporaine, le monastère d’Evian accueillait des vocations en provenance de Suisse romande. Parmi elles, Louisa Jaques (1901-1942), originaire du Jura vaudois, née à Pretoria, Transvaal, où son père était pasteur de la Swiss Mission. Elle se fit catholique à Milan et, sur les conseils de l’abbé Maurice Zundel (1897-1975), à Lausanne, entra au monastère d’Evian, mais pour un cours séjour, de septembre 1936 à avril 1937. Finalement elle entra chez les clarisses de Jérusalem, sous le nom de Sœur Marie de la Trinité, le 30 juin 1938. Ses notes spirituelles où elle évoquait la venue de clarisses en Suisse romande, furent publiées en 1943 par Père Sylvère van den Broek, aumônier des Clarisses de Jérusalem. Elles contribuèrent à l’initiative d’ouvrir un monastère de clarisses à Genève. Le projet d’établir des clarisses à Genève est venu d’un groupe de catholiques genevois, réunis autour de la paroisse Notre-Dame. Parmi eux, deux personnages, Alain Duboin et Edmond Ganter, ont eu un rôle décisif.
- Alain Duboin, genevois d’origine protestante, venait d’entrer dans l’Ordre des Franciscains à Fribourg en cette année 1943. C’est là qu’il rencontra le père Sylvère et eut connaissance des « prédictions » de sœur Marie de la Trinité, ce dont il fit part à son ami Edmond Ganter.
- Edmond Ganter, paroissien de Notre-Dame, archiviste et collaborateur au journal « Le Courrier de Genève », entreprit de se documenter sur le monastère du Bourg de Four. Il publia une série d’article dans le Courrier de Genève, à partir du 12 mai 1947, puis, en 1949, un livre intitulé « Les Clarisses de Genève ».Editions de la Société catholique d’Histoire.
En juin 1951 est fondé à Genève le Comité Sainte Colette, devenu par la suite le Cercle Sainte Colette, en vue de créer un monastère à Genève. Les initiateurs du projet entrèrent rapidement en contact avec les clarisses d’Evian, où une nouvelle abbesse, Mère Marie des Anges, venait d’être élue.
- Marie CHATENAY, en religion Marie des Anges (1910 – 1993) est née à Doué la Fontaine le 28 janvier 1910. Elle entra chez les Clarisses de Versailles en 1931 et fut nommée maîtresse des novices vers 1938. Suite à une démarche de l’évêque d’Annecy, elle fut détachée à Evian afin de redonner une vitalité à ce monastère.
Après de longues discutions, le Cercle Sainte Colette adressa à l’abbesse d’Evian, mère Marie des Anges, une demande officielle pour la création d’un monastère à Genève, par lettre datée du 14 septembre 1956 et signée Edmond Ganter, Vernet, Trachsel, Père Alain Marie Duboin. La réponse positive fut donnée le 20 octobre 1956, en ces termes : « Les religieuses du monastère de Sainte Claire d’Evian, réunies en chapitre, ayant entendu la Révérende Mère Abbesse exposer le projet d’une fondation à Genève, les garanties données par le comité organisateur Sainte Colette de Genève, sous l’approbation des deux Ordinaires et la protection de l’Ordre séraphique, déclarent approuver ce projet. » Il fallut encore attendre plusieurs années avant que le projet se réalise et ce n’est que le 4 novembre 1964 qu’un premier groupe de clarisses, dirigée par Mère Marie des Anges prit possession de l’ancienne cure de la paroisse catholique de La Plaine, dans le canton de Genève. Elles furent accueillies en Suisse par Edmond Ganter, devenu entre temps Syndic de la ville de Genève. Dès son implantation à La Plaine, la communauté noua des liens œcuméniques, notamment avec le Centre œcuménique de Bossey, la communauté des sœurs de Grandchamp et les Servantes de l’unité.
Jongny/Chardonne, canton de Vaud
Dès 1940, une femme nommée Yvonne Guyot (1895 – 1971), originaire de Neuchâtel et de confession calviniste, acquit, sur la commune de Chardonne, des terrains jouxtant celle de Jongny. Elle y bâtit une chapelle et une habitation et entreprit d’animer spirituellement et intellectuellement ce lieu dans un esprit empreint de spiritualité franciscaine. Par testament, elle érigea ce domaine en fondation afin qu’il demeure, selon ses termes, « une réserve spirituelle dans une réserve naturelle » Yvonne Guyot décédée, le conseil de fondation se mit à la recherche d’un groupe capable d’animer les lieux selon la volonté de la fondatrice et finit par faire appel à la petite communauté de clarisses installée à La Plaine. Durant tout ce temps, le domaine était tenu par Cécile Buchs, compagne d’Yvonne Guyot. En 1974, le conseil de fondation entreprit le voyage à La Plaine, pour proposer aux sœurs de venir à La Grant Part. Celles-ci, dans un premier temps, refusèrent. Cécile Buchs entreprit alors de se rendre elle-même à La Plaine pour demander aux sœurs de venir au moins visiter la Grant Part. Le 7 décembre 1974, mère Marie des Anges, accompagnée de deux religieuses se rendit sur les lieux. Reçues à la bibliothèque, les clarisses furent étonnées de voir peints sur les poutres du plafond le Cantique des créatures de François et, accroché au mur, le portrait de Claire. Encouragées par leurs amies protestantes et le curé de Saint-Jean de Vevey, les sœurs donnèrent leur acceptation à Pâques 1975. Leur présence dans ces lieux est doublement paradoxale, vivant leur vœu de pauvreté dans un milieu qualifié de riche, et animant spirituellement une fondation d’origine protestante. L’originalité de leur démarche fut cependant reconnue de leur hiérarchie par la constitution de leur communauté en monastère. La cérémonie d’érection se déroula le 24 juin 1989.
[modifier] Bibliographie
De nombreuses études ont été publiées sur ces sujets. Il faut citer en premier :
- Sur Genève : Edmond Ganter, Les clarisses de Genève, 1473-1535-1793. Editions de la Société catholique d’histoire, Genève 1949.
- Sur Jongny : Jean Moulin, Convergence d’improbables sous-titre : Yvonne Guyot, la Grant Part et les clarisses en terre romande, Association Marie-Claire, 2003.

