2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Conrad Probus

De Wikitau.

Image:ofm_puce.png Conrad Probus
frère mineur,ministre provincial, évêque
né en ? , Tübingen (Allemagne)
décédé en 1296


Toul


Conrad Probus fut un frère mineur allemand devenu évêque de Toul au XIIIe siècle.

Sommaire

[modifier] Repères biographiques

Tübingen

Conrad de Toul, 6e ministre de la Province, 52° évêque de Toul (1280- 1296), était frère mineur. Il naquit à Tübingen, dans le duché de Würtemberg en Allemagne, dans une famille du peuple : ce serait le fils d'un maréchal-ferrant. Il fit ses études à Mayence et à Vienne et alla ensuite en Italie, où il professa la théologie à Sienne et à Padoue.

Il entra dans l'ordre en 1245, dix-neuf ans après la mort de Saint François, sans doute au Couvent franciscain de Tübingen [1]. Il aurait été lecteur au Couvent de Constance [2] . Il devint provincial de l'Ordre en Haute-Allemagne (Province Argentine) (1271-76) et envoyé auprès du pape par Rudolphe de Habsbourg. Nicolas III, qui fut son condisciple et connaissait ses capacités de négociateur et de médiateur, (il intervint par exemple dans une affaire avec les Templiers de Saint-Epvre à Dagonville, Bar, en 1284) l'employa avec succès, et ce fut sans doute à titre de récompense de ses services que ce pape le nomma évêque de Toul (Tullium Leucorum) sur la Moselle, l'évêque précédent ayant démissionné. Conrad fut sacré en 1280 par son métropolitain, et intronisé la même année par l'évêque de Verdun, neuf ans après la mort de Gilles de Sorcy ...

En 1281, il fut placé par Rodolphe sous la garde du roi de France...En 1282 il assista au Chapitre Général de Strasbourg. Conrad Probus, évêque de Toul , assiégea sa propre ville, en 1285, pour réprimer ses sujets révoltés... Les citadins élevèrent, malgré les récriminations de Conrad Probus, une tour dominant le palais épiscopal, baptisée la tour « qui-qu’en-grogne » [3]. Ce fut sous son épiscopat qu'eut lieu l'épisode de l'apparition de la Vierge protégeant Toul, dont la statue fut ensuite appellée Notre-Dame au pied d'Argent (Cf La chapelle de la Vierge Blanche). En 1286, les évêques de Toul perdirent leur souveraineté au profit de ceux de Metz suite à une bataille perdue par Conrad Probus, qui fut obligé ensuite de céder l’abbaye de Saint Sauveur à Bouchard d’Avesne évêque de Metz [4]. Il favorisa les béguines et les clarisses à Strasbourg, Alspach, Colmar et Bâle et permit à Marguerite de Lorraine de fonder un couvent de l'ordre de Sainte-Claire à Neufchâteau.

Sur ce denier de l'évêché de Toul on distingue bien un évêque mitré à gauche et le tau franciscain à droite en circonférence du Tau de Toul

Conrad de Toul combattit l'Empereur d'Allemagne au Concile de Würzbourg, empereur qui réclamait une part des bénéfices ecclesiastiques, une décime pendant cinq ans : il monta sur le baptistère et fit un long discours, en appella au Saint Siège. Conrad fut alors accusé de lèse-majesté et cité devant le Pape, après avoir été excommunié. Il se rendit à Rome, se disculpa, démissionna et reçut une pension viagère. Conrad mourut à son retour de Rome, en 1296, et son corps fut porté à Constance et il fut enterré dans le couvent des religieux de Saint-François. Luke Wadding dit qu'il fut surnommé le bon Conrad. Avec humilité il se désigna toujours dans ses lettres par les termes de Frère Conrad, Frater Conradus.

Cathédrale Saint-Etienne de Toul

Il avait à Toul fait construire les grandes voûtes du chœur de la Cathédrale, et celles des collatéraux, le transept. Il consacra un très grand nombre d'autels : "Le 5 janvier 1295, Conrad Probus, évêque de Toul, consacre dans la chapelle Saint-Nicolas du château de Borre (Haut-Barr) un autel dédié à la Sainte-Trinité" [2].


Il reste de son épiscopat des sceaux et des monnaies. Benoît de Toul écrivit sur lui une grande dissertation.

[modifier] La Chapelle de la Blanche Mère de Dieu

On lit dans l'Inventaire des titres de l'église de Toul, conservé à la bibliothèque de cette ville cette Charte du mois de juillet 1285 : "Conrad Probus, évêque de Toul, ayant obtenu le consentement de son chapitre, permit à Geoffroy de Venderiis (de Vandières), archidiacre de Rinel (Reynel), de démembrer de l'église de Summa Tonantia ce qu'il fallait pour ériger en l'église de Toul une chapelle en l'honneur de la Mère de Dieu, sous le vocable de "la Blanche Vierge". Il ordonna qu'après le décès de Hugon, curé de Summa Tonantia, ses successeurs paieraient au chapelain 20 livres tournois fors, en deux paiements " (probablement pour l'acquit des fondations). (Pouillé de Toul)[5].

La Chapelle " avait été fondée sous le nom de la Blanche Mère de Dieu , Virgo alba, par Gilles de Sorcy, 50ème évêque de Toul, mort en 1271. La statue, qui y avait été transportée, était une Vierge à la chaise, très richement habillée, une couronne ornée de diamants sur la tête, le sceptre à la main, et un sabot d'argent à un pied. A cette statue, ainsi qu'à sa dénomination se rattachaient des souvenirs traditionnels, qui ont encore survécu aux événements de la Révolution, et qui continuent d'inspirer une dévotion populaire à Notre-Dame-du-pied d'argent.

Autrefois posée à l'entrée de l'église, contre un pilier et au-dessus d'un petit bénitier, elle y resta jusqu'à l'époque où elle fut transportée d'abord au fond du chœur, et plus tard à l'autel qui est encore maintenant sous son invocation. La dévotion des fidèles, qui était grande déjà envers cette Vierge, au temps de l'évêque Roger, s'accrut encore beaucoup en 1284, époque à laquelle les chroniques touloises et les actes des anciennes archives lui attribuent un miracle opéré pour la délivrance de la ville de Toul : En 1284, une femme qui était venue à la cathédrale prier Notre-Dame pour son mari et sa fille qu’elle venait de perdre, fut surnatuellement avertie du danger couru par la ville d’être prise d'assaut par ses ennemis. Ce fut depuis lors que cette Vierge eut un pied chaussé d'un sabot d'argent, et qu'elle fut appelée pour cette raison Notre-Dame-du-pied-d'Argent ou N.-D.-au-pied-d'argent. La statue fut brisée au commencement de la Révolution .... " [6] A l'honneur de Dieu le créateur, et de la glorieuse vierge Marie, en commémoration d'un miracle fait en son image jadis icy posée, de laquelle un des pieds fut fait d'argent en l'an mil deux centz quatre vinctz quatre. Onque en la vigille St Mathieu fut la cité de Toul délivrée de la surprinse et emblée des ennemys et iceux repoussez par l'advertissement d'une femme priante devant icelle image sur l'heure de minuict, et admonestée divinement de ce faire. Et pour tesmoignage et en signe de credence, ladicte image avancea le pied, dont luy es le nom de Nostre Dame au pied d'argent . [7]

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et références

  1. Le Couvent Franciscain de Tübingen
  2. Geschichte der Stadt Tübingen, Volume 1 Par Jürgen Sydow pages 202 203
  3. Au Moyen-âge, l' expression « qui qu’en grogne » était « la réponse couramment utilisée par l’auteur d’un acte à ceux qui élevaient une protestation contre cet acte » . " Histoires et Anecdotes des rues et place de Toul " , Abel Gourment
  4. L’Église de Toul conservait bien la juridiction spirituelle de ses terres mais Metz avait désormais puissance seigneuriale temporelle sur toutes les terres et possessions de l’abbaye de Saint-Sauveur : Haute-Seille dépendit de Toul pour le temporel et de Metz pour le spirituel et Bonmoutier devint cette année-là possession de l’évêque de Metz http://www.val-et-chatillon.com/livre/chap2.htm
  5. chapelle de la Blanche Mère de Dieu. http://www.introibo.fr/Notre-Dame-au-Pied-d-Argent
  6. Thiery Histoire de la ville de Toul Page 42
  7. [1] Voir également La cathédrale de Toul ... Par Pierre Étienne Guillaume page 167

[modifier] Articles connexes

[modifier] Complément

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • P. Benoît de Toul : Ordinis seraphici monumenti nova illustratio. Cui altera dissertations accedant indiciœ Conradi Episcopi, ejusdem Ordinis contra Centuriatores Magdeburgenses. Cum sinopsi historica , Chronologica et Topographica ortus et progressus illius Ordinis apud Lotaringos, eis que finitimos Leucos, Metenses et Virdunenses voir ici sur Benoît de Toul et Conrad Probus: [3] 1708
  • Conrad de Toul, in: Etudes franciscaines, Volume 41
  • Eugène Martin (chanoine), Conrad Probus, des Frères Mineurs, évêque de Toul in: Revue historique de la Lorraine 1934 et , Conrad Probus, des Frères Mineurs, évèque de Toul dans Études franciscaines, 1933
  • Conradus dictus Probus de Tübingen, OFM, Bischof von Toul 1279-1296 (Conradus Eubel, Hierarchia Catholica medii aevi, 2. Aufl. Münster 1913ff. I, 502).
  • Konrad Eubel, Die Minoriten Heinrich Knoderer und Konrad Probus. In: Historisches Jahrbuch der Görresgesellschaft. Band 9, 1888, S. 393–449, 650–67
  • Schön, Bishof Konrad, gennant Probus , Tübingen, ap. Tübinger Blätter, X (1907).[[Catégorie:Personnage du XIIIe siècle]]
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