2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Frédéric Ozanam (bienheureux)

De Wikitau.

Antoine-Frédéric Ozanam (né le 23 avril 1813 de Jean-Antoine-François Ozanam et de Marie Nantas à Milan et décédé le 8 septembre 1853 à Marseille). Son père François fut enrôlé dans l'armée républicaine de l'an II par décret [1], puis médecin dans la cavalerie napoléonienne, et sa mère Marie était d'une très grande piété chrétienne.


Frédéric Ozanam (bienheureux)
Antoine-Frédéric Ozanam, docteur es-lettres, historien, professeur de littérature comparée à l'Université, écrivain et traducteur, fondateur des Conférences Saint Vincent de Paul
Antoine Frédéric Ozanam 23 avril 1813, Milan Italie
ordonné en 1839/40 écrits sur Dante 1846 voyage en Italie et à Assise


bienheureux Frédéric Ozanam 8/9 septembre

Frédéric Ozanam, fondateur de la Société Saint Vincent de Paul en 1833, ne pouvait ignorer le saint qui aima tant les pauvres jusqu'à vouloir leur ressembler en tout. Aux oeuvres de charité (fondées sur le principe très franciscain de l'aumône) Frédéric allia le talent d'historien, de professeur de littérature comparée et de traducteur, ainsi que de théoricien et d'homme politique.[2]

Sommaire

[modifier] De Dante à St François d'Assise

A la Sorbonne, Ozanam occupait la chaire de littérature étrangère : il commençait par la poésie du Moyen Âge en Allemagne et en Italie.

Ozanam commença par s'intéresser à Dante, qui était tertiaire franciscain et habitait à Ravenne face au couvent des frères mineurs. A 24 ans, il est l'un des meilleurs connaisseurs de Dante et de la Divine Comédie. En 1839, il soutient sa thèse de doctorat : Essai sur la philosophie de Dante. Il écrivit alors Dante et la Philosophie catholique au treizième siècle en 1840.

Il éprouva un choc en lisant la vie du Poverello. Cette influence le poussa à chercher les voies d'un christianisme fervent. C'est à Frédéric Ozanam qu'on doit en France la redécouverte de Saint François d'Assise.[3]. Il cite Saint François dès 1836, engage un ami à lire sa biographie en 1838, et découvre avec Amélie, les Fioretti en voyage de noces en 1840, au cours duquel il traduit à son épouse plusieurs d'entre elles. [4] Il composa un ouvrage sur la poésie franciscaine (de Jacopone de Todi notamment), Les poètes franciscains au XIIIe siècle après un second voyage en Italie et un passage à Assise en 1846, quelques années auparavant, publiés tout d'abord dans le journal Le Correspondant, avec quelques uns de ses souvenirs en Italie : « Il se peut, écrit-il [5], que je m'y sois arrêté outre mesure, et que j'y aie pris trop de plaisir, comme on s'attarde volontiers en voyage à quelque monastère qui n'était pas sur les routes fréquentées, et où l'on a trouvé des peintures ignorées des touristes ». Puis il traduisit ou fit traduire par son épouse Amélie, afin qu'elle approfondisse ses connaissances en italien, les Fioretti. Il écrivit en une préface :« Avec ces rares épis glanés dans le champ, où Muratori et ses successeurs ont si bien moissonné, dit-il, j'ai cueilli quelques fleurs de poésie, comme le liseron mêlé au blé mûr. » « Dans ces temps héroïques de l' ordre franciscain, on peut dire que la poésie est partout ».

Ozanam s'est aussi occupé du problème de la véritable attribution des poèmes rangés sous le nom de François d'Assise.

[modifier] Pauvreté et fraternité

Pour Frédéric Ozanam, né dans le contexte historique d'une république encore naissante, la figure du Poverello est indissociablement liée à celle du pauvre à secourir.

[modifier] La France dans la misère

Le Magasin Pittoresque 1844, visite des pauvres, Charles Girardet

La redécouverte de saint François d'Assise est un enjeu dans le XIXe siècle avec l'émergence de la misère de la classe ouvrière en France ainsi que dans le Paris post-révolutionnaire. Le fondateur des Conférences Saint Vincent de Paul (1833)[6] voit sans doute un modèle dans celui qui aimait les pauvres au point d'embrasser la pauvreté. « Que de fois, rappporte Frédéric Girard, il s'était entretenu avec son ami Ampère des dangers de la richesse et de l'excellence de la pauvreté! L'esprit de pauvreté qu'il avait respiré dans l'Évangile et retrouvé dans Saint François habitait en lui, quand il entraînait Ampère visiter les quartiers indigents. Ampère admirait les splendeurs de la civilisation matérielle ; Ozanam lui trouvait « un caractère dangereux, tentateur, satanique ». A l'égoïsme monstrueux des classes opulentes il opposait l'effort d'ascension des masses, toujours suspendu sur leurs têtes, comme une menace providentielle. En cet effort violent, parfois brutal, il voyait une aspiration vers la justice qu'il définissait « le sacrifice de chacun au profit de tous ». C'était ce sacrifice qu'enseignait la vie tout entière du fondateur de l'ordre franciscain. Ozanam aurait voulu écrire cette histoire qui n'était qu'une résurrection de la vie de l'Église primitive, image parfaite d'une république chrétienne. » [7].

[modifier] Liberté, égalité et fraternité

Ozanam écrit aussi à la veille de la révolution de 1848 sur le concept de liberté au sujet de François d'Assise  : « Mais cette vie, la plus dure qu'on pût concevoir, était aussi la plus libre et par conséquent la plus poétique. En effet, une seule chose enchaîne la liberté humaine : c'est la crainte, et, toute crainte se réduisant à celle de souffrir, rien n'arrêtait plus celui qui s'était fait de la souffrance une joie et une gloire» . Ses frères sont en effet, les petits, les anawim [8] et les ebionim [9]  : « François vivait dans la contemplation des idées éternelles, dans l'habitude du dévouement qui exalte toutes les facultés, dans un commerce familier avec la création, qui a des charmes plus vifs pour les simples et les petits». C'est en quelque sorte la fraternité entre frères mineurs, et l'égalité avec les plus pauvres : « Au fond la devise de la République: liberté, égalité, fraternité, c'est l'Evangile même».

[modifier] Le François de Frédéric Ozanam

Il n'est guère celui des peintres et des salons, mais celui des gens méprisés et des exclus. Dans les Poètes franciscains, il décrit ainsi Saint François, ami des pauvres autant que le Pauvre (poverello):

  • « En même temps que le pénitent d'Assise, dans la contemplation de la Croix, apprenait à aimer Dieu, il commençait aussi à aimer l'humanité, l'humanité crucifiée, dénuée, souffrante ; c'est pourquoi il se sentait poussé vers les lépreux, vers les misérables, vers tous ceux que le monde repousse... Dès lors il n'eut plus de paix jusqu'au jour où, en présence de son évêque, il se dépouilla publiquement des habits de sa condition pour prendre un manteau de mendiant. Les premiers qui le virent passer demi-nu, déchaussé, sur les places de cette ville dont il avait été l'ornement et l'orgueil, le réputaient pour un insensé, et lui jetaient de la boue et des pierres. Et cependant, en se faisant pauvre, en fondant un Ordre nouveau de pauvres comme lui, il honorait la pauvreté, c'est-à-dire la plus méprisée et la plus générale des conditions humaines. Il montrait qu'on y peut trouver la paix la dignité, le bonheur. Il calmait ainsi les ressentiments des classes indigentes, il les réconciliait avec les riches, qu'elles apprenaient à ne plus envier. Il apaisait cette vieille guerre de ceux qui ne possèdent pas contre ceux qui possèdent, et raffermissait les liens déjà relâchés de la société chrétienne. En sorte qu'il n'y eut pas de politique plus profonde que celle de cet insensé » .

[modifier] Une doctrine évangélique

Oscar Gustav Rejlander, circa 1860, Homeless, Night in town

Il écrit :: "Les pauvres, nous les voyons des yeux de la chair. Ils sont là. Nous pouvons mettre le doigt et la main dans leurs plaies, et les traces de la couronne d'épines sont visibles sur leurs fronts. Nous devrions tomber à leurs pieds et leur dire avec l'Apôtre : "Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu ! Vous êtes nos maîtres et nous serons vos serviteurs". La révolution avait laissé Paris dans la misère. Pour être sauvé, il ne suffit plus de voir "avec les yeux de la chair" le corps de Jésus dans l'eucharistie, selon les termes même de la règle de Saint François (" Chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Comme il apparut aux saints Apôtres avec sa chair véritable, ainsi se montre-t-il à nous maintenant dans le pain consacré. Les Apôtres, quand ils le regardaient avec leur regard de chair, ne voyaient que sa chair ; mais ils croyaient qu’il était Dieu, lorsqu’ils le contemplent avec les yeux de l’esprit. Nous aussi, lorsque de nos yeux de chair, nous voyons le pain et le vin, sachons voir et croire fermement que nous avons là le Corps et le Sang très saints du Seigneur vivant et vrai. C’est ainsi que le Seigneur est toujours avec ses disciples, comme lui-même l’a dit : voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. ( Math. 28,20.) ( Admonitions.1.p.89) ) mais aussi voir le corps de Jésus dans celui des pauvres suivant le même procédé, comme les premiers chrétiens le demandaient, en liant la communion à la Sainte Table et l'aide envers les pauvres : voir Jésus dans le pauvre : [10].

[modifier] Le voyage en Italie

Sa réception à Assise par les frères mineurs n'est pas prouvée, mais en 1846, lorsqu'il fut atteint par la maladie il fit un séjour en Italie, où il rencontra deux fois le Pape Pie IX et visita l'Ombrie: dans ses lettres, il est intarissable dans ses descriptions et commentaires sur les églises d'Assise et recueille à l'occasion les matériaux de son ouvrage sur la poésie franciscaine au XIIIe siècle [11]. Dans la préface des Poètes franciscains en Italie , il décrit de manière extrêmement poétique, son séjour d'une journée à Assise : « J'ai passé un jour trop court pour moi dans la vieille cité d'Assise. J'y ai trouvé la mémoire du saint aussi présente que s'il venait de mourir hier, et de laisser à sa patrie la bénédiction qu'on lit encore sur la porte de la ville. On m'a montré le lieu de sa naissance, et la chapelle où son cœur disputé se rendit à Dieu. On m'a fait voir le buisson d'épines qui se couvrit de roses quand François s'y précipita dans l'ardeur de sa pénitence. J'y ai reconnu l'image de cette langue italienne encore tout inculte et tout épineuse, qui n'eut besoin que d'être touchée par l'ascétisme catholique pour germer et fleurir. Enfin, je me suis agenouillé au saint tombeau, sous cette voûte d'azur étoilée d'or qui le couronne, et qui fut le premier ciel où la peinture renaissante essaya son vol. C'est là qu'acheva de se préciser la pensée de ce petit livre. Tout mon dessein se déroulait dans les réflexions suivantes qui m'accompagnaient au sortir d'Assise, à mesure que je voyais fuir les blanches murailles du Sagro-Convento, la ville qui dort sous sa garde, et le coteau qu'elle domine, doré des derniers rayons du soleil .»

Il redécouvre à l'occasion de ce voyage les Fioretti, avec son épouse Amélie : «Nous éprouvions, Amélie et moi, une consolation infinie à nous rappeler ainsi, sur les lieux mêmes, tout ce que nous avions lu dans le charmant livre des Fioretti, à admirer ces peintures des vieux maîtres, toutes pleines de foi et de pureté, à prier, pour nous et pour les nôtres, des Saints si bons et si puissants. Nous avons tâché de vous rapporter quelque souvenir d'Assise, quelques feuilles des rosiers miraculeux, un peu de poussière de la tombe sacrée, quelques images bien grossières, mais qu'on distribue aux pauvres pèlerins italiens, et qui font faire des prières plus ferventes que les plus beaux tableaux de nos expositions» [12]

Il est affilié six ans plus tard, en 1853, à l'Ordre franciscain séculier de Saint François à la suite d'une lettre qu'il reçut du Ministre Général, peu de temps avant sa mort, et il en parla avec fierté: « Le Père Général me met au nombre des bienfaiteurs de la Famille Franciscaine et m'associe aux mérites des Frères Mineurs qui travaillent et prient par tout le monde, ce n'est pas le moins touchant de mes titres. » C'était quelques semaines avant sa mort.

Frédéric Ozanam a été béatifié le 22 août 1997 à Notre-Dame de Paris par le pape Jean-Paul II après un long procès commencé en 1924. Sa fête a été fixée le 9 septembre, lendemain de l'anniversaire de sa mort, le 8 septembre 1853, qui tombait le jour de la Nativité de la Vierge. Biographie : < wikipedia >

[modifier] Chronologiquement :

  • 1830: Révolution de Juillet 1830 (Trois Glorieuses).
  • 1833 : Fondation des Conférences Saint Vincent de Paul
  • Victor Hugo écrit en 1834 Claude Gueux. En 1845, il entreprend une grande fresque épique qu'il intitule d'abord Les Misères, roman achevé en sous le titre Les Misérables, à Guernesey en 1860 publié en 1862.
  • En 1844 naît Bernadette Soubiroux à Lourdes, choisie en 1858 par la Vierge parce que la plus pauvre.
  • En 1846, la Vierge de La Salette apparait à Mélanie Calvat, qui assise sur le gazon, « fait conversation avec les petites fleurs du Bon Dieu ».
  • 1848: Révolution de 1848 et barricades, à Paris.

[modifier] Bibliographie

  • Abbé Galopin.- Notice sur Frédéric Ozanam, Essai de bibliographie chronologique sur Antoine-Frédéric Ozanam (1813-1853)
  • P. Jean-Joseph OFM cap.- Frédéric OZANAM est-il tertiaire? .-in Rev. Sac. du T. 0., 1933, t. XII, p. 267-271
  • PORTIER, Lucienne, Francesco d'Assisi e Frédéric Ozanam : Problemi storici e letterari . - Pérouse, Centro di Studi Francescani, 1983. - 16 p.
  • {Pdf} LAVERGNIER, Matthieu.- Ozanam et Assise: Genèse d'un regard romantique sur le Moyen-Age .- Etudes Franciscaines, 2008.-fascicule 1-2 pages 89-111
  • [1] CHOLVY, Gérard, Frédéric Ozanam: (1813-1853) : l'engagement d'un intellectuel catholique au XIXe siècle.- Fayard:2004
  • [2] GOBRY, Yvan.- Frédéric Ozanam ou la foi opérante
  • [3] Frédéric Ozanam: Une pensée par jour''
  • [4] VINCENT, Marcel .-Ozanam: une jeunesse romantique, 1813-1833.-Médiapaul:1994
  • Frédéric Ozanam (1813-1853) Un universitaire chrétien face à la modernité

[modifier] Liens externes

[modifier] Ses Œuvres

Les oeuvres complètes de Frédéric Ozanam sont numrisées sur Gallica.

[modifier] Notes et références

  1. Sous peine de mort
  2. Cette notice ne prétend pas être une "biographie" du bienheureux, qu'on trouvera en abondance sur le net, par exemple sur le site www.archive.org ainsi que ses écrits, numérisés en intégralité par la BnF, et disponibles sur Gallica, mais voudrait faire le point sur ses liens avec François d'Assise et le franciscanisme.
  3. Un catholique romantique : Frédéric Ozanam , Henri Girard
  4. LAVERGNIER, Matthieu.- Ozanam et Assise: Genèse d'un regard romantique sur le Moyen-Age .- Etudes Franciscaines, 2008.-fascicule 1-2 pages 89-111 - lien hypertexte en bibliographie, (texte et documents), à lire absolument pour approfondir le thème de Fréderic Ozanam et saint François d'Assise
  5. Lettre au Comte de Champagny, Paris, 14 février 1851.
  6. En 1833, avec un groupe de sept amis, Paul Lamarche, Félix Clavé, Auguste Le Taillandier, Jules Devaux et François Lallier, tous étudiants, il fonde à Paris la Société de saint Vincent de Paul, qui est mise sous le patronage de ce dernier. Le plus âgé du groupe est Emmanuel Bailly, 39 ans, Frédéric est l’un des plus jeunes, il a vingt ans. Quand le groupe décide d’aller à la rencontre des Pauvres, Emmanuel Bailly les dirige vers Sœur Rosalie Rendu, une Fille de la Charité zélée dans son service des malheureux du quartier Mouffetard. Les Conférences mettent l’accent sur la visite à domicile des pauvres, sur la relation directe avec ceux qui souffrent
  7. Un catholique romantique : Frédéric Ozanam, Henri Girard, page 148 (145-151 )
  8. Les simples et les humbles, et spirituellement pauvres
  9. Ceux qui sont matériellement pauvres
  10. Catéchisme de l'Église Catholique 1397 L’Eucharistie engage envers les pauvres : Pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître le Christ dans les plus pauvres, Ses frères (cf. Mt 25, 40) : Tu as goûté au sang du Seigneur et tu ne reconnais pas même ton frère. Tu déshonores cette table même, en ne jugeant pas digne de partager ta nourriture celui qui a été jugé digne de prendre part à cette table. Dieu t’a libéré de tous tes péchés et t’y a invité. Et toi, pas même alors, tu n’es devenu plus miséricordieux (S. Jean Chrysostome, hom. in 1 Cor. 27, 4 : PG 61, 229-230).
  11. Ivan Gobry Frédéric Ozanam ou la foi opérante
  12. Florence, Lettre du 29 avril 1847 dans : Lettres de Frédéric Ozanam, 2: 1831-1853
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