Pour lutter contre des attaques de robots, la création de nouveau comptes est momentanément suspendue. Veuillez nous en excuser.
Vous pouvez formuler votre demande de création de compte sur la page de discussion de frère Vincent
François d’Assise (saint)
De Wikitau.
Saint François est né à la fin du XIIe siècle dans la ville d’Assise (Italie). Il est le fondateur de l’Ordre des frères mineurs et plus largement est à l’origine de la Famille franciscaine. Sa vie spirituelle, simple et originale, qui allie la prière, la pauvreté, l'évangélisation, le respect de la création, en fait un personnage universellement apprécié.
[modifier] La Vie de saint François
[modifier] Jean Bernardone alias François d’Assise
La Vie de saint François, 1181-1226
De son nom de baptême, Jean Bernardone, François naît dans une famille bourgeoise d’Assise en 1181. Son père, Pietro di Bernardone Moricone, un riche drapier, fait du commerce internationnal de tissus. Il aime particulièrement la France. Aussi, son fils étant né pendant un de ses nombreux voyages et baptisé sous le nom de Jean, le père déclare qu'il s'appellera Francesco, le "petit français". Sa mère, Dame Pica est probablement d’origine provençale ou française. François meurt en 1226, à l’âge de 44 ans. Une vie relativement courte mais qui a décidément marqué l’histoire, l’Église, et la conscience occidentale.
[modifier] Une jeunesse tourmentée
François a 16 ans quand sa ville se soulève contre les nobles, vassaux de l’Empereur. Il a 18 ans quand Assise se proclame 'commune libre', et il participe aux combats, à la démolition de la forteresse (la Rocca), et à la construction d’une enceinte fortifiée pour la ville. Il a 20 ans quand la ville d’Assise déclare la guerre à sa rivale Pérouse, cité pontificale. Il est fait prisonnier et passe 2 ans en captivité dans les geôles de Pérouse, mais malade, il est libéré. Il mène la vie d'un jeune et riche bourgeois, aimant les fêtes et la compagnie des jeunes gens et jeunes filles de son âge et de son milieu.
En 1205, dans l’espoir d’accomplir des hauts faits militaires (- c’est un lecteur passionné des romans de chevalerie -), il s’équipe richement et veut rejoindre Gauthier de Brienne, mercenaire du Pape, pour une expédition dans les Pouilles.
[modifier] Processus de conversion, à partir de 1205
- A peine arrivé à Spolète, à quelques kms d’Assise, il fait un songe qui l’invite à renoncer à la gloire des armes pour servir le Christ. Retour à Assise, et commencement d’un lent processus de conversion dont voici les étapes : + - * Prière assidue et recherche de la solitude, - * Amour pour les pauvres et fréquentation des lépreux, les exclus par excellence. François lui-même, dans son Testament, date sa conversion de la fréquentation des lépreux : "J’exerçais la miséricorde à leur égard, puis j’attendis peu et je sortis du siècle...". Il quitte le monde, se retire dans une chapelle des environs d’Assise, chapelle Saint-Damien, et là il jouit d’une vision : le Christ peint au-dessus de l’autel s’anime et lui parle : "François va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines...".(cf Croix de Saint-Damien). L’événement de Saint-Damien est pour François une expérience décisive conjuguée avec l’expérience du Christ-souffrant dans les pauvres et les exclus. Tous les biographes de François, à commencer par ses compagnons les plus proches, situent dans cette expérience le commencement de l’itinéraire christique de François, qui le conduira à la vision de l’Alverne où le Crucifié le marquera des stigmates de la Passion : - "A partir de ce jour, son cœur fut si frappé et si profondément meurtri au souvenir de la Passion du Seigneur que, tout le reste de sa vie, il garda en son âme la mémoire des stigmates du Seigneur Jésus"
[modifier] La fondation d’une nouvelle famille religieuse
Dès que François a réuni quelques compagnons, il se soucie de faire approuver son mouvement par le Pape Innocent III (1209). Cela lui semble indispensable, bien qu’il ne s’agisse pas encore de la fondation d’un Ordre religieux, mais il faut se démarquer de tous les groupes de laïcs qui prétendent faire un retour à l’Évangile, tout en critiquant très vivement l’Église-cléricale de ce temps. Après la réforme cistercienne du XIIè siècle, et l’application de la réforme dite “grégorienne” (Grégoire VII) du clergé, l’Église, qui a déjà 13 siècles d’existence, a tendance à se considérer comme bien vieille, tandis que des courants millénaristes et eschatologiques rencontrent la faveur de nombreux contestataires. On comprend que dans ce contexte, François a besoin d’une approbation ecclésiale. Les papes précédents, et Innocent III lui-même ont déjà fulminés des interdits contre les mouvements évangéliques que nous avons évoqués et dont quelques-uns n’ont pas hésité à braver l’excommunication et à se situer carrément en rupture ouverte, voire en rébellion contre l’Église. L’hérésie cathare, dans le midi de la France et l’Italie du Nord se confond parfois avec ces mouvements, ou les récupère.
[modifier] La rencontre avec le pape Innocent III
- Dès son arrivée à Rome, au Palais du Latran, François et ses frères sont repoussés, par l’entourage ecclésiastique du Pape. Mais grâce à la bienveillance d’un cardinal, François peut approcher le Pontife et faire entendre son projet de vie évangélique. La première réaction du pape et des cardinaux est totalement négative. François propose de vivre en fraternité, ayant pour seule Règle l’Évangile, et faisant obligation d’observer la béatitude de la pauvreté. Le Cardinal de Saint-Jean fait remarquer au pape que s’il trouve que ce genre de vie est impossible, il disqualifie l’Évangile. La légende veut que durant la nuit suivante, le Pape voit en songe la cathédrale du Latran qui s’écroule, et qu’un petit homme, semblable à François vient la redresser. Il approuve donc verbalement le nouveau genre de vie. Plus tard, en 1215, lors du Concile œcuménique du Latran, dont l’un des thèmes est la réforme de l’Église, le concile souhaite limiter le nombre des Ordres religieux en obligeant les nouveaux fondateurs à s’inspirer des règles déjà existantes. Mais on fait exception pour celle des Frères Mineurs antérieurement approuvée par Innocent III. La Règle des Frères Mineurs est promulguée par de son successeur, Honorius III. (bulle Solet annuere…)
[modifier] Gestes, attitudes, paroles de François qui initient un renouveau évangélique
Le succès de la nouvelle “Fraternité évangélique” est foudroyant. François donne le nom de Frères mineurs à ses Frères.- En 1217, on compte déjà près de 5000 frères. Ils seront plus de 35.000 à la fin du XIIIe siècle.
Les raisons de ce succès ? - Tout d’abord, le charisme du fondateur. Un homme issu de la nouvelle classe de la société urbaine, tournant le dos aux catégories sociales du passé, dans une société et une Église qui sont l’une et l’autre ultra-hiérarchisées, ultra-formalisées dans des cadres juridiques très stricts. François apporte un vent de liberté, de créativité, de dépouillement, de générosité, de fraternité, de spontanéité, dans un monde rigide, cloisonné, austère, dominé par les “puissants”. Ses biographes du XIIIe siècle, comme les louanges que lui décernera l’Église officielle lors de sa canonisation, parlent continuellement de nouveauté et de renouveau : Un homme nouveau, qui apporte une nouvelle manière de vivre l’Évangile, crée un nouvel Ordre religieux, dans des lois inédites jusqu’ici, annonçant un nouvel âge pour une Église déjà vieillie.
[modifier] François en Orient : la rencontre du Sultan
En 1219, François part pour l’Orient, dans l’idée de risquer le martyr, de visiter les Lieux saints, d’être présent auprès des « croisés ». Mais en fait il est vite déçu par l’attitude guerrière et l’absence de références évangéliques de l’armée des chrétiens, et il conçoit le projet fou d’annoncer l’Évangile au Sultan. Il réussit à rencontrer le Sultan ayyoubide d’Égypte, Melek-el-Kamil, un humaniste, soucieux de comprendre ses adversaires. François l’aborde en toute simplicité et réussit à revenir sain et sauf d’une aventure qui aurait dû lui coûter la vie. Si rocambolesque que paraisse cet épisode, il est parfaitement attesté au plan historique, dans les biographies de François et, en dehors de l’Ordre franciscain, dans les chroniques contemporaines de l’événement. Cette rencontre pacifique avec l’ennemi des chrétiens marque un changement décisif dans l’attitude de la chrétienté vis-à-vis des infidèles. Vingt cinq ans après, le Pape Innocent IV, lors du 1er Concile de Lyon (1245), donne mission aux frères Prêcheurs et Mineurs de porter pacifiquement l’Évangile aux Musulmans et aux Mongols.
[modifier] François, le Mystique
Aux yeux de ses contemporains, François apparaît comme un homme de prière, (Cf.La prière de saint François). D’une prière à la fois traditionnelle et rénovée, fondée sur l’Écriture Sainte et sur la Liturgie, mais aussi, prière de familiarité avec Dieu, de simplicité, d’émerveillement, d'action de grâces. Il contemple le Mystère du Christ, l’amour de Dieu manifesté dans la création et surtout dans le Salut. La Passion de Jésus est contemplée comme la preuve suprême de l’amour et de la bonté de Dieu pour les pécheurs. François accède à une compassion telle que son corps sera marqué des stigmates du Christ. Il est le premier stigmatisé connu dans l’histoire, mais surtout le seul que l’Église glorifie comme tel, au point d’établir une fête liturgique de la stigmatisation de François d’Assise (le 17 septembre).
Quand François meurt, dépouillé de tout, entouré par ses frères qui lui lisent le récit de l’Institution eucharistique, il est déjà considéré comme un saint, et beaucoup sont au courant du miracle des stigmates, survenu 2 ans plus tôt, (cf. stigmates de saint François). A commencer par le Cardinal Hugolin, son ami, qui devenu Pape s’empresse de le canoniser. Mort le 4 octobre 1226, il est canonisé 18 mois plus tard, le 16 juillet 1228, par le Pape Grégoire IX, bulle Mira circa nos. Et la rapide expansion de sa famille religieuse contribue à diffuser ses idées et à en imprégner l’Église tout entière.
[modifier] Les Ecrits de saint François
Cf le lien : Écrits de saint François
[modifier] Bibliographie
[modifier] De François d'Assise
- Saint François d'Assise. Documents, Écrits de François et premières biographies rassemblés par les Pères Théophile Desbonnets et Damien Vorreux, OFM, Les Éditions Franciscaines, 1968; 3e éd. 2002, 1504 p. ISBN 2-85020-113-8.
- François d'Assise, Ecrits, Vies, Témoignages, édition du VIII° centenaire, sous la direction de Jacques Dalarun, 2 tomes, 3420 pages. Co-édition Le Cerf et Editions Franciscaines, Paris, 2009-2010.
[modifier] Sur François d'Assise
- Stan Rougier, Saint François d'Assise ou la puissance de l'amour, biographie, Éd. A. Michel, Paris, 2009,
- Omer Englebert, Vie de Saint François d'Assise, biographie, Éd. A. Michel, Paris, 1946, («Les grands spirituels »), nouvelle édition revue et corrigée, 1957. Rééd. Éd. Albin Michel, Paris, 1982.
- André Vauchez, François d'Assises, Fayard, 2009.
- Raoul Manselli, François d'Assise, Le Cerf-Les Éditions Franciscaines, 2004.
- Jacques Le Goff, Saint François d'Assise, Gallimard, 1999 ISBN 978-2070756247
- Frère Théophile Desbonnets, Assise et les ermitages. Sur les pas de saint François : Guide spirituel, Les Éditions Franciscaines, 1994 (4e éd.), 159 p. [guide des lieux visités par saint François à travers les témoignages d'époque] ISBN 2-85020-046-8.
- Julien Green, Frère François, Éditions du Seuil 1983; rééd. en 2005 ISBN 2-02-084318-8.
- Chiara Frugoni, La vie de saint François d'Assise, Editions Noesis, 1997.
- Nikos Kazenzakis, Le pauvre d'Assise, Plon, 1957.
- François Delmas-Goyon, François d'Assise : le Frère de toute créature, Collection "Parole et Silence", Collège des Bernardins, Paris, 2009.

