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Jeûne de Saint François
De Wikitau.
Le Jeûne de quarante jours initial est celui de Jésus-Christ, unique modèle de saint François, le Verbe fait chair, lorsqu'il partit au désert, après son Baptême dans le Jourdain : "Jésus, rempli de l'Esprit-Saint, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert, pendant quarante jours tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ils furent passés, il eut faim. Le diable lui dit : " Si vous êtes le fils de Dieu, dites à cette pierre qu'elle devienne du pain. Jésus lui répondit : " Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain" (Luc, 4)
"Tous les saints nous conseillent d'accompagner nos bonnes prières de bonnes œuvres de miséricorde, particulièrement du jeûne et de l'aumône qui sont comme les deux ailes de la prière. C'est ce qui explique le conseil donné par l'Ange à Tobie: « Mieux vaut à l'homme la prière accompagnée du jeûne et de l'aumône que des montagnes d'or. » ( Tob., x15, 8). Le jeûne est surtout nécessaire à la prière, parce que, si nous déchargeons le corps du poids des provisions, l'esprit demeure plus apte à prendre son essor vers le ciel. C'est l'expérience qui nous prouve que quand le héron sent le faucon, pour lui échapper au plus haut des airs, il s'efforce de débarrasser son estomac pour être libre et plus léger." (Louis de Grenade)
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[modifier] Jeûne de Saint François
- Deux ans avant sa mort, saint François s'était retiré dans la Toscane avec cinq de ses Frères, sur le mont Alverne, dans une grotte, afin d'y célébrer l'Assomption de la Très Sainte Vierge et préparer la fête de l'archange saint Michel par quarante jours de jeûne[1]. Saint François jeûna donc quarante jours avant de recevoir les stigmates, c'est à dire autant que Jésus Christ lorsqu'il jeûna 40 jours au désert reçus la 14° semaine de son Carême, le jour de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, le 14 septembre 1182. Il jeûna aussi quarante jours sur le lac Trasimène [2] à côté de Pérouse, il jeûna aussi dans les grottes du Mont Alverne lorsque frère Léon lui
apportait du pain, et lorsqu'il écrivit sa Règle définitive pendant quarante jours aussi, accompagné de Frère Léon et Frère Bonizo, pour écrire en suivant les inspirations du Saint Esprit, dans l' ermitage de Fonte-Colombo [1] [3]. Il jeûnait aussi en temps d'Epiphanie et surtout de Quadragésime (notre Carême).
- Le jeûne en usage dans les églises était la xerophagie, la nourriture de pain et d'eau et de fruits secs : Saint François jeûnait de manière différente, avec simplement du pain et parfois sans pain.
Le jeûne de Saint François était selon la légende des Fioretti, qui rapporte qu'il resta quarante jours en ne mangeant que la moitié d'un pain, aussi de s'abstenir de cet aliment de base, le pain lui étant donné en aumônes les jours ordinaires: c'était un jeûne absolument total, identique à celui du Christ, qui refusa de transformer les pierres en pain. C'était aussi comme on ne voit dans la Règle un jeûne conforme aux demandes du prophète Isaïe [4] de s'abstenir de paroles mauvaises, de gestes de violence ou agressifs, et d'orgueil et non un jeûne hypocrite, il demandait la conversion du cœur.
Le jeûne pour Saint François est aussi l'occasion de respecter les animaux qu'il aimait tant suivant le conseil de Saint Basile dans son Homélie sur le jeûne: lorsque tu jeûnes, aucun animal n'a a déplorer son trépas.
[modifier] Le jeûne "ordinaire " de Saint François
L'admirable serviteur et imitateur du Christ, messire saint François, pour se conformer parfaitement au Christ en toute chose, qui, selon ce que dit l'Évangile, envoya ses disciples deux à deux dans toutes les villes et tous les lieux où il devait aller; après qu'il eut, à l'exemple du Christ, réuni douze compagnons, les envoya par le monde prêcher deux à deux. Et pour leur donner l'exemple de la vraie obéissance, il commença d'abord par aller lui-même, à l'exemple du Christ, qui commença d'agir avant d'enseigner. D'où, ayant assigné aux compagnons les autres parties du monde, lui, prenant frère Massée pour compagnon, s'achemina vers la province de France. Parvenant un jour, très affamés, dans un pays, ils allèrent selon la Règle, mendiant du pain pour l'amour de Dieu. Et saint François alla par un quartier et frère Massée par un autre. Mais parce que saint François était un homme d'aspect trop méprisable et petit de taille, parce qu'il était réputé un vil petit pauvre de qui ne le connaissait pas, il ne put mendier que quelques bouchées et petits morceaux de pain sec. Mais à frère Massée, parce qu'il était beau et grand de taille, furent donnés beaucoup de bons et grands morceaux, et du pain entier. Après qu'ils eurent mendié, ils se rejoignirent, pour manger, hors du village dans un lieu où était une belle source, et à côté il y avait une belle pierre large, sur laquelle chacun posa les aumônes qu'il avait mendiées. Et saint François, voyant que les morceaux de pain de frère Massée étaient plus nombreux et plus beaux et plus grands que les siens, témoigna d'une très grande allégresse et dit: "Ô frère Massée, nous ne sommes pas dignes d'un aussi grand trésor". Et comme il répétait plusieurs fois ces paroles, frère Massée répondit: "Père bien-aimé, comment peut-on parler de trésor, là où il y a tant de pauvreté, et où font défaut tant de choses nécessaires? Ici, il n'y a ni nappe, ni couteau, ni hachoir, ni écuelle, ni maison, ni table, ni valet, ni servante". Saint François dit alors: "C'est bien cela que j'estime un grand trésor, qu'il n'y ait rien de préparé par l'industrie humaine; mais ce qui est ici, est préparé par la divine providence comme on le voit manifestement dans le pain mendié, dans la table de pierre, si belle, et dans la source si claire. Et pour cela je veux que nous priions Dieu qu'il nous fasse aimer de tout notre cœur le trésor si noble de la pauvreté, qui a Dieu pour serviteur". Et ces paroles dites et l'oraison faite et prise la réfection corporelle de ces morceaux de pain et de cette eau, ils se levèrent pour s'acheminer vers la France (Fioretti 13)
[modifier] Le jeûne extraordinaire de Pérouse
Le véritable serviteur du Christ messire saint François, parce qu'en certaines choses il fut presque un autre Christ, donné au monde pour le salut des hommes, Dieu le Père voulut le rendre, en beaucoup d'actes, conforme et semblable à son Fils Jésus-Christ; comme il est démontré dans le vénérable collège des douze compagnons, dans l'admirable mystère des sacrés stigmates et dans le jeûne continuel de la sainte quarantaine, qu'il fit de cette façon.
Saint François étant une fois, le jour du carnaval, à côté du lac de Pérouse, dans la maison d'un de ses dévots chez qui il avait logé la nuit, fut inspiré de Dieu d'aller faire ce Carême dans une île dudit lac. C'est pourquoi saint François pria ce sien dévot, que, pour l'amour du Christ, il le portât sur sa nacelle dans une île du lac où personne n'habitait et que cela, il le fit la nuit du jour des Cendres, afin que personne ne s'en aperçût. Et celui-ci, à cause de la grande dévotion qu'il avait envers saint François, accomplit promptement ce qu'il demandait et le passa à ladite île. Et saint François n'emporta avec lui que deux petits pains. Et étant arrivés dans l'île, comme l'ami s'en allait pour retourner chez lui, saint François le pria avec affection qu'il ne révélât à personne comment il était venu en ce lieu, et qu'il ne revînt vers lui que le Jeudi-Saint. Celui-là partit, et saint François demeura seul.
Comme il n 'y avait aucune habitation dans laquelle il pût se retirer, il entra dans un taillis très touffu et resserré, où beaucoup de ronces et de petits arbres avaient formé une sorte de petite cabane ou une espèce de tanière. Et en ce lieu il se mit en oraison, et à contempler les choses célestes. Et il demeura en ce lieu tout le Carême sans manger et sans boire rien d'autre que la moitié d'un de ces petits pains, selon que le trouvât ce sien dévot le Jeudi-Saint, quand il retourna vers lui. Des deux petits pains, il retrouva l'un entier et la moitié de l'autre. L'autre moitié, on croit que saint François la mangea par respect pour le jeûne du Christ béni, qui jeûna quarante jours et quarante nuits sans prendre aucune nourriture matérielle. Et ainsi avec cette moitié de pain il chassa loin de lui le venin de la vaine gloire et à l'exemple du Christ jeûna quarante jours et quarante nuits. Puis en cette île où saint François avait fait une si merveilleuse abstinence, Dieu fit, par ses mérites, beaucoup de miracles. Pour cela, les gens commencèrent à y édifier des maisons et à y habiter; et en peu de temps, il s'y fit un bon et grand bourg; et là est le couvent des frères, qui s'appelle le couvent de l'île, par respect pour saint François. Et les hommes et les femmes de ce bourg ont encore grand respect et dévotion pour ce lieu où saint François fit ladite quarantaine (Fioretti 7)
[modifier] Jeûne dans la Règle franciscaine
Saint François relie le jeûne des Frères Mineurs à la Parole de Dieu, les sept Béatitudes :
"On jeûnera depuis la Toussaint jusqu'à la Noël. Ceux qui sanctifieront volontairement par le jeûne la sainte quarantaine qui commence au jour de l' Epiphanie, quarantaine que Notre-Seigneur a consacrée par son jeûne, recevront de Dieu des bénédictions toutes particulières, mais personne ne peut y être obligé; tous observeront le jeûne du carême. En autre temps on ne sera tenu au jeûne que le vendredi. En cas d'impossibilité évidente, les frères ne sont pas obligés au jeûne corporel. Je recommande tout spécialement aux frères en Notre-Seigneur, quand ils vont dans le monde, de ne pas discuter, de ne pas élever la voix, de ne pas juger les autres, mais d'être doux, pacifiques, modestes, affables, humbles, enfin de parler honnêtement à tous, ainsi qu'il convient. "
"Un pécheur, disait saint François, peut jeûner, faire de longues prières, pleurer et macérer son corps, sans quitter véritablement son crime et sans devenir agréable à Dieu" [6]
[modifier] Fançois dispense du jeûne un frère malade
« Une nuit que les autres dormaient, un frère épuisé par les jeûnes se mit à crier : « je meurs, frères, je meurs de faim ! » Sur le champ, l'excellent pasteur se lève et se hâte d'administrer à la petite brebis malade, le remède qui lui convenait. Il fait dresser une table chargée de mets appétissants, mais rustiques, et sur laquelle, comme presque toujours, l'eau remplaçait le vin, il se met lui-même à manger le premier et, dans la crainte que le frère n'éprouvât de la honte, il invita les autres à ces agapes de charité. On prit ce repas dans la crainte de Dieu et, pour que rien ne manquât à cette œuvre charitable, le Père proposa à ses fils une longue parabole sur la vertu de discrétion. » (Thomas de Celano, Vita Secunda )
[modifier] Notes et références
- ↑ Abbé Jaud
- ↑ http://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Trasim%C3%A8ne
- ↑ http://it.wikipedia.org/wiki/Santuario_di_Fonte_Colombo
- ↑ http://www.biblia-cerf.com/BJ/is58.html
- ↑ Le Carême de septembre était autrefois appellé carême de l'équinoxe.
- ↑ Dicebat Fratribus : De omni Eo quod peccator potest, nemo debet sibi iniquo applausu blandiri. Peccator jejunare potest:orare, plangere, carnem suam macerare (St Bonav. Leg. 6)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
[modifier] Bibliographie
- SULLIVAN, Jordan Joseph o.f.m.cap .- Fast and abstinence in the First Order of saint Francis : a historical synopsis and a commentary .- Washington : The catholic university of America press, 1957. - XIII-129 p. .
- MUDDIMAN, J.B.- Jesus and fasting : Mark II, 18-22. : Extr. de : Jésus aux origines de la christologie. -. Gembloux : J. Duculot ; Leuven : University Press, 1975. -, p. 271-281. -

