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Jean Boucher

De Wikitau.

Jean Boucher - (vers 15581631) –

Frère mineur observant, prêtre, prédicateur célèbre, auteur d’un « best-seller » : Bouquet sacré composé des plus belles fleurs de la Terre sainte, et d’autres écrits remarquables.


Sommaire

[modifier] Sa vie

On ignore la date exacte de naissance de Jean Boucher. Un chroniqueur du XVIIIe siècle dit qu’il fit profession en 1578, au couvent des Cordeliers du Mans.- Le 6 juin 1609, on sait qu’il prononça l’éloge funèbre d’un seigneur Eméry de Barbezières, qui fut édité par ses soins. Dans d’autres écrits, il dit avoir prêché à Châtellerault, Niort, St-Jean-d’Angely, Thouars, Le Mans, Poitiers, Angers et Rennes. C’était donc un prédicateur estimé et recherché. En 1610, il est envoyé à Venise où il passe une année, puis le ministre général projette de l’envoyer enseigner la théologie dans l’île de Candie (Crète), mais l’ambassadeur du roi de France s’oppose à ce projet et veut conserver Jean Boucher à son service comme prédicateur et confesseur.

Le 5 août 1611, il accompagne un consul de Venise, Marco Paruta, pour un voyage en Égypte où il prêche à Alexandrie, pour une cinquantaine de marchands français et italiens, et au Caire pendant six semaines ; puis de là se rend en Terre-sainte, profitant d’une caravane, à travers le désert du Sinaï. Il arrive à Jérusalem le 9 novembre 1611, assez fatigué – (il avait déjà 53 ans).- Il visite les lieux saints avec l’assistance des franciscains. Il prêche l’Avent au couvent Saint-Sauveur de Jérusalem, et célèbre la Nativité à Bethléem. Il prêche aussi le carême de 1612 au couvent Saint-Sauveur, et la semaine sainte, dans les différents sanctuaires qui commémorent la Passion de Jésus-Christ. Après les fêtes de Pâques, le 30 avril 1612, il quitte Jérusalem et retourne en France, par le Liban, et l’Italie. - Il en profite pour parfaire ses pèlerinages, en visitant Naples, Rome, Assise, Lorette , enfin en Provence, la Sainte-Baume pour vénérer Marie-Madeleine. – Dès son retour au Mans, il se met aussitôt au travail pour rédiger son « chef-d’œuvre », le « Bouquet sacré composé des plus belles fleurs de la Terre sainte », imprimé au Mans, en 1614.

De 1612 à 1618, il est gardien (= responsable) du couvent du Mans. Il dût quitter, ensuite, cette ville, ayant été victime d’une calomnie qui lui attribuait la diffusion d’un roman licencieux. Ce dont il dut se défendre auprès du Cardinal de Retz. En 1619, il se trouve à Paris, pour une nouvelle période de prédications, tant dans le Grand couvent des Cordeliers de Paris, que dans d’autres églises parisiennes. Il fréquente alors de grands personnages, dont le Président du Parlement de Paris qui va patronner la publication de ses sermons, « avec le privilège du Roi ». Il écrit aussi divers traités comme ses Œuvres spirituelles, dédiées à la duchesse de Luynes (1621). Enfin il publie une grosse somme d’apologétique Triomphe de la religion chrétienne (1628). Après un dernier carême, il meurt à Paris, en 1633.


[modifier] Le Bouquet sacré…

Ce livre a rendu très célèbre son auteur. - Madame Marie-Christine Gomez-Géraud qui l’a réédité récemment (2008), en édition moderne, préfacée et annotée, et à qui nous devons l’essentiel de cette notice, a compté 14 éditions du livre, du vivant de Jean Boucher, et plus d’une quarantaine d’éditions qui s’échelonnent régulièrement entre 1633 et la veille de la Révolution française. Ce qui est exceptionnel dans l’édition française de livres de piété. Car il s’agit bien d’un livre de piété mêlé à un récit très pittoresque de voyage et un guide de pèlerinage. Même critiqué par certains, il a influencé de nombreux auteurs, du XVIIe siècle au XIXe siècle. De plus, il a été pillé, imité, et même réédité clandestinement durant toute cette période. Il figurait dans les bibliothèque de nombreux couvents, séminaires, et de particuliers. Il avait beaucoup de succès auprès des femmes, qui pouvaient nourrir leur piété à la Passion de Jésus, tout en étant intéressées par les aventures pittoresques de l’auteur. –

Le style de Jean Boucher est toujours soigné, un peu précieux, c’est un style oratoire qui ne dédaigne pas les anecdotes, l’humour et les expressions colorées. Bien d’autres récits de voyages et de pèlerinages ont été composés à cette époque, par d’autres auteurs, sans jamais atteindre la notoriété de notre franciscain. – Outre les renseignements sur les lieux saints, on trouve beaucoup de remarques sur la géographie, sur les peuples rencontrés, sur les coutumes des habitants des divers pays, sur les diverses confessions chrétiennes et sur les autres religions. L’auteur, qui se met souvent en scène, exprime avec simplicité et quelquefois naïveté son admiration, ses émotions, ses prières, ses transports spirituels, et avec beaucoup de bonhomie, ses avatars de voyage ou ses désillusions.- Bref un récit vivant, attachant, qui conserve son intérêt après plus de trois siècles.


[modifier] Les autres œuvres de Jean Boucher

Elles représentent une quinzaine de titres, dont des recueils de nombreux sermons. Nous ne pouvons citer ici que quelques ouvrages.

  • Le plus célèbre, après le Bouquet sacré : La Vie du patriarche saint François, par le docteur séraphique S. Bonaventure, traduite par Jean Boucher . (1609) . Une traduction libre et savoureuse.
  • Les magnificences divines chantées par la Vierge sainte sur les montagnes de Judée et prêchées dans l’église des PP. Cordeliers de Paris. (1620).
  • Les Œuvres spirituelles, dédiées à la Duchesse de Luynes. (1621).
  • Sermons ou thrésors de la piété chrétienne, cachez dans les Évangiles des dimanches de l’année. (1623).
  • Les Triomphes de la religion chrétienne, contenant les résolutions de 366 questions sur le sujet de la foi… (1628), œuvre apologétique.
  • Sermons pour les jours de Caresme, par le P. Jean Boucher, prédicateur de la Reyne. (1635).


[modifier] Bibliographie

  • Gomez-Géraud, Marie-Chr., Jean Boucher, Bouquet sacré des plus belles fleurs de Terre sainte, Paris (H. Champion), 2008. Ce qui nous reste d'un bouquet – (p voir : pages 145-163 dans la Revue franciscaine - et bibliographie dans : Études franciscaines, nouvelle série, n°1, 2008
  • Réédition par M.-C. Gomez-Géraud : Bouquet sacré composé des plus belles fleurs de la Terre Sainte Jean Boucher, Roman (relié). Paru en 01/2008 chez Champion
  • A . de Sérent, « Jean Boucher », La France Franciscaine, avril-juin 1914, p. 215-255.
  • Hauréau, Barthélemy, Histoire littéraire du Maine , Genève (Slatkine) 1969 [1870], vol.I, p. 164-178.
  • Belin, Christian, Jean Boucher. L’Orphée chrétien ou Psalterion à dix cordes (1621). Edition, présentation et annotation par C.B., Paris (J. Millon), 1997.
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