2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Jean Discalceat (saint)

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Jean Discalceat - Yannig, - Sant Yann Diarc'hen - Sant(ez) an deiz s. Yann Divoutoù - Jean va nu pieds - «Ar Santig Du» (le petit saint noir) est un saint très populaire à Quimper : Né en 1279 au XIIIe siècle à Saint-Vougay, il entre au Couvent Saint-François de Quimper, fut réputé pour sa charité auprès des pauvres. Il mourut des suites de l'épidémie de peste noire en 1349 à Quimper après avoir soigné les pestiférés. Il est fêté le 15 décembre.

Sommaire

[modifier] Biographie

Sa vie est seulement connue grâce au récit hagiographique d'un Frère mineur, compagnon du Couvent de Quimper lequel écrivit une « Vita » sur un parchemin. Nous n'avons aucune autre trace historique ou biographique de son existence.

Il naquit dans une famille de médiocre fortune, à Saint-Vougay dans le Finistère, au diocèse de Léon, village tirant son nom d'un ermite venue d'Irlande : non loin de là se trouvait la paroisse de Lanhouarneau, avec la légende de Saint Hervé et de son loup... Selon la légende sa mère goûta enceinte de la chair d'un certain oiseau. Il était très humble se faisant appeller Petit-Jean ou Jeannie, Jeannic, ce qui a donné le prénom breton Yannick. Venu du Léon, en Bretagne, il aurait exercé tout d'abord le métier de tailleur de pierre, appris chez un parent et donc aussi on le suppose, de tailleur d'images de la Passion [1], et de sculpteur des calvaires bretons, s'occupant, en plus des routes et des ponts, d'ériger des croix aux carrefours des chemins bretons comme cela se fait encore aujourd'hui, et qui sont nombreuses du côté de Landivisau et dans le Nord Finistère : parfois au Moyen-Age, simples croix taillée dans deux blocs de pierre, parfois sculptées. Ainsi se développa sans doute chez lui une spiritualité de la Passion et l'Amour de Jésus-Christ crucifié: il devint prêtre, malgré l'opposition de sa famille, d'un parent, cherchant son chemin, puis frère de Saint François.

Il fut treize ans curé de Saint-Grégoire [2]au Diocèse de Rennes, nommé recteur par Yves LII de 1303 jusque 1316, qui avait remarqué ses nombreuses vertus et son humilité.[3]. Il jeûnait alors déjà trois jours par semaine, nous dit son hagiographe, comme le bienheureux Grégoire d'Arménie, et les moines celtiques.

Il demanda alors à devenir franciscain et le fut, pendant 33 ans, au Couvent de Rennes. Il se revêtit alors d'un habit de toile grise, manteau et capuchon, souvent partagé avec les pauvres, souvent rapetassé avec de vieux sacs dépareillés "parce qu'il était (disait-il) le plus imparfait de tous". Comme il alla toujours à pied, on le surnomma « le déchaussé», discalceat ce qui devint ensuite un terme monastique : Franciscain ou carme déchaux, déchaussé, pénitent.

Son portrait spirituel nous est alors parvenu ainsi : ll priait beaucoup, seul ou en communauté - avec recueillement et attention-, faisant oraison silencieuse, disant les psaumes, différents offices, des litanies, des cantiques et son intercession pour ses pénitentes, était puissante. Il n'était jamais oisif, se levait le premier au couvent après Matines, pour prier et travailler. Il se macérait, luttait contre l'esprit du mal, et avait trois sortes de cilices (étoupes, crin de cheval et peau de porc). Il jeûnait et se mortifiait beaucoup : Il faisait huit carêmes par an au pain ( parfois trempé dans de la soupe, au pain et à l'eau, comme les Arméniens [4] : il ne mangeait normalement que 40 jour par an, si l' en on croit son hagiographe. Il ne faisait sinon, ordinairement qu'un seul repas par jour: Il mangeait alors une sorte de bouillie, souvent fermentée ou moisie, d'orge, d'avoine ou de fèves. Il ne buvait qu'un liquide assez amer en souvenir du fiel et du vinaigre bu par le Sauveur et non du cidre. A la manière des ascètes, il laissait aller librement sur lui, vermine ou bestioles et avait réputation de ne pas se laver beaucoup, comme tous les anciens ermites. Il fut prédicateur, confesseur, quêteur, et avait le don des larmes. Il ne fut pas sigmatisé, mais lorsqu'un clou entra dans son pied il refusa de l'ôter.

Il ne mourut pas de la peste, comme on le dit parfois, mais d'épuisement en soignant les malades un 14 décembre. Il eut un grand enterrement dans la ville de Quimper, et son cortège fut suivit par des personnes de toutes conditions. Sa vie est pauvre en miracles, seulement trois son consignés dans sa Vita, et aucun post mortem : pourtant il est dit que certains furent enregistrés par un notaire, mais ils ne nous sont pas parvenus. On dit dans sa vie : Il ne transgressa pas d'un iota la pureté de la Règle franciscaine.

[modifier] Culte

Ses reliques sont à Quimper, dans la cathédrale Saint Corentin, (conservées autrefois en l'église d'Ergué Gaberic) ainsi que les restes de sa statue, sauvée pendant la révolution du feu par une quimperoise, et il est invoqué pour guérir toute sorte de maux et retrouver les objets perdus, comme St Antoine de Padoue. Très populaire en Bretagne, « Santig Du » est le patron des pauvres. Dans la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, près de sa relique, une tablette reçoit encore du pain déposé là par des anonymes et récupéré par des personnes dans le besoin. Autrefois on y voyait des petites figurines de bébés en cire blanche. Cette pratique originale remonte au XVe siècle. Si sa cause n'a jamais été introduite à Rome, il a été canonisé par la voix du peuple - Vox populi, vox Dei - comme il était de coutume à l'époque. Il est fêté le 15 décembre (Calendrier des saints bretons). Un vitrail lui a été consacré à la Cathédrale de Quimper en 1993. Sa statue se trouve dans quelques églises bretonne comme Plouescat, Saint-Grégoire Saint-Vougay et bientôt dans la "Vallée des saints".< http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Discalceat \

[modifier] Notes et références

  1. Non loin de Saint-Vougay se développa deux ou trois siècles plus tard, les grands enclos paroissiaux, de Commana, Bodilis à St Thégonnec
  2. Unique paroisse du diocèse où le curé est nommé par l'évêque, chanoine-curé
  3. Nous n'avons cependant aucune trace historique de ce fait que l'affirmation du manuscrit de Quimper
  4. Les huit carêmes des Arménies Histoire dogmatique et morale du jeûne, par le R. P. dom Joseph de L'Isle, page 155

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Statues

[modifier] Bibliographie

  • La Vie de Jean Discalcéat (Santig du) par l'un de ses frères du couvent des Mineurs de Quimper : RP PAOLINI, Un document inédit du XIV siècle sur la vie de saint Jean Discalcéat, recteur puis frère mineur (1278-1349), Rome, 1910
  • Norbert MONJAUX dit Saint Jean Discalcéat, frère mineur (1279-1349). Sa vie, son époque, son ordre en Bretagne. Manuscrit inédit du XIVe siècle, Saint-Brieuc, 1911 (Traduction française du parchemin)
  • F. MARC, Un fils de saint François léonard et quimpérois : saint Jean Discalcèat, Santig du
  • CARDALIAGUET René . Saint Jean Discalcéat. : " Santik du ".Collection: Profils franciscains . Éditeur: Editions Franciscaines, 1946
  • CASSARD Jean-Christophe, En relisant le Vie de saint Jean Discalceat, Société archéologique du Finistère, CXXV, 1996, pages 289-294.
  • Laurent le MOALIC, Saint Jean Discalceat (1279-1359). Sa vie, son oeuvre, thèse, Université de Bretagne (1995).
  • Marie-Claire PLUMET, "Qui était Santig Du ?", Breiz Santel, 1992.
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