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Jean de Marignolli

De Wikitau.

Jean de Marignolli (Giovanni de Marignolla ou Jean de Florence) (#1290 – #1359)

Frère mineur italien, l’un des derniers missionnaires en Chine au XIV°s. et auteur d’une chronique et de récits de voyages.


Sommaire

[modifier] Sa vie

Jean naquit à Florence (Italie), vers 1290, dans le quartier de Marignolla, d’où son surnom. Il entra chez les Frères mineurs, au couvent de Santa Croce de Florence. Après ses études, il fut envoyé comme lecteur de théologie au couvent de Bologne.
C’est là qu’en 1338, il fut désigné comme missionnaire et légat du Pape Benoît XII auprès du Grand Khan de Kambaliq (Pékin). Il devait partir avec un groupe de quatre frères pour répondre à la demande du Khan, d’envoyer un successeur à Jean de Montecorvino, l’archevêque de Pékin, qui venait de décéder. Ils emportaient des cadeaux et une somme de 15000 florins d’or. Le chef de la mission était Nicolas Boletti, professeur de théologie, mais celui-ci se désista au dernier moment, laissant à Jean la responsabilité du groupe.
Les frères partirent d’Avignon, pour Naples où les attendait une délégation du Khan qui devait les acheminer. En traversant des khanats musulmans, ils apprirent le martyre d’un évêque et de 6 frères mineurs, à Almaligh. Ceux-ci furent décapités pour refus d’adhérer à l’Islam[1]. Jean de Marignoli s’attarda un peu dans cette région où il évangélisa, baptisa et reconstruisit une église.
Il arriva à Khambaliq en 1342 et reçut un somptueux accueil de la part du Khan : Jean, entouré de 32 frères mineurs et revêtu de beaux ornements liturgiques donna sa bénédiction au Khan et demeura 3 ans à Khambaliq, comme hôte de l’empereur.
Il écrivit dans sa chronique qu’il y avait baptisé beaucoup de chrétiens, et promit au Khan l’envoi d’un successeur à Jean de Montecorvino. Il donna, à son retour une description de la chétienté de Chine, comportant plus de 30000 chrétiens et énuméra les églises de la capitale et des évêchés suffragants, créés par Jean de Montecorvino et André de Pérouse.
A son départ, il fut accompagné jusqu’au port de Zaitoun par une escorte de 200 chevaux et il fut muni d’une bourse de voyage. Il s’embarqua à Zaitoun et revint par l’Océan Indien. Il mit 9 ans pour rentrer en Avignon, s’attardant à Java, Sumatra, Ceylan, l’Inde, Ormüz, Bagdad, la Palestine et l’Egypte.
Il fit son rapport de voyage au Pape Innocent VI, en 1352. Deux années plus tard, le Pape le nomma évêque de Bisignano, en Calabre. Mais Jean préfèra répondre à un engagement comme aumônier et chroniste auprès de l’empereur Charles IV qui le reçut à la cour de Prague.
On ignore la date exacte de son décès, à Florence, vers 1359.

[modifier] Son œuvre

On lui attribue une Histoire de l’Ordre (conservée en Mss à Florence) et il rédige, à la demande de l’empereur une Chronique de Bohême, dans laquelle il insérera le récit de ses voyages en Extrême-Orient. – C’est la description la plus complète de l’état de la chrétienté de Chine au XIV°s. – Il nous apprend qu’entre 1234 et 1369, plus de 240 frères furent envoyés en Extrême-Orient, spécialement en Chine, parmi lesquels 3 archevêques et 11 évêques. Il décrit les églises construites par Jean de Montecorvino et celles édifiées à Zaitoun par André de Pérouse : une cathédrale, trois églises assez riches et élégantes, munies de cloches, ainsi que les résidences des frères. – Dans le récit de son voyage de retour, il décrit l’île de Ceylan, comme étant le paradis terrestre et en fait une description "utopique".

[modifier] Notes et références

  1. L’évêque Richard de Bourgogne, François d’Alexandrie, Pascal de Vittoria (ou l’Espagnol), Raymond Ruffi (ou de Provence), les frères Laurent d’Ancone, et Pierre Martel, un frère « indien » qui servait d’interprète et le marchand Gilotto . Moule, Christians in China.

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Lucas Wadding, Scriptores. 139; Sbaralea, Supplementum. II. 96-97
  • A.van den Wyngaert (ed.) Relationes Joanni de Marignoli. in: Sinica Franciscana. I. Itinera et relationes fratrum minorum saeculi xiii et xiv. Florence, 1929. 515-560.
  • G. Golubovich, Biblioteca bio-bibliografica della Terra Santa e dell' Oriente Francescano. IV.Quaracchi, 1923. 257-309.
  • Clément Schmitt, ‘Jean de Florence’, Dict. Hist. Géog. Eccl. XXVII, 35f.
  • Cl. Schmitt, ‘L’epopea francescana nell’Impero Mongolonei secoli XIII-XIV’, in: Venezia e l’Oriente, ed. L. Lanciotti (Florence, 1987), 403-407
  • Jean de Marignoli, Au jardin d’Eden, traduction en français par Christine Gadrat, Éditeur : Anacharsis, 2009.
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