2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Jehan Tisserand

De Wikitau.



Jehan Tisserand
Jean Tisserand, prédicateur à Paris sans doute théologien et confesseur de la famille royale, compositeur d'Hymnes et de Cantiques
Jehan Tisserand date de naissance inconnue, Bourgogne? France
ordonné en Entre chez les cordeliers de Dijon?



Jean Tisserand († 1497), ou Johannes Tisserandus[1] est un membre de l'Ordre des frères mineurs, cordelier, probablement docteur en théologie[2], peut-être confesseur du roi Charles VIII de France, ou au couvent près de Lyon sur la Saône, de stricte Observance[3], prédicateur, ami de fr. Jean Bourgeois.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il est franciscain, c'est-à-dire Frère mineur, cordelier, de la custodie de Dijon, prédicateur à Notre-Dame de Paris, fondateur de l'ordre (ou association) des Filles-Repenties appelées plus tard Pénitentes de Saint Magloire , sous la protection de Sainte Madeleine du nom de l'abbaye où elles s'installèrent sur ordre de la Reine Marie de Médicis. Il est est originaire d'une grande famille dijonnaise (Bourgogne), comptant plusieurs seigneurs de villes ou villages bourguignons, des chanoines des Nuits de Châlon, et officiers du bailliage, de la chancellerie et de la cour des Comptes, membres du Parlement, et dont les armes étaient d'azur à chevron d'or accompagné d'une coquille en pointe[4].

Frère Tisserand fut appelé à Paris en 1468. Avec un ami franciscain, le frère Jean Bourgeois confesseur du roi, ils évangélisent Paris en prêchant dans les différentes paroisses de la ville pendant quelques années. Jean Tisserand prêchait brillamment chaque jour dans une paroisse, et en changeait chaque mois, évangélisant ainsi toute la capitale. Il passe pour avoir été le confesseur de la Reine Anne de Bretagne, qui aimait l'ordre des cordeliers et connaissait bien le frère Jean Bourgeois, mais ceci est contesté[5]. Les cœurs les plus endurcis ne pouvaient résister à ses sermons. Il convertit ainsi à Notre-Dame deux cents filles de joie qui devinrent les Filles Rendues ou filles repenties, auxquelles Jean-Simon de Champigny évêque de Paris donna la Règle de Saint Augustin. Ce fait est rapporté par toutes les chroniques de l'époque.

Fondation en 1502 des Hospitalières de Lyon : au début, Jean Tisserand emploie des filles repenties, dont il devient l'aumônier, puis des veuves, femmes mariées et orphelines qui deviennent en 1539 Servantes des Pauvres, religieuses et sœurs religieuses[6].

[modifier] Noëls et hymnes religieux

Frère Jean Tisserand a composé un air de Pâques devenu très célèbre ainsi que sa mélodie, chanté encore aujourd'hui intitulé O Filii et Filiae et des Noëls : il passe ainsi pour avoir fondé le cantique populaire.

  • Auteur d'une pièce de Dévotion en vers pour la salutation des sept fêtes de Notre-Dame conservée à la Bibliothèque Nationale de France, Le Dicté en françois, ce « dicté en françois » était chanté au commencement des sermons de Frère Jean Tisserand. [7].

Jean Tisserand passe pour être l'inventeur et vrai fondateur du cantique populaire et le premier auteur connu du genre des Noëls populaires. Selon Amédée Gastoué il n'existait avant lui aucun manuscrit de Noëls en France : c'est le premier du genre. [9]

Jean Tisserand acquit grâce à la conversion de ses pénitentes une grande réputation de sainteté, et il fut appelé dans différents monastères de Province pour les ramener à l'Observance. Il succéda à son ami le frère Jean Bourgeois dans le monastère de Notre-Dame des Anges à Lyon, et y mourut vers 1497.

[modifier] Lees Filles Rendues de Paris

Les Filles Rendues de Paris ou Filles Pénitentes devenues Augustines de l'ordre de la pénitence de la Madeleine, également dénommées Maglorines, Filles de Saint-Magloire, Religieuses Augustines de Saint-Magloire ou Religieuses Augustines Pénitentes de Paris, surnommées par le peuple Filles de Paris est un ordre religieux catholique fondé à la fin du XIVe siècle, à la suite des prédications de Jean Tisserand, prédicateur cordelier, à Notre-Dame de Paris.


Le Collège des Filles de Paris de l'ordre de Sainte Marie-Madeleine (appelé ensuite Refuge des Filles pénitentes [11] ou simplement Pénitentes ou encore Repenties[12], parfois confondues avec les Madeleines ou Madelonnettes[13]) a été fondé en 1492 (d'après Félibien), ou en 1493, ou 1494 (d'après Jean du Tillet dans sa Chronique des Rois de France)[14], à la suite de deux années de prédication du Carême et de l'Avent de Jean Tisserand, prédicateur cordelier, à Notre-Dame de Paris.

Environ deux cents femmes de mauvaise vie « jeunes et belles »[15] furent converties : «  Dieu donna du courage à Jean Tisserand. Lorsqu'il prêcha à Notre-Dame devant l'évêque de Paris, il convertit à Dieu plusieurs filles et leur donna le statut de Pénitentes. C'était merveille de voir un tel mérite chez ce père.» [16]. Jean Tisserand devint leur aumônier et composa pour elles des Noëls pour « Filles Rendues à Paris » et des hymnes.



[modifier] Œuvres : Tisserand, Jean (O.F.M., Le P.)

  • Acta Berardi de Carbio
  • Sermones de adventu, ou Sermones religiosissimi publiés en 1517 à Paris

Sont conservés à la Bibliothèque Nationale de France (Gallica) :

  • Le Dicté en François. S'ensuit le Dicté en françois de Frère Jehan Tisserant, docteur et frère mineur de l'ordre de l'Observance, lequel il fait chanter à son sermon. - "Au v° du titre" : Le Salut de Nostre Dame en françois. - "À la fin" : Cy finisent les oroisons et dicté du bon et dévost père frère Jehan Tisserant, S'ensuyt une très belle salutation faicte sur les sept festes de Nostre-Dame, laquelle l'on chante au salut à Sainct Innocent à Paris. Et la fist et composa frère Jehan Tissarrant, avec l'Aleluya du jour de Pasques, et avecques ce les Grâces à Dieu
  • Dévote contemplation exitant à la crainte de Dieu, moult utile et propice à ung chacum pécheur voulant penser de son salut, laquelle chantent les Filles repenties à Paris, par dévotion. - ″À la fin″ : Ci finit la Dévote contemplation, nouvellement composée à Paris à la requeste des Filles rendues. Imprimée par maistre Guillaume Guerson de Villelongue, demourant devant le Colliège de Reins, en l'ostel qui fait le coing du costé Saincte Geneviefve, et là on les trouvera avec plusieurs beaux livres nouveaux, tant en latin qu'en françois, de diverses sciences et facultés
  • S'ensuivent les Noëlz très excelens et contemplatifz les quelz chantent les Filles rendues, par dévotion. - Si finissent les Noëlz très dévotz et joieulx les quelz chantent les Filles rendues à Paris, par dévotion. Nouvelement imprimés par maistre Guillaume Guerson de Villelongue demourant devant le Coliège de Reins près Saincte Geneviefve, et là on les trouvera avec plusieurs bons livres nouveaulx tant en latin que en françoys en diverses sciences et facultés

[modifier] Compléments

[modifier] Bibliographie

[modifier] Articles
  • Le franciscain Jean Tisserant
  • Mauzaize, Jean (1917-1992) O.F.M. Un poète franciscain du XV e siècle, frère Jehan Tisserant Paris, « Amis de saint François », 1947 , numéro 43 (avril/mai 1947)
  • Gastoué, Amédée L' O filii, ses origines, son auteur', Paris, 1907
Merci à WikiPédia
à qui est emprunté
le contenu de cet article.
[modifier] Ouvrages
  • Moun lengatge bèl: les choix linguistiques minoritaires en France de Jean Courouau page 71 et 105, Les noëls, Chapitre 2
  • The history of Franciscan preaching and of Franciscan preachers (1209-1927 ) Par Anscar Zawart.
  • Histoire générale de l'Ordre de saint François, Volume 1, Partie 2 Par François de Sessevalle
  • Études franciscaines, Volume 7 , Capuchins pages 538-541.
  • Histoire générale de l'Ordre de saint François, Volume 1, Partie 1
  • Revue d'histoire franciscaine, Volume 3 - 1926 337-339
  • La grande et belle Bible des noëls anciens, Volume 1, 1951 .
  • The French noel: with an anthology of 1725 arranged for flute duet Par Betty Bang Mather, Gail Gavin, Jean-Jacques Rippert Page 12 les Noëls de Jean Tisserant

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes

  1. Parfois orthographié Jehan Tisserant ou Jean Tisserant, ou encore Jean Tisseran, ou Tifferand, jadis Tissarandus et Tirlandus
  2. Ce titre de Docteur en Théologie figure en effet au frontispice de ses livres mais rien ne nous est parvenu concernant l'activité universitaire de Jean Tisserand, de même qu'il n'y a pas de trace écrite prouvant qu'il ait été confesseur ou prédicateur attitré de la Maison de France.
  3. La Semaine des familles : revue universelle hebdomadaire, Volume 2 Par Zénaïde Fleuriot, Alfred Nettement, Victor Lecoffre, Modèle:P.182-184 [1]
  4. Source : [2]Henri Beaune, Jules d' Arbaumont, La noblesse aux états de Bourgogne de 1350 à 1789
  5. [3] Revue du Lyonnais, Volume 3 Par Léonard Boitel, Aimé Vingtrinier
  6. René Magnon, Les infirmières : identité, spécificité et soins infirmiers
  7. S'ensuit le Dicté en françois de frère Jehan Tisserant, docteur et frère mineur de l'ordre de l'Observance, lequel il fait chanter à son sermon, [s. d.]. - S'ensuyt Une très belle salutation faicte sur les sept festes de Nostre-Dame, laquelle l'on chante au salut à Sainct Innocent à Paris / et la fist et composa frère Jehan Tissarrant, [s. d.]. - Sermones religiosissimi F. Jo. Tisserandi, quos tempore Adventus Parisiensibus disseminavit, 1517
  8. les Hymnes de Jean Tisserand figurent dans Analecta hymnica medii aevi, Volume 50, Modèle:P.650.
  9. Les Noëls de Jean Tisserand écrits en français et en latin se retrouvent manuscrits (BnF 2368 et BnF 2506) dans deux livres ayant appartenu aux deux Rois qui ont le plus protégé les Filles Repenties, Charles VIII et Louis XII in :Moun lengatge bèl: les choix linguistiques minoritaires en France, 1490-1660 Par Jean-François Courouau [4]
  10. Encyclopédie théologique vol. 41 - 1850
  11. Histoire physique, civile et morale de Paris: depuis les premiers temps Par Jacques Antoine Dulaure Modèle:Lire en ligne
  12. Le nom de « repenties » est traditionnellement attribué aux filles de mauvaises mœurs qui se repentaient et faisaient pénitence des désordres passés ou de prostitution
  13. terme qui désigne surtout le couvent de la rue des Fontaines pour Repenties fondé au Modèle:S-
  14. Jean Du Tillet, La chronique des roys de France... jusques en l'an 1551, page XCV Modèle:Lire en ligne
  15. Ce fait est attesté par Nicole Gilles mort vers 1503 et chroniqueur de Rois de France
  16. «Deus habeat animam fratris Ioannis Tisserand. Dum praedicaret Parisius coram episcopo parisiensis, ad Deum convertit plures filias et ad statum penitentie induxit. Erat pulchrum videre tantum meritum in isto sancto patre.» (Menot Sermons choisis de Michel Menot (1508-1518).,
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