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Jongny
De Wikitau.
Suisse, Vevey.
Bulle de Martin V pour l'érection d'un monastère de clarisses à Vevey, Suisse. 22 octobre 1422
Description du document: L'original se trouve au Musée du Vieux Vevey, à Vevey, canton de Vaud, Suisse. Il se présente sous la forme d'un parchemin d'environ 48,5 x 27,5 cm. Le sceau en plomb mesure environ 35 m/m de diamètre. A l'avers sont représentées les figures des Apôtres Pierre et Paul, surmontée chacune des lettres : SPA, (á gauche, pour Sanctus Paulus) et SPE, (á droite, pour Sanctus Petrus) ; au revers l'inscription : « MARTINUS. PP. V. » - Inscription portée sur le dos du parchemin : « lettre du pape Martin 5e á l'archevesque de Tharentaise pour la fondation des Rses á (un mot rayé) à Vevey (ajout d’une autre écriture) N° 4° ». - Notice collée sur le parchemin : « Martin cinquième de ce nom fut créé pape au concile de Constance en l'année 1417 ». - Notice d'accompagnement: « Bulle de Martin V datée de Ste Marie Majeure le 22 oct.1422 pour l'érection du couvent de Ste Claire de Vevey, créé á la demande du Duc Amédée VIII. Document important et précieux ». - Date du document: La bulle est “donnée à Rome” le 19 des calendes de novembre, en la 5e année du pontificat de Martin V, c'est-à-dire le 22 octobre 1422. (Dict. Historique du Canton de Vaud de Martignier et De Groujus, Lausanne 1867)
Traduction
Martin, Evêque, serviteur des serviteurs de Dieu, á son vénérable frère de l'Archevêque de Tarentaise, salut et bénédiction apostolique.
Nous ne doutons pas remplir avec dignité la charge de service qui nous a été donnée d'En-haut, lorsque nous étendons largement les faveurs apostoliques aux entreprises dont on peut espérer qu'il en résultera un accroissement de la pureté de la religion et du culte divin, comme c'est le cas pour notre cher fils, Noble Amédée, Duc de Savoie, dans la requête qu'il nous a présentée voici quelque temps. Il voulait donner une marque particulière de son dévouement envers l'Ordre des moniales de Sainte Claire et souhaitait, á partir des réalités passagères, embrasser des valeurs éternelles, en vue du salut de son âme et de celle de ses descendants. Il entendait consacrer une partie de ses biens á la louange et gloire de Dieu, á la dévotion á Sainte Claire et á la diffusion de son culte et de son saint ordre. Il désirait donc, dans un lieu adapté et convenable, situé sur les terres de son domaine temporel, oú il lui semblerait opportun de l'établir, et du consentement de l'ordinaire du lieu, construire et édifier, ou faire construire et édifier, un monastère ou couvent de moniales cloîtrées de l'Ordre de Sainte Claire, désireuses d'y servir le Seigneur sous le voeux et l'observance des vertus d'une stricte pauvreté, si la protection et l'autorité du Siége apostolique lui (à Amédée) accordaient leur suffrage á propos de ce projet.
C'est pourquoi une supplique de ce Duc nous fut adressée humblement, nous demandant d'accorder á son auteur l'autorisation d'édifier et de construire ce monastère, ou de le faire édifier et construire, avec église, clocher, cloche, cloître, cimetière, petit et grand jardin, et autres dépendances nécessaires, et après qu'il aura été fondé et institué, de lui concéder, á lui et á ses sujets, d'user et de jouir de tous et chacun des privilèges, indulgences et grâces concédés par le Siége apostolique aux autres monastères du même type.
Nous donc, qui désirons un accroissement continu de leur culte et de leur religion, et fléchi par ces prières, nous te (l’archevêque de Tarentaise) désignons et mandons fraternellement pour ainsi qu'il en est de ce Duc, d'accorder, par l'autorité apostolique, licence pleine et entière de fonder et de construire et édifier, ou de faire construire et édifier un tel monastère, en vertu du consentement exprimé plus haut et sans préjudice de droit étranger, avec église, clocher, cloche, cloître, dortoir, cimetière et autres dépendances, comme il a été dit, pour l'usage et le logement des moniales du dit ordre, vivant sous leurs voeux et observance propres. Que de même, nonobstant toutes constitutions apostoliques contraires, ces moniales puissent recevoir et garder ce dit lieu, avec église clocher, cloche, dortoir, cimetière, grand et petit jardin et dépendances pour leur usage et habitation. Enfin que ce monastère, après qu'il aura été fondé et institué, et les personnes qui y vivront, puissent jouir et user librement et licitement de tous et chacun des privilèges, indulgences et grâces accordés par le siége apostolique aux autres monastères de cet ordre fondés sous la même observance comme il a été dit. Le droit de l'église paroissiale et de tout autre étant sauf.
Donné á Rome, á Sainte Marie Majeure, le 19 des Calendes de novembre (22 octobre), la cinquième année de notre pontificat (22 octobre 1422)

