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Léon Harmel
De Wikitau.
Léon Harmel, laïc franciscain, industriel promoteur de la doctrine sociale de l’Église, au temps du Pape Léon XIII.
| né le | 17 février 1825, Warmeriville France |
| décédé en | 1915 France |
Sommaire |
[modifier] Sa vie
Léon Harmel est né en 1829, quatrième enfant d’une famille nombreuse des Ardennes françaises. En 1854, âgé de 25 ans, il hérita de son père la filature du Val-des-Bois à Warmeriville, à 18 km de Reims. Il ambitionnait d’y établir des relations plus justes avec ses ouvriers et de leur garantir une vie décente. Si les salaires versés étaient dans la moyenne régionale, les aménagements d’horaires et les conditions de travail étaient plus favorables.
En 1861, Léon Harmel adhéra au Tiers-Ordre séculier de saint François, et, selon son témoignage, il fut conquis par la spiritualité évangélique et franciscaine, « c’est alors seulement, dit-il, que nous nous sommes mis à l’œuvre pour la réforme chrétienne de notre usine ». Veuf à quarante et un ans, ayant à charge huit enfants, il connut une période de difficulté augmentée par l'incendie de son usine en 1874
Léon Harmel voulait faire de son entreprise une véritable communauté chrétienne en transférant aux ouvriers eux-mêmes la gestion des œuvres sociales destinées à les secourir et à les protéger, telles une mutuelle scolaire, des commissions de sécurité du travail et de discipline. Il imagina aussi des subventions, gérées par les ouvriers, pour soutenir les familles en difficulté. Bien des initiatives de ce genre furent expérimentées avec plus ou moins de succès et permirent à leur initiateur de dépasser le « paternalisme » propre aux patrons chrétiens de son temps, acceptant la perte de pouvoir et le transfert d’autorité aux ouvriers.
Parallèlement à ses activités industrielles et sociales, Léon Harmel restait attentif aux mouvements de réflexion sur le catholicisme social représentés par René de La Tour du Pin, Albert de Mun, et Frédéric Ozanam. Dans un premier temps il envisageait la création d’une sorte de corporatisme d’entreprise, ou d’alliance entre patrons et salariés, modèle inspiré des cercles ouvriers fondés par René de la Tour du Pin et Albert de Mun. Mais il évolua bien vite avec plus de réalisme vers une organisation de type syndical pour la défense du monde du travail. Sa connaissance du milieu de l’entreprise, ses audaces sociales le conduisirent à attirer l’attention du Pape sur les questions sociales, notamment à travers l’Union de Fribourg. L’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII, publiée en 1891, l’encouragea à accepter le principe du syndicalisme catholique et de la législation sociale.
Pour réconcilier le monde ouvrier avec l’Église, il avait organisé, dès 1887 un « pèlerinage de la France ouvrière » rassemblant 1400 ouvriers. Ils étaient 10000 en 1890. L’encyclique de Léon XIII semblait être une réponse du Pape à cette démarche nouvelle. Peu après, afin de diffuser la doctrine sociale de l’encyclique, il organisa des congrès d’ouvriers chrétiens pour réfléchir à la mise en œuvre concrète de cette doctrine. Il encourageait la tenue de cercles de réflexion chrétienne sur les questions sociales et demandait aux évêques de mettre en place une véritable formation sociale pour les prêtres et les séminaristes : les Semaines sociales. Ses nombreuses initiatives lui attirèrent l’hostilité du patronat chrétien peu enclin à voir naître un syndicalisme ouvrier.
Il souhaitait que le Tiers-Ordre franciscain, de part son idéal de fraternité et de partage de la pauvreté, soit une école de l’évolution sociale, et organisa au sein du Tiers-Ordre des congrès nationaux pour inciter les frères à ne pas se contenter de la piété mais à s’engager dans des œuvres de promotion sociale. Un de ses fils entra chez les Franciscains de la Province de Paris : frère Placide Harmel († 1906), ainsi qu’un de ses neveux qui, à peine ordonné prêtre, partit en mission pour la Chine et y succomba peu après son arrivée : frère Gonzalve-Marie Harmel († 1890).
[modifier] Chronologie
- En 1829, naissance de Léon Harmel
- En 1854, Léon Harmel hérite de la filature familiale.
- En 1861, Léon intègre le Tiers-Ordre séculier.
- En 1875, Léon organise un syndicat professionnel réunissant ouvriers et employés de son entreprise.
- En 1879 Léon Harmel publie son Manuel d’une corporation chrétienne.
- En 1883, Léon installe un Conseil d’usine permettant d’associer, de façon croissante,les ouvriers, et ouvrières, à la gestion de l’entreprise.
- En 1887, Léon organise un pèlerinage ouvrier à Rome.
- Dans les années 1890, sous l’impulsion du Pape, Léon Harmel accepte la Troisième République.
- En 1915, décès de Léon Harmel.
[modifier] Bibliographie
- Georges Guitton, Léon Harmel, 1829-1915, (2 tomes), Paris, Spes, 1927.
- Pierre Trimouille, Léon Harmel et l'usine chrétienne du Val-des-Bois,(1840-1914), Lyon, 1974.
- J.M. Burnod, Figures franciscaines contemporaines, in "Franciscains, la famille multiple de st François, Paris, 1981.
- J.M. Burnod, Le mouvement social franciscain en France, à la suite de Rerum Novarum (1893-1901) Paris, Éditions franciscaines, 1991.
- Léon HARMEL, apôtre social, dans la revue Dieu est amour de février 1982.
- Joan L. Coffey, Léon Harmel. Entrepreneur as Catholic Social Reformer, Notre Dame (Indiana), University of Notre Dame Press, 2003, 340 p. ISBN 0-268-03360-9 (recension).
[modifier] Voir aussi
- Léon Harmel sur Wikipedia

