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Matthieu d’Aquasparta
De Wikitau.
Matthieu d’ Aquasparta (ca. 1240-1302)
Frère mineur italien, ministre général, cardinal de l’Église catholique
[modifier] Sa Vie
Matteo i Bentivegna est né à Todi, en Ombrie, vers 1240, dans une grande famille italienne des seigneurs d’Acquasparta et de Massa Martana, venus se fixer à Todi. Il était très probablement le frère du cardinal Bentivegna d’Aquasparta, évêque de Todi. Il entra très jeune chez les Frères mineurs. Après ses premières études cléricales, il fut envoyé à Paris, au Studium generale, sous la régence de saint Bonaventure, puis d’Eustache d’Arras. Il y devint bachelier Sententiaire en 1271-72, puis “maître en théologie” , en 1276, enfin “Maître régent” en 1278-79, puis à l’université de Bologne. Après quelques années d’enseignement, il fut appelé à Rome, pour remplacer Jean Peccham devenu archevêque de Canterbury, comme “lecteur du Sacré Palais”, (professeur de théologie à la cour papale). – En 1287, il fut élu ministre général de l’Ordre des Mineurs. Il appartenait au courant de la communauté, plutôt opposé aux Spirituels, spécialement à Ubertin de Casale, comme le note Dante dans son Paradis (XII, 124). – Comme ministre général, il réforma les Statuts du grand couvent de Paris et une fois cardinal, il mit fin à l’emprisonnement des leaders des Spirituels, comme Jean de Parme et Pierre de Jean Olivi. Il avait soutenu les aventures missionnaires des Franciscains, en Asie, et avait condamné le fr. Nicolas de Ghistelle qui s’était opposé à le bulle Exit qui seminat. – En 1288, Jérôme d’Ascoli, ex-ministre général successeur de Bonaventure, devint le Pape Nicolas IV. Celui-ci appartenait à la famille des Colonna qui soutenait les Spirituels, néanmoins, il nomma Matthieu d’Aquasparta comme cardinal de San Lorenzo in Damaso, le 16 mai 1288. Mais Matthieu continua à gouverner l’Ordre des Mineurs jusqu’en 1289. En 1291, il devint évêque de Porto et San Rufino et recut diverses missions, notamment pour défendre les intérêts de l’Église dans les oppositions des Guelfes et des Gibelins, comme légat du pape en Lombardie, à Florence et en Romagne. Il dût faire preuve de finesse et d’astuces diplomatiques, mais aussi subir quelques violences. Il intervint également dans la querelle entre Boniface VIII et le roi de France Philippe le Bel. Il mourut au début novembre 1302 et fut enterré à Rome, dans le couvent de l’Ara coeli, où l’on édifia un tombeau monumental.
[modifier] = Son œuvre écrite
Matthieu d’Aquasparta fut assez ignoré et parfois méprisé comme un théologien mineur enseignant dans le sillage de Bonaventure, simple maillon de l’école franciscaine aboutissant à Jean Duns Scot.. Mais cette relative indifférence à son égard vient surtout du fait que les manuscrits conservés comportant ses œuvres sont relativement peu nombreux, et encore assez peu étudiés. Les éditions récentes d’extraits de ses œuvres amènent à apprécier différemment son activité d’enseignement et sa pensée philosophique et théologique. Bien que disciple inconditionnel de Bonaventure, il fait preuve souvent d’originalité pour traiter de questions disputées, n’hésitant pas à proposer des arguments et des points de vue de maîtres appartenant à d’autres courants. Il fait davantage confiance à la raison naturelle et à certaines positions aristotéliciennes que son maître Bonaventure ou qu’un penseur comme Pierre de Jean Olivi, et ne manque pas de profondeur pour traiter des relations entre théologie et philosophie, raison et foi.
- Son Commentaire des Sentences est encore inédit, sauf en extraits.
- Quaestiones disputatae de fide et de cognitione, Quaracchi, Florence, 1903
- Questiones Disputatae selectae, de Christo, Quaracchi, Florence, 1914
- Quaestiones de Gratia, Quaracchi, 1935
- Quaestiones disputatae de productione rerum et de providentia, Quarrachi, 1956
- Quaestiones disputatae de anima separata, de anima beata, de jejunio, de legibus, idem, 1959
- Quaestiones disputatae de anima XIII, Paris, Vrin, 1951
- Sermones de beata Maria , Quaracchi 1962.
[modifier] Bibliographie
- A.-J. Gondras,'Matthieu d'Aquasparta.' Dict. de Spir..X. Paris, 1980. 799-802
- P. Weber, `La liberté dans la théologie de Matthieu d’Aquasparta’, RThAM, 34 (1967), 238-254;
- P. Weber, La morale fondamentale d’après Matthieu d’Aquasparta, 2 Vols. (Louvain, 1967)
- F.-X. Putallaz, La connaissance de soi au xiiie siècle. De Matthieu d’Aquasparta à Thierry de Freiberg, Études de philosphie médiévale, 67 (Paris, 1991);
- F.-X. Putallaz, Figures franciscaines. De Bonaventure à Duns Scot (Paris, 1997),
- Nicole Bériou, L’Avènement des maîtres de la parole. La prédication à Paris au XIIIe siècle, Collection des Études Augustiniennes. Série Moyen Âge et Temps Modernes, 31, 2 Vols (Turnhout: Brepols, 1998), passim
- Libera, Alain de, "Matthieu d'Acquasparta (+1302)", in Dictionnaire du Moyen Age, éd. Cl. Gauvard, A. de Libera & M. Zink, Paris, PUF, 2002, p. 894-895.[[catégorie : Personnage du XIIIe siècle]]

