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Père Ignace (Buffon)
De Wikitau.
frère mineur, capucin, custode, chapelain en 1749 | |
|---|---|
| né Antoine Bougot | 1721, Dijon France |
| décédé_le | 1798, Buffon France
|
Antoine Bougot (Dijon, 1721 - Buffon 1798 ) dit le Père Ignace, ancien comédien devenu capucin, devint le familier, le confident, le directeur de conscience, l'ami intime et enfin le chapelain du Comte de Buffon, auteur d'une célèbre Histoire Naturelle, vécut dans le village de Buffon. Buffon, qui le cite dans les notes de l'Histoire naturelle pour des observations faites sur les oiseaux ( article du Serin) et dans sa correspondance. On connait grâce au Père Ignace, de nombreuses anecdotes sur la vie de Buffon[1]. Il passa plus de 40 ans avec lui.
Sommaire |
[modifier] Le «Capucin de M. de Buffon».
«Antoine Bougot, religieux capucin bourguignon plus connu sous le nom de P. Ignace naquit à Dijon en 1721, et mourut à Buffon le l° juillet 1798 à 77 ans. Il appartenait à une famille estimable et considérée. Fort jeune il abandonna la maison paternelle pour s' attacher à la fortune d une troupe de saltimbanques, qui parcouraient la France. Bientôt revenu de ses erreurs il entra dans l' ordre des capucins, où il prit le nom de religion de RP lgnace. Longtemps frère servant il devint frère quéteur puis gardien des capucins de Châtillon-sur-Seine et enfin gardien des Capucins de Semur. Pendant un carême, le P. Ignace vint prêcher à Montbard : il dîna au château et sut plaire à Buffon qui l' attacha à sa personne. Depuis ce jour le P. Ignace ne voulut plus être appelé que le «capucin de M. le comte de Buffon». Buffon obtint l 'érection d' une cure dans sa terre et le P lgnace en fut nommé desservant. On raconte de lui des traits et des plaisanteries qui n étaient pas toujours du meilleur goût mais qui avaient le privilège de distraire le grave auteur de l' Histoire naturelle. Du reste si le plaisir que causait au P. Ignace l 'honneur d' être attaché à la personne d un grand homme le fit parfois tomber dans quelques travers, ils ont été grandement exagérés par les écrivains qui en ont évoqué le souvenir .... »
[modifier] Son portrait
Antoine Bougot, Père Ignace, personnage controversé, selon les uns, naïf et bienfaisant, selon les autres, rusé et hypocrite :
Un portrait très acide [2]du « laquais capucin » ( «Ignace prenant une humble attitude avait l' air plus domestique que les domestiques eux mêmes» ) et dont l'origine comédienne semble peu appréciée : « Si vous voulez vous faire une idée de sa personne vous représenterez un gros homme à tête ronde peu près semblable à un masque d' Arlequin de la comédie italienne et cette comparaison me paraît plus juste qu il parle précisément comme parlait Carlin : Même accent même patelinage ... c'est à ce révérend pere curé de Buffon que M de Buffon abandonne une grande partie de sa confiance, et même sa conscience...»[3] Portrait encore moins flatteur « Petit, gras, sale, il possédait une grosse tête, les épaules hautes, un corps apoplextique»...
« Ce capucin étoit boiteux et d' une figure ingrate ce qui faisoit un contraste frappant avec la démarche majestueuse, l' extérieur soigné, et le beau physique du seigneur de Buffon »[4] Son caractère : « Le P Ignace fut vraiment un type original il avait l' esprit naturel et savait s' en servir d' une façon neuve amusante . Avec lui il était impossible de demeurer ou préoccupé »
La conversion de Buffon : Il le rencontra en 1749. Il confessa un jour avant Pâques, Buffon et son laquais, dans son laboratoire, c'est à dire au Petit-Fontenay. « Ce fut en 1749, dit le P. Ignace, qu’étant allé pour la première fois prêcher le carême à Montbard, il m’honora de sa confiance le jeudi saint, et fit avec édification se pâques… Je n’avais le droit de l’interrompre de son travail que le dimanche à midi pour l’avertir de venir à la messe que je lui disais, à laquelle il assistait régulièrement. »[5] [6]où plus tard vint en visite éclair Jean-Jacques Rousseau. C'est de là que date leur amitié.
[modifier] Les animaux du Père Ignace
Le Père Ignace vécut entouré d'une volière d'oiseaux et d'animaux domestiques.
« Trois bêtes se partageaient l' affection du capucin : c' étaient un perroquet nommé Coco, un chat appelé Raton, et un chien lévrier désigné sous le nom de Bricotte. (Corole était le nom de son cheval). L' attachement de ces trois bêtes qui avaient été élevées ensemble était extrême, et les habitués de la maison ont pu en recueillir des témoignages singuliers. Le perroquet appelait Bricotte et Bricotte s' empressait d' accourir. On apercevait souvent Ignace entouré de ses amis le chat jouait avec la barbe du capucin, le perroquet passait son bec sur ses grosses lèvres, et le lévrier sautait dans son capuchon... Coco le perroquet se tenait habituellement perché sur la rampe en fer du perron de la maison seigneuriale, que le P Ignace habitait. Les enfants du village se plaisaient à le tourmenter : Il jurait et répétait son propos favori « Coquins voleurs levez la semelle ».Il parlait beaucoup à tort et à travers suivant la coutume des perroquets, il chantait en entier le premier verset du Magnificat en nasillant comme son maître et imitant le son de sa voix, il aboyait et savait contrefaire le cri du coq ou le chant des nombreuses volailles répandues dans la cour. Un jour, il lui prit fantaisie de partager leur repas, il fut reçu à coups de bec, le lévrier qu' il appela à temps lui sauva la vie car sans lui il eût succombé aux attaques d un coq d' Inde qui le déplumait sans pitié...»
Ce perroquet était un Crick à tête et gorge jaune c'est à dire un perroquet d'Amazonie, à plumage vert et jaune [7]( psittacus ochropterus ), qui permit à Buffon de réaliser l'article «Crick» dans les Oiseaux, et de donner des détails sur le caractère de cet oiseau, en citant son ami[8]
. On apprend qu'il avait longtemps fait l'«éducation» des perroquets... [9]
[10]
Il le cite également au sujet des croisements de serins. D'après l'article «Serin» dans les «Oiseaux » de Georges Buffon, le Père Ignace s' intéressait aux hybrides de canaris, serins et chardonnerets : il aurait passé trente ans de sa vie à les élever des petits oiseaux, et à croiser pinsons,canaris, chardonnerets, bruants, linottes, tarins, et canaris [11].
- « Il ya trente ans que j' élève un nombre de ces petits oiseaux et je me particulièrement attaché à leur éducation ainsi c est d après plusieurs expériences observations que je puis assurer les faits sui vans Lorsqu on veut apparier des avec des chardonnerets il faut dans le nid des jeunes chardonnerets de à douze jours & les mettre dans des de canaris du même âge les nourrir enfem ble & les laisser dans la mëme volière accoutumant le chardonneret à la nourriture du canari ... ... »
[modifier] La vie à Buffon
Il vivait à Buffon dont il était curé, et où étaient les Forges de Buffon. Le Père Ignace venait dîner au moins deux fois par semaine à Montbard chez Buffon. Il accompagnait parfois Buffon à l'Académie française. Il était son chapelain et donc lui donnait la communion et le confessait : il fut donc l'accompagnateur spirituel de Buffon pendant sa rédaction des Oiseaux : l'amour des oiseaux les reunissait.
Il faisait souvent la toilette du Comte de Buffon : « durant les trente-huit ans que j’ai eu l’honneur de faire société avec cet homme immortel, j’avais l’habitude de me rendre deux ou trois fois la semaine à l’ordre qu’il m’avait donné. Mon heure était celle de sa toilette. Je le trouvais toujours un manuscrit à la main, et, pendant que je lui parlais, il me recommandait de ne rien dire devant son coiffeur qui fût de nature à être rapporté, ajoutant que tous les mauvais propos ne viennent que de pareilles gens. »
Une vie difficile : « A l' exemple de tous les favoris, il était détesté des gens du château. A l' office, on ne se faisait pas faute de le tourner en ridicule lorsqu' il passait devant les cuisines; il pouvait recueillir des mots piquants dont l' adresse et l' intention étaient évidentes ».
[modifier] La mort de Buffon et du Père Ignace
«Les dernières lignes que Buffon dicta furent adressées à madame Necker. La parole lui manquait déjà depuis plusieurs jours lorsque parut tout à coup le père Ignace tardivement averti de cette dernière maladie : il accourait de Montbard. Au son de sa voix Buffon se ranima, la parole lui revint, il fit réunir tous ceux qui l entouraient puis s' adressant à son vieil ami il régla devant eux les comptes de conscience de toute sa vie et ajouta qu il voulait qu après que toutes les cérémonies du culte auraient été scrupuleusement remplies sa dépouille fût confiée au père Ignace à qui il demandait de la reconduire à Montbard et de la faire placer sans pompe entre celles de son père et de sa femme. Buffon mourut au Jardin du Roi le 14 avril 1788»[13]Buffon fut inhumé le 20 avril dans la Chapelle Seigneuriale du Parc de son Château de Montbard, bâtiment jouxtant l'église Saint-Urse, où le Père Ignace lui avait chaque dimanche, donné la communion en gage de la vie éternelle, et où il puisa toute sa vie les forces de mener à bout son oeuvre, ainsi que la sagesse et la connaissances du monde des oiseaux, création de Dieu au cinquième jour.
Buffon lui légua tous ses meubles, dont il n'avait auparavant, que la jouissance. Il avait aussi une rente mensuelle. Son garde-manger était réputé, et il donnait souvent à dîner mais losrqu'il mourut à Buffon il fut abandonné « par ceux mêmes pour lesquels il avait été bon et généreux et ceux qui étaient venus s' asseoir à sa table avaient fui sa maison». Il survécu dix ans à Buffon et mourut en 1798. Il mourut à Buffon[14] dont il avoit été nommé curé sous la révolution et dont il avait réparé et «augmenté » l'église qui dépendait de Moutiers-Saint-Jean. Il avait aussi fait bâtir celle de Crépand en 1788.
Il meurt en 1798, et ne connaîtra pas la déportation, mais les portraits peu flatteurs qu'on fit de lui à l'époque soulignant sa laideur, physique (laid, boiteux) ou moral ( domestique, valet) au lieu de reconnaître Jésus serviteur, qui lavait les pieds de ses disciples , l'étonnement deveant leur amitié mutuelle, indique peut-être un certain manque de charité à l'ordre du jour, et une certaine méconnaissance de la vocation du chapelain et directeur de conscience, et du rôle important qu' a joué le Père Ignace dans la vie de Buffon par la distribution des sacrements [15] , et du rôle de la vie eucharistique dans l'oeuvre géniale, et merveilleuse du savant Buffon, devenu si célèbre après sa mort.
On peut toujours visiter à Buffon, la la maison seigneuriale habitée par le Père Ignace.
[modifier] Annexes
[modifier] Notes de l'édition originale de la Correspondance de Buffon ( Lettre L130)
Antoine Bougot, connu sous le nom de P. Ignace, né à Dijon en 1721, mort à Buffon le 1er juillet 1798, à soixante-dix-sept ans. D’une honorable famille de Dijon, il abandonna la maison paternelle et entra dans les capucins. La tradition conserve à Montbard le souvenir des facéties du joyeux capucin de Buffon : « Ce moine, dit Hérault de Séchelles, possède l’art de se faire donner, si bien que celui qui donne semble devoir lui en être obligé : « Ne me donne pas qui veut, » dit souvent le P. Ignace. Avec ce talent, il est parvenu à faire rebâtir la capucinière de Semur..… C’est à ce Révérend Père, curé de Buffon, village à deux lieues de Montbard, que M. de Buffon abandonne une grande partie de sa confiance..… Il est tout chez lui ; il s’intitule capucin de M. de Buffon. Il vous dira, quand vous voudrez, qu’un jour M. de Buffon le mena à l’Académie française, qu’il y attira tous les regards, qu’on le plaça dans un fauteuil des quarante, que M. de Buffon, après avoir prononcé le discours, le ramena dans sa voiture aux yeux de tout le public, qui n’avait des yeux que pour lui. M. de Buffon l’a cité comme son ami dans l’article du serin. » « Il avait obtenu de ses supérieurs, dit de son côté Humbert Bazile, l’autorisation de résider dans sa nouvelle paroisse et il s’était installé dans la maison seigneuriale de Buffon, dont M. de Buffon lui avait abandonné la jouissance avec les meubles et la vaisselle d’argent. Le P. Ignace jouissait d’un véritable crédit ; on demandait sa protection, il recevait des présents. Si quelque chose manquait au château, on l’envoyait chercher à la cure. Le P. Ignace donnait à dîner. Il avait de l’esprit naturel, et avec lui il était impossible de rester triste..… A l’exemple de tous les favoris, il était détesté des gens du château. »
On trouve ce portrait sur le P. Ignace dans un article du Journal de Paris paru les 3 et 4 mai 1788, quinze jours après la mort de Buffon : « Un de ses plus constants attachements fut celui qu’il avait voué au P. Ignace Bougot,capucin, qu’il était parvenu à faire nommer curé de Buffon. Cette liaison a duré plus de cinquante ans. Pendant les séjours que M. de Buffon faisait à Montbard, le P. Ignace ne manquait jamais de venir deux fois par semaine dîner avec son ami, et M. de Buffon, quand il se portait bien, allait à son tour dîner chez le P. Ignace. En un mot, c’était le P. Ignace qui avait la confiance tout entière de M. de Buffon. Aussi lorsqu’il est accouru à Paris dans les derniers moments qui ont précédé la mort de ce grand homme, M. de Buffon qui, depuis quelques jours, ne parlait presque plus, a repris ses forces en voyant son ancien ami. » La bru de Buffon écrivait de Montbard, le 14 juillet 1786, à son mari en garnison au Quesnoy : « J’ai fait tous les compliments dont vous m’aviez chargée et certainement le P. Ignace, un des personnages les plus considérables du pays, n’a pas été oublié. » « M. de Buffon s’amusait comme un roi des trois bêtes du P. Ignace. Le cheval de cet aimable capucin s’appelait Coco, son perroquet dont j’ai oublié le nom jasait à ravir et sa levrette qui, au moindre signe de son maître, sautait sur sa tonsure et faisait des mines, réjouissaient infiniment le comte de Buffon. Il riait de tout son cœur et moi je riais de le voir rire. »
Le P. Ignace envoyant, le 14 mai 1788, à Faujai de Saint-Fonds, les notes que celui-ci lui avait demandées sur la vie intime de Buffon, lui disait : « Il faudra toute votre intelligence pour lire ces feuilles éparses et en mauvais ordre, car mon perroquet a mis mon cahier en morceaux pendant le temps de la messe que je le quittai pour aller à l’église. » Il ajoutait : « Il y a 50 ans que j’entends parler de M. de Buffon avec éloges ; j’ai passé 38 ans avec lui dans une intimité qui l’a fait m’honorer dans ses immortels ouvrages du titre d’ami. Ce fut en 1745 que j’allai la première fois prêcher le carême à Montbard ; il avait alors 38 ans et ce fut à cette époque heureuse pour moi qu’il commença à m’honorer de sa confiance. » Le P. Ignace à Montbard rappelle le P. Adam à Ferney, avec cette différence que, tandis que le second n’était qu’un complaisant, le premier était véritablement un ami. Il le prouva dans les temps d’épreuves en offrant généreusement tout ce qu’il tenait de son bienfaiteur au fils de Buffon, arrêté, et dont tous les biens étaient sous le sequestre en attendant l’échafaud.
[modifier] Notes et références
- ↑ Lire les lettres de sa Correspondance : www.buffon.cnrs.fr
- ↑ Hérault De Séchelles, Voyage à Montbard: fait en 1785
- ↑ Lire la suite
- ↑ Claude X. Girault
- ↑ http://www.buffon.cnrs.fr Lettre à Madame Necker
- ↑ http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Fontenet
- ↑ Quelques images
- ↑ Histoire naturelle des oiseaux de Buffon Tome VI : http://www.oiseaux.net/buffon/tome6/crik.a.tete.gorge.jaunes.p249.html pages 228 229
- ↑ Buffon, sa famille, ses collaborateurs, et ses familiers - Page 405 On peut lire diverses anecdotes sur Coco, le fameux crick, en particulier sur son aide dans l'arrestation de voleurs, dans Buffon, sa famille, ses collaborateurs, et ses familiers (voir en bibliographie)
- ↑ Avec le perroquet Coco du Père Ignace les oiseaux sont évoqués en tant qu'objet de science (sciences naturelles et ornithologiques) mais aussi sur le plan de l'amitié et la familiarité entre l'homme et l'oiseau : ce qui est une démarche plus franciscaine.
- ↑ C'est à dire à priori depuis l'âge de vingt sept ou trente ans, puisque Buffon écrit vers 1777 son Tome IV, un peu avant la rencontre de Buffon.
- ↑ Lire la suite : Histoire naturelle des oiseaux de de Buffon Tome IV : http://www.oiseaux.net/buffon/tome4/serin.des.canaries.p28.html
- ↑ BUFFON&dest=MADAME NECKER Lire en ligne: La mort de Buffon, assisté par le R. P. Ignace.
- ↑ Buffon : village dont le nom provient de Bis-Fons, qui a donné Biffons, puis Biffon, double fontaine.
- ↑ L'eucharistie, source de Sagesse éternelle, cf L'Amour de la Sagesse éternelle du P. L.M. de Montfort
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Louis_Leclerc_de_Buffon
- buffon.cnrs.fr : La Correspondance de Buffon
- Musée Buffon
- Les Oiseaux de Buffon
- http://chardonneret.naturalforum.net/t3190-hybride-chardonneret-et-serin-sini
- http://www.hs-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/18siecle/Herault/her_voya.html
[modifier] Bibliographie
- «Le Père Ignace» dans Buffon, sa famille, ses collaborateurs, et ses familiers - Page 405 - à lire absolument : contient de nombreuses anecdotes su sa vie, sur le perroquet Coco etc...presque des Fioretti...
- Correspondance inédite de Georges-Louis Leclerc Buffon, Nadault de Buffon page 382 et suivantes
- Les Oeuvres de Buffon et son Histoire naturelle se trouve numérisée sur le Net : on peut lire en complément L'Amour de la Sagesse éternelle sur les liens entre la sagesse, la science et l' eucharistie

