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Tau
De Wikitau.
Le Tau - Un signe franciscain et chrétien
Le Tau est le symbole de la Croix, parce que la lettre T (tau) commune à l'alphabet grec et latin, a tout simplement la forme exacte d'une croix. Elle dériverait de la lettre hébraïque tav. Le mot grec "Stavros", qui signifie croix, comporte ce mot.
Le signe de la croix, symbole par excellence du christianisme et du baptême parce que rappellant la Passion de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, mort sur une Croix, et la Rédemption, est adopté par saint François sous cette forme commune aux grecs et aux latins, du Tau: c'est la croix franciscaine.
Saint Cyprien de Carthage affirme au sujet de la lettre grecque Tau : "La lettre grecque Tau, notre T, est la forme de la Croix que le prophète prévoyait que nous porterions sur le front." (Adversus Marcionem, III, 22)
Certains calvaires bretons anciens taillés dans la pierre avaient la forme d'un simple Tau: c'est la forme primitive de la croix.
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[modifier] Origine du « Tau » antonin
Le Tau ou « Tav » est la dernière lettre dans l’alphabet hébraïque. Sa correspondance dans l’alphabet grec est le tau « T ». Il symbolise donc, dans la Bible, l’accomplissement du dessein de Dieu sur le monde et sur Israël. C’est la raison pour laquelle, dans le livre du prophète Ezéchiel, (ch. 9, 4), le Seigneur ordonne à un ange de marquer d’un « tav » le front de ceux qui se lamentent sur l’infidélité des Israëlites, afin qu’ils soient épargnés lors du grand châtiment.
- En référence à ce texte, dans l’Apocalypse de Jean, un ange qui vient de l’Orient est invité par Dieu à marquer du « signe du Dieu vivant » le front des fils d’Israël qui seront épargnés.
- La symbolique chrétienne du Baptême et la catéchèse du caractère baptismal développeront cette image pour signifier la croix du Christ dont les baptisés sont marqués au front, devenant ainsi fils du Dieu-vivant, rachetés par la Croix du Christ et promis à la vie éternelle. (Dans l’écriture cursive, le tau s’écrivait comme une petite croix +).
Au XIIe siècle siècle, des religieux hospitaliers qui seront appelés, plus tard « chanoines de saint Antoine » ou Antonins, parcouraient les villes et campagnes pour soigner ceux qui souffraient du mal des ardents ainsi que les lépreux. Ils avaient choisi le Tau pour emblème. Leurs hospices et leurs commanderies ont le « Tau » gravé sur la porte d’entrée.
Au XIIIe siècle siècle, beaucoup considéraient que l’Église était vieillie et qu’on approchait de la fin des temps. Ce sentiment fut entretenu par les œuvres authentiques et apocryphes de Joachim de Flore. Beaucoup désiraient une réforme de l’Église, à commencer par le Pape Innocent III, qui convoqua pour ce faire le 4e Concile de Latran (1215). Il ouvrit le Concile par un discours vibrant dans lequel il invitait les évêques, les prêtres et les fidèles à un renouveau de vie chrétienne, par la conversion et par la reviviscence du Baptême : il était temps de se laisser marquer au front du signe « Tau » qui devait permettre au chrétien de franchir ces derniers temps de l’histoire.
" Tau est la dernière lettre de l'alphabet hébreu, et sa forme dessine une croix, telle du moins que se présentait la croix avant la pose de l’écriteau de Pilate. TAU est le signe que l'on porte au front si l'on manifeste dans toute sa conduite le rayonnement de la croix ; si, comme dit l'apôtre, on crucifie sa chair avec les vices et les péchés ; si l'on affirme : Je ne veux mettre ma gloire en rien d'autre que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde a été crucifié pour moi, et moi pour le monde... Soyez donc les champions du Tau et de la croix !" (IVe concile du Latran )
[modifier] Le « Tau » franciscain.
Dès lors,saint François adopta ce signe, pour lui-même et pour ses frères. Il l’utilisait souvent pour marquer les lieux où il demeurait, et s’en servait comme d’une signature. Avec ce signe il bénissait les hommes et signait ses lettres. Ainsi, nous le trouvons dans la bénédiction à frère Léon quand ce dernier était dans l’urgence et la crainte. Cela signifiait pour fr. Léon, force et réconfort. Cette bénédiction du saint il la porta constamment sur lui. « Que le Seigneur te bénisse et te garde ; que le Seigneur te découvre sa Face et te prenne en pitié ! Qu’il tourne vers toi son Visage et te donne la paix ! Que le Seigneur, frère T Léon, te bénisse »
Dans le Prologue de la vie de saint François par saint Bonaventure (Legenda major), on peut lire :
« Le saint avait pour ce signe une grande vénération; il s'efforçait souvent dans ses entretiens de le faire aimer, et il le traçait à la fin des courtes lettres qu'il écrivait de sa propre main »
« Voilà pourquoi l’on peut affirmer à juste titre : c’est lui (François) qui est représenté par l’Ange qui s’élève à l’Orient et qui porte le signe du Dieu vivant, dans la prophétie véritable de cet autre ami de l’Époux, Jean l’apôtre et l’évangéliste : « Après la rupture du sixième sceau, dit-il dans son Apocalypse, j’ai vu monter de l’Orient le deuxième messager porteur du signe du Dieu vivant. » - On peut lire ce texte comme désignant François, porteur du Tau, ou porteur des stigmates de la Passion du Christ, dont son corps fut marqué.
C’est pourquoi l’Ordre des Frères mineurs, adopta le « Tau » comme emblème et comme un signe d’appartenance pour tous les frères. Il leur rappelle qu’ils sont envoyés pour prêcher l’Évangile de la conversion et de la Paix. Qu’ils doivent inviter les hommes à la conversion et suivre le Christ pour accéder à la vie éternelle. C’est un signe d’espérance quant à la venue du Royaume et au salut de tous les hommes.
Thomas de Celano, dans le Traité des Miracles : « Le signe Tau était, parmi tous les autres, particulièrement cher au bienheureux François; c'est de ce signe seulement qu'il signait ses lettres et qu'il faisait peindre partout les murs des cellules »
[modifier] Bibliographie
fr. Damien Vorreux, ofm, Un symbole franciscain - Le Tau: histoire, théologie et iconographie; Paris, 2e ed. (1996), Éditions Franciscaines, 140 pages, avec des illustrations,(ISBN 2-85020-066-2).
[modifier] Lien externe
- Chroniques Radio : Regards franciscains : 16. Le signe du Tau
- Trois textes sur le Tau dans la famille franciscaine
- Damien Vorreux, La Spiritualità del Tau in San Francesco d'Assisi

